Le Conte de deux cités

par

Accès complet et GRATUIT à cette fiche de lecture pour nos membres.

Charles Dickens

Origines, débuts

 

Charles Dickens naît dans
un faubourg de Portsmouth (Hampshire, Angleterre) en 1812 dans une famille peu fortunée, d’un père employé à la
trésorerie de la Royal Navy. Les mutations de celui-ci mène la famille à
aménager à Londres alors que Charles est très jeune, puis rapidement à Chatham
dans le Kent ; l’écrivain se
souviendra de la campagne qu’il y découvre. Il lit très tôt de grands romanciers :
Cervantes, Daniel Defoe, Oliver Goldsmith, Henry Fielding et Tobias Smollett,
mais encore Les Mille et Une Nuits. Il
est en outre abreuvé par sa nourrice de contes effroyables. Sa première enfance est donc
particulièrement heureuse. Mais
alors que Charles a dix ans, son père, mauvais gestionnaire, accumulant les
dettes, est à nouveau muté à Londres, et alors commence la déchéance financière de la famille. À douze ans l’enfant, aîné des garçons, pour aider sa famille, commence
à travailler dix heures par jour
dans un entrepôt de cirage et
teinture où il colle des étiquettes sur des flacons. Après un passage de son père dans une prison pour dettes, où il est rejoint par toute la famille sauf
Charles, l’adolescent pourra retourner deux ans sur les bancs de l’école. Il
aura passé plus d’un an à travailler à la manufacture, expérience qu’il
identifie à un abandon, une humiliation, qui le marque à vie et qui
nourrira un attendrissement constant sur lui-même. À quinze ans il devient clerc dans un cabinet d’avocats, puis à
dix-sept ans, il se lance de lui-même dans une carrière de reporter sténographe indépendant. En quatre ans il gagne une solide
réputation. Il assiste notamment à des débats de la Chambre des communes, où il
découvre l’imposture d’une pseudo-démocratie, parcourt la province, apprend à
connaître Londres à fond, où il nourrit son amour du théâtre et observe les différents types de la société. Entre 1830
et 1834, il courtise puis connaît un échec auprès de Maria Beadnell, une jeune
femme, fille d’un petit bourgeois, remarquable par son indifférence, et qui
inspirera plusieurs figures féminines de ses romans.

 

 

Quelques dates

 

1836 : Parution d’Esquisses de Boz (Sketches by Boz, Illustrative of Every-day
Life and Every-day People
), recueil de nouvelles déjà paru dans plusieurs
périodiques. Leur succès vaut à Dickens la commande des Papiers posthumes
du Pickwick Club
. Très tôt dans sa carrière, le jeune écrivain
connaît donc la gloire. Mariage avec Catherine Hogarth. L’année
suivante, Mary, la sœur de Catherine, vient s’installer auprès d’eux mais elle
meurt subitement trois mois plus tard ; c’est le second grand choc de sa
vie. Le souvenir de la jeune femme, pour lequel il s’était pris d’idolâtrie,
hantera désormais Dickens et bien de ses personnages féminins à venir. Une
autre sœur de Catherine, Georgina, devient une influence féminine déterminante.

1840 : Lancement de l’hebdomadaire L’Horloge
de Maître Humphrey
où Dickens fera paraître notamment Le Magasin d’antiquités. Il disparaît un an plus tard. Premier voyage aux États-Unis où l’écrivain découvre une société esclavagiste, cupide,
brutale, qu’il décrira dans ses Notes
américaines
et stigmatisera dans Martin
Chuzzlewit
(1843-1844). Dickens aura sa vie durant une activité de lecteur passionné, dont il tirera une
bonne partie de ses revenus ; il fut loué par tous pour ses talents d’acteur, sa capacité à
incarner ses divers personnages.

1845 : Il fonde le quotidien Daily
News
pour concurrencer le Morning
Chronicle
auquel il a longtemps collaboré.

1846 : Il crée avec une philanthrope une institution destinée à recueillir,
éduquer et réinsérer dans la société des femmes
qu’on disait « perdues ».
Par plusieurs moyens il tentera d’améliorer concrètement la société de son
temps mais il a été noté qu’il fut parfois velléitaire et que son action s’est
surtout bornée à ses livres.

1850 : Dickens crée Household Words, un hebdomadaire bon marché qui paraîtra
jusqu’en 1859, et qu’il veut empreint d’« une philosophie de Noël, […] une veine de générosité
chaleureuse, rayonnante de joie dans tout ce qui relève du chez-soi et de
l’âtre ».

