Le château des Carpathes

par

Le thème de la mort

L’auteur oppose deux visions duthème de la mort, dont les facettes varient au gré du passage du registre surnaturelà l’explication scientifique finale. Ainsi, le côté fantastique permet demettre en valeur le champ thématique de la réincarnation, de la vie éternelle,d’une vie parallèle avec l’apparente réapparition. Ainsi, l’évocation dumort-vivant, du vampire est également omniprésente. La présence du diable, portantle nom de « Chort » dans cette région de Transylvanie, est évoquéedès le début du récit, imbriquant ainsi la présence de la mort dans la tramenarrative, la dotant d’un ton encore plus sombre et effrayant. Les ancêtres dubaron de Gortz, les derniers à avoir vécu dans le château des Carpathes, ontété victimes d’un sort terrible qui a écourté leur règne par une mort violente.La mort s’applique en effet à tous, qu’ils fassent partie davantage del’histoire, et donc de la réalité, ou du domaine de la superstition.

Jules Verne illustre ainsi laposition d’égalité et d’infériorité de tous les humains face à la mort. LaStilla, que Franz de Télek suppose réapparue parmi les vivants, est égalementla cause de ses doutes. Plutôt qu’une joie spontanée, c’est del’incompréhension, un dilemme auquel le personnage se trouve confronté,conscient qu’une victoire sur la mort n’est pas quelque chose d’anodin, de sansdanger. Avoir bravé la mort semble impliquer un sort pire que de l’avoirembrassée : « L’effroyablevérité éclata aux yeux du jeune comte. Ainsi, cette femme adorée, celle quiallait devenir comtesse de Télek, était enfermée depuis cinq ans au milieu desmontagnes transylvaines ! […] Tout cela paraissait incroyable,inadmissible, répulsif au bon sens. Cela tenait du prodige, cela étaitinvraisemblable, et Franz aurait dû se le répéter jusqu’à l’obstination… ». Ainsi, même l’amour effréné que porteFranz de Télek à feu son épouse ne parvient pas à lui ôter tout doute lorsqu’ilcroit la voir vivante, ayant lui-même assisté à son enterrement. La mortdemeure ainsi une barrière infranchissable que Jules Verne met en valeur, aussibien dans sa dimension réelle que sous son aspect surnaturel, envisageant unesurvie post-mortem – bien sûr très superficielle ici, de l’ordre de lareprésentation – grâce à la technologie, similaire à la survie, ou plutôt à larenaissance hologrammatique qu’a entre autres connue Michael Jackson en 2014.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Le thème de la mort >