La vie devant soi

par

Le passage de l'enfance à l'adolescence

Au cours du livre, nous suivons l'évolution progressive de Mohammed, évolution physique et mentale. D'abord enfant, Mohammed va peu à peu grandir et se mettre à saisir de plus en plus de choses, bien qu'il ne soit pas à même de saisir toutes les complexités de la vie et tous les termes qu'il entend. Une scène très drôle se déroule ainsi chez Nadine. Momo raconte son passé et sa vie, en plaçant des expressions ou des termes qu'il a entendus et qui sont parfois assez inappropriés vis-à-vis de la situation ou qui ont du moins peu de sens : « Ma mère s’appelait Aïcha et se défendait avec son cul et se faisait jusqu’à vingt passes par jour avant de se faire tuer dans une crise de folie mais c’était pas sûr que j’étais héréditaire […] ». Pour son jeune âge, Mohammed va devoir apprendre à affronter beaucoup de situations : il baigne dans une atmosphère de sexualité, de drogue, et même de mort. Dès son plus jeune âge, il doit apprendre à composer avec tout ça : fils de prostituée, on lui a appris que sa mère se « défendait avec son cul », mais on ignore si le jeune garçon saisit réellement de quoi il s'agit et s'il a pleinement conscience du métier qu'exerçait sa mère. Il va également connaître le monde de la drogue, même s'il refusera toujours d'y entrer « Moi, l’héroïne, je crache dessus. », car Madame Rosa se fait faire ses piqûres de médicaments par un toxicomane et non par un médecin. Il sera d’'ailleurs amené à juger des effets de la drogue, puisque Rosa se fera injecter par erreur une ampoule d'héroïne lors de ces séances.

Quant à la mort, il la rencontrera à plusieurs reprises. Par le biais de son père tout d’abord, lorsque celui-ci apprendra que son fils est devenu juif et non pas musulman, puis avec Madame Rosa, lorsque la maladie aura finalement raison d'elle.

Plusieurs autres situations vont l'obliger à grandir, lui permettant de se construire ses propres opinions, bonnes ou mauvaises, qui feront de lui un adulte accompli : « Le bonheur, c’est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre. », « Alors lorsque Super a commencé à grandir pour moi au point de vue sentimental, j’ai voulu lui faire une vie, c’est ce que j’aurais fait pour moi-même, si c’était possible. », … La peur, la perte, autant d'événements qui nous aident à nous construire intérieurement, à saisir les choses parfois difficiles de la vie et à en apprécier les bons moments. Ce roman peut être perçu comme un roman initiatique puisque le lecteur suit l'évolution du jeune Mohammed, qui va vite, peut-être trop vite, atteindre le stade d'adulte.

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