La vie devant soi

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Résumé

L’histoire est racontée par le personnage principal, Momo, diminutif de Mohammed, un orphelin de dix ans qui se dit algérien et musulman. Ses pensées, exprimées naïvement, ne l’empêchent pas de faire preuve par ailleurs d’un esprit vif. À travers ses paroles et son regard sur les gens, se dessinent une grande sensibilité et une empathie rare. Momo vit avec d’autres enfants au sixième étage d’un immeuble de Belleville, chez Madame Rosa, une vieille dame attachante, juive et malade,ancienne prostituée, passée par le camp d’Auschwitz. Celle-ci, du fait de son âge, s’est reconvertie en « nounou de fils de pute », et elle garde désormais les enfants de femmes « qui se défendent avec leur cul » pour Momo. Si Madame Rosa a des comportements erratiques parfois et ne se montre pas très maternelle, Momo est très attaché à elle, et la réciproque est vraie.

Momo vit dans cet appartement avec sept autres enfants plus petits que lui, dont Banania, un petit Africain toujours de bonne humeur. La vision du monde de Momo est toute personnelle ; il vit sa vie au jour le jour et les petites aventures se succèdent au gré de ses rencontres avec de nombreux adultes. Momo ne va plus à l’école, il a été renvoyé car Madame Rosa avait fourni de faux papier d’identité. En manque de mère, il cherche l’attention de la gente féminine en volant des objets dans des magasins tenus par des femmes.

Un jour, il trouve un petit chien auquel il s’attache et qu’il nomme Super. Malgré son affection pour lui, il le vend rapidement pour 500 francs, mais il jette tout de suite après la somme dans une bouche d’égout. Inquiète de ce comportement, Madame Rosa mène immédiatement l’enfant chez le docteur Katz.

Momo s’interroge beaucoup sur son âge, « sa date », qu’il aimerait connaître. Il se montre plein de compassion pour les femmes « qui se défendent avec leur cul » ainsi que pour Madame Rosa qui, pour une raison inexpliquée, cache un portrait de Hitler sous son lit. Une nuit, il la surprend se lever et la suit jusqu’à la cave, sommairement aménagée avec un chandelier à sept branches, où elle s’installe quelques heures et semble trouver un bien-être qu’il ne lui a jamais connu.

Momo croise plusieurs fois le chemin de monsieur Hamil, un vieil Arabe à qui il pose des questions sur ses origines. Ce dernier ne veut rien dire à ce sujet mais il lui raconte des histoires que Momo apprécie. Autre personnage de la galerie d’adultes qui font partie de la vie de Momo : monsieur N’Da Amédée, un proxénète nigérien élégant, souvent vêtu tout de rose, des diamants aux doigts, qui possède les vingt-cinq meilleurs mètres de Pigalle, passe chez Madame Rosa encadré de deux gardes du corps. Analphabète, il vient en toute discrétion pour que Madame Rosa lui écrive des lettres, souvent pleines d’exploits imaginaires, qu’il envoie ensuite à sa famille au pays. Un dimanche, Monsieur N’Da Amédée, en évoquant son propre fils en vacance avec sa mère, provoque une crise chez Momo. Et Madame Rosa de se précipiter chez le docteur Katz, car elle s’inquiète d’une certaine « hérédité psychiatrique ». Calmée grâce à des médicaments, Madame Rosa s’apaise et Momo raconte que dans ces cas-là, quand elle « tranquillisée », seuls des coups de sonnette la sortent de sa torpeur, et même la terrorisent, car ils lui rappellent les Allemands. Et Momo et les autres enfants de s’amuser à sonner intempestivement.

Momo surprend une nouvelle fois Madame Rosa dans son « trou juif » et elle lui fait promettre de n’en rien dire à personne. Le petit garçon aime aussi à traîner dans la salle d’attente du docteur Katz, où il se sent à l’aise. Madame Rosa le mène encore chez le médecin quand elle apprend que Momo rêve qu’une lionne vient le protéger la nuit. À un moment, Momo se crée aussi un nouvel ami, Arthur, un parapluie qu’il répare et avec lequel il joue.

« Les mandats » de Momo, à savoir l’argent mensuel de sa pension, cessent d’arriver soudainement. Mais Madame Rosa ne réagit pas et c’est Momo qui la rassure en l’assurant qu’il ne la laissera pas tomber – car Madame Rosa vieillit, cela se sait et les mères placent de moins en moins leurs enfants chez elle. Pour l’aider, Momo va faire le « proxynète », c’est-à-dire voir les prostituées rue Pigalle, qui l’adorent et lui donnent souvent un peu d’argent. Mais l’idée déplaît à Madame Rosa.

