La Seconde Surprise de l’amour

par

La Marquise

C’est la veuve inconsolable de la pièce. Elle a perdu son époux un mois après leur mariage et depuis ce jour, elle a sombré dans le désarroi. Elle se laisse aller, autant physiquement qu’émotionnellement : « Je ne me pique plus ni d’agrément ni de beauté » (Acte I, Scène 1). Elle ne vit dès lors que pour la raison, et pense que son chagrin ne peut nullement être apaisé.

Mais lorsque la Marquise rencontre le Chevalier, son cœur réussit finalement à s’égayer, et cela pour plusieurs raisons : premièrement, elle partage avec lui sa tristesse, car ils ont tous deux perdu l’être qui leur était le plus cher. Ainsi donc, ils tissent leur premier lien sincère, elle s’identifie à lui, ceci les rapproche : « je sais à présent votre caractère comme le mien ; les bons cœurs se ressemblent, Chevalier » (Acte I, Scène 7). De plus, le Chevalier était l’un des amis du Marquis (défunt époux de la Marquise), raison pour laquelle elle le respecte encore plus, car être un ami cher du Marquis est la preuve d’un caractère admirable et estimable. Enfin, la Marquise est encore plus touchée lorsqu’elle lit la lettre que le Chevalier avait destiné à son amour perdu, Angélique. Le cœur de la Marquise fond d’admiration à la lecture des mots que le Chevalier a écrits à sa bien-aimée ; elle se laisse charmer par sa tendresse, son honnêteté et sa sincérité : « En vérité, ce garçon-là a un fond de probité qui me charme. » D’abord inconsciemment séduite par lui, la Marquise l’invite à rester, et c’est là le début d’un amour qu’elle ne sera bientôt plus capable de contrôler.

La Marquise est aveuglée par son désir d’une amitié sincère avec le Chevalier et ne réalise pas qu’elle est en train de tomber amoureuse. Elle se soucie de ses opinions, se sent rejetée lorsqu’elle pense qu’il n’éprouve point de sentiments pour elle, et souhaite à tout prix le garder près de lui : « ne précipitez rien, je ne veux point que vous partiez… »Elle n’hésite pas à congédier son pédant (Hortensius) et le Comte qui étaient à son service, afin de rendre le Chevalier heureux à ses côtés. Et bien qu’elle pense que ses actions soient motivées par de l’amitié pour lui, ses émotions disent le contraire : elle s’égaye lorsqu’il lui apprend qu’il tient également à leur « amitié » : « je ne me plains plus, je suis contente… c’est là précisément l’amitié que je demande, la voilà, c’est la véritable, elle est délicate, elle est jalouse, elle a droit de l’être ».Elle ne réalise pas qu’elle décrit alors un sentiment amoureux. 

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