1855 : Épisode grotesque des retrouvailles
manquées avec son amour de jeunesse, Maria Beadnell, qu’il retrouve grosse et
minaudière, adonnée aux liqueurs. Il en fera un épisode de La Petite Dorrit.

1857 : Dickens remarque la jeune actrice de dix-huit ans Ellen Ternan, qui va désormais vivre
dans son ombre, le soutenir, et lui inspirer nombre de ses prochains
personnages féminins. Il se sépare de sa femme l’année suivante, après
vingt-deux ans d’union et dix enfants. En tant que fils, mari et frère, après
ses premiers succès, il aura régenté la vie privée de ses proches avec beaucoup
d’autorité.

1865 : Accident de chemin de fer de
Staplehurst, qui lui laisse des appréhensions quand il doit se déplacer pour
des lectures.

1870 : Charles Dickens meurt à Higham,
un village du Kent (Angleterre) ; il est inhumé à l’abbaye de Westminster. Le monde anglo-saxon vit un deuil général.

 

 

L’art de Dickens

 

Considéré comme le plus grand romancier de
l’époque victorienne, Charles Dickens a livré à ses lecteurs une longue
peinture de la pauvreté, mais parmi
ses thèmes fétiches figurent aussi l’enfance
– innocente, majoritairement orpheline, mal aimée –, la ville qui devient pour la première fois
un protagoniste à part entière en littérature, la famille – il se fait l’apôtre d’un foyer idéalisé, qu’il présente surtout instable et disloqué –, l’amour et le rejet, le snobisme, l’amertume, la bonté, tous étroitement liés à sa propre existence. Il emploie très
souvent le genre du Bildungsroman ou roman d’apprentissage, qui retrace le parcours
d’un personnage depuis son enfance et suit sa maturation. En cela il s’inscrit
à la suite de Cervantes ou Lesage. Parmi les romanciers du XVIIIe,
il a pour modèles Defoe, Fielding, Sterne, Smollett, et son idéal de l’homme
ainsi que l’excentricité naïve de certains de ses personnages semblent inspirés
de Goldsmith.

La pente satirique
de ses romans poursuit également celle du XVIIIe siècle, mais
apparaît moins agressive, plus nuancée. Plusieurs traits gothiques sont aussi perceptibles dans ses romans ;
citons les fantômes des Papiers posthumes
du Pickwick Club
ou la figure malfaisante du nain Quilp dans Le Magasin d’antiquités. Si les écrits
de Dickens reposent souvent sur une atmosphère
sombre
, l’humour n’est jamais
absent, et le comique, de situation
ou de caractère, parfois macabre, à
l’occasion en lien avec des éléments fantastiques, apparaît très souvent. De
même son œuvre recèle une forte dimension
merveilleuse
, extraordinaire voire fantastique,
féerique, à l’origine d’un univers poétique particulier qui
subvertit la réalité décrite. Ses romans se caractérisent par l’entrelacement
de plusieurs intrigues qui se
développent simultanément dès le début de l’œuvre ; cette pente
ubiquitaire de la narration offre une vision
panoramique
de la société
victorienne
.

À travers ses œuvres parues en feuilletons hebdomadaires ou mensuels, Dickens a participé à démocratiser la littérature, ainsi
disponible à un prix modique au plus grand nombre. Le peuple appréciait des
histoires qui paraissaient ainsi coller au rythme de sa propre vie.

La langue
de Charles Dickens est riche, inventive
(cf. le jargon du ministère des Circonlocutions de La Petite Dorrit) et dense,
assez souple pour mimer un parler
régional
ou de classe. Tout un intertexte peut être décelé dans son
œuvre, renvoyant surtout à la Bible
et Shakespeare. L’ironie y est très présente, qu’elle
rejoigne la satire ou un certain sentimentalisme,
selon que la voix du récit soit celle d’un narrateur omniscient ou celle de l’un
des personnages. La multiplicité des
voix et des actions confère à
l’œuvre de Dickens une dimension
théâtrale
, et de nombreuses situations ou certains comportements relèvent
de la farce. Son écriture alterne
aisément entre la satire et le pathos,
lequel renvoie à une forme d’idéalisme.

Du côté des points négatifs, l’on relève souvent
une œuvre profuse qui manque de
raffinement, surtout aux débuts de l’auteur, ainsi que des accents mélodramatiques trop fréquents et outrés. Mais la valeur
attribuée à ses romans a beaucoup varié selon les périodes et les
critiques ; ses talents d’humoriste
ont souvent à juste titre été relevés et l’on s’est penché sur les
significations philosophiques des symboles contenus dans ses romans. À bien des
égards le recul semble encore manquer pour juger d’une œuvre complexe et foisonnante.