Pendant ce temps, l’état de santé de Madame Rosa se détériore et l’argent vient à manquer. Elle a de plus en plus de mal à monter les six étages et a peur de souffrir du cancer. Un jour, le Mahoute, un toxicomane du quartier, lui administre par erreur de l’héroïne et Momo la trouve dans un fauteuil, extatique. Momo déteste les drogues et il appelle immédiatement le médecin.

Un jour, Momo se rend dans le quartier Opéra et va admirer un cirqueminiature installé dans la vitrine d’un grand magasin. C’est alors qu’une jeune femme blonde l’aborde, lui pose des questions sur lui avant de s’en aller. Momo, touché par sa gentillesse, la suit jusqu’à chez elle. Quand elle y retrouve ses deux enfants, Momo se met très en colère ; il se sent trahi. Deux heures plus tard, il croise à nouveau cette jeune femme qui se rend à son travail dans un studio de cinéma. Il rentre dans le studio et la jeune femme l’accueille tout naturellement. Ils discutent, se présentent, et elle l’emmène manger une glace. Au moment de se quitter, Nadine lui donne son adresse et son numéro de téléphone afin qu’il puisse venir quand il veut chez elle.

Un jour, un homme du nom de Yoûssef Kadir sonne chez Madame Rosa en se présentant comme le père d’un certain Mohammed, qu’il avait laissé en pension onze ans plus tôt chez Madame Rosa. Il souhaite revoir son fils avant de mourir car il est très malade. Ancien proxénète, il dit sortir de l’hôpital psychiatrique où il aurait passé ces onze dernières années. Alors qu’il discute avec Madame Rosa, on apprend qu’il a tué sa femme, Aïcha, la mère de Mohammed, dans ce qu’il appelle un accès de folie, d’où son enfermement.

Madame Rosa, très méfiante, questionne Yoûssef sans rien lui révéler de la présence de Momo, qui assiste à la scène sans trop comprendre. Elle lui fait croire que Moïse, un enfant juif, ancien pensionnaire de Madame Rosa en visite ce jour-là, est Mohammed. Puis elle désigne finalement Mohammed comme le fils de Yoûssef mais prétend qu’elle l’a élevé dans la religion juive. Yoûssef, choqué par cette nouvelle, meurt d’une crise cardiaque sur le coup. Momo apprend à cette occasion qu’il a non pas dix ans mais quatorze.

Après cela, l’état de santé de Madame Rosa se dégrade rapidement. Victime de longues absences, elle n’est plus capable de s’occuper d’aucun des enfants. C’est Momo qui va alors veiller sur elle. Le docteur Katz souhaite l’envoyer à l’hôpital mais elle refuse obstinément. Un jour, par désespoir, Momo court chercher refuge auprès de Nadine. Elle l’emmène chez elle et ils se retrouvent avec son mari Ramon autour d’un repas. Momo s’épanche alors et raconte son histoire, mais à l’arrivée des enfants du couple il s’enfuit.

L’état de santé de Madame Rosa se détériore chaque jour un peu plus. Madame Lola, un prostitué travesti, leur vient en aide financièrement. Momo demande au docteur Katz d’« avorter » Madame Rosa, de l’euthanasier plutôt que de l’emmener à l’hôpital. Mais le médecin affirme que l’internement est inéluctable. Momo prétend alors que la famille de Madame Rosa va venir la chercher pour l’emmener en Israël.

Le soir même, Madame Rosa va très mal. Momo lui donne le portrait d’Hitler, l’aide à s’habiller et à se maquiller, puis lui fait descendre l’escalier de l’immeuble. Ils s’arrêtent au rez-de-chaussée pour que les habitants de l’immeuble croient qu’elle attend le taxi, puis ils descendent jusqu’à la cave où Momo installe Madame Rosa dans son fauteuil. Il allume le chandelier qui s’y trouve et reste auprès d’elle jusqu’à ce quelle rende son dernier souffle.

Au bout de trois semaines, du fait de l’odeur qui s’en échappe, les secours viennent enfoncer la porte de la cave et découvrent le cadavre de Madame Rosa avec Momo à ses côtés. Dans la poche de l’enfant, ils trouvent un morceau de papier avec l’adresse et le numéro de téléphone de Nadine, et la considérant comme une personne proche, ils amènent Momo chez elle pour qu’il y vive.

Les derniers mots de l’œuvre sont : « il faut aimer ».

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