 

 

Regards sur les œuvres

 

Les Papiers posthumes du Pickwick Club ou Les Aventures de Monsieur Pickwick (The Posthumous Papers of the Pickwick Club) (1836-1837) sont constitué(e)s d’une série d’épisodes s’enchaînant
plus ou moins autour du personnage de Pickwick, un vieux gentleman, bon et riche,
fondateur et président d’un club à son nom, dont les membres partent régulièrement
en des coins reculés loin de Londres. Les rapports détaillés qu’ils doivent
faire à l’issue de leurs pérégrinations, d’une auberge de relais à l’autre,
sont censés assouvir la curiosité de Pickwick. Ce sont surtout les traits de
caractère des personnages, exagérés, qui produisent un effet comique.

Oliver Twist (1837-1839) raconte les
aventures d’un orphelin qui, entrant en rapport avec des personnages cruels et
malhonnêtes, résiste à leur influence néfaste avant d’être sauvé et de
découvrir sa filiation. À travers cette œuvre
sociale et philanthropique
Charles Dickens voulait démystifier cette vie de
perdition enjolivée par les romantiques et le monde des délinquants peint de
manière faussée par certains romanciers, exposant, notamment à travers de
saisissantes descriptions des bas-fonds
de Londres
, une précise généalogie
du crime
. Ce roman dénonce notamment la Loi des pauvres de 1834 qui, mettant fin à l’assistance à domicile
dont ils bénéficiaient jusqu’alors, instituait l’enfermement des indigents dans
des hospices, workhouses où ils étaient
maintenus dans une forme d’esclavage.

Le Magasin d’antiquités (The Old Curiosity Shop) (1840-1841)
raconte l’histoire de la petite Nell, dévouée à son grand-père, lequel est propriétaire
d’un magasin d’antiquités mis sous séquestre après que le nain Daniel Quilp, personnage
méchant et difforme, auquel le vieil homme a emprunté de l’argent, se rend
compte que son débiteur n’a pas un sou. Les pérégrinations pathétiques du couple fuyant Quilp sont prétextes à
illustrer divers aspects de l’Angleterre, et ce roman se distingue surtout par
sa galerie de personnages secondaires hauts en couleur, parmi lesquels des montreurs
de marionnettes et la propriétaire d’un musée de figurines de cire. La mort de Nell engendra une vague
d’émotion à travers toute l’Angleterre. Le roman apparaît comme une nouvelle
version du Voyage du Pèlerin (1678) de
John Bunyan.

Un chant de Noël (A Christmas Carol) (1843), le conte de Noël le plus connu de
Dickens, a pour protagoniste Scrooge,
un vieil avare qui, après avoir été visité la veille de Noël par le spectre de son ancien associé, lequel
l’avertit d’un grand malheur s’il ne se réforme pas, se métamorphose au matin
après la visite de trois autres esprits
et commence à faire le bien autour de lui. Dès sa parution l’œuvre connaît un
grand succès et suscite de nombreux actes de générosité à grande échelle.

David Copperfield (The Personal History, Adventures,
Experience and Observation of David Copperfield the Younger
) (1849-1850),
un des romans les plus connus de Dickens, raconte la vie du personnage éponyme,
écho de celle de l’auteur, très heureuse avant le remariage de sa mère, plus
difficile après. Au gré d’épisodes tour à tour tragiques et comiques, l’on voit
l’esprit de David Copperfield se former auprès des nombreux personnages qu’il
rencontre, et surtout des femmes qui partagent sa vie. Charles Dickens en a
parlé comme de son roman préféré.

La Maison d’Âpre-Vent (Bleak House) (1852-1853) est
un roman charnière de la production littéraire de Dickens, c’est-à-dire qu’il
donne une vision panoramique de la
société et s’attaque très clairement à un système
judiciaire
présenté comme byzantin,
abordé par le prisme d’un testament impliquant de fortes sommes d’argent, qui
fait le lien entre tous les personnages. Le roman donne un point de vue
particulier sur les évènements à travers la voix d’une première narratrice, une
autre figure d’orpheline, qui découvrira ses véritables origines au cours du
roman ; et en outre à travers le regard d’un narrateur s’exprimant à la
troisième personne, plus propre à fournir une vue d’ensemble des grands problèmes publics.

Les Temps difficiles (Hard Times) (1854) est un roman polémiste écrit en réaction à la société industrielle d’alors. Dickens invente la ville industrielle
de Coketown pour illustrer la vie des
ouvriers
et les relations avec leurs patrons qu’il avait observées à
Manchester et Preston. Un des personnages principaux est un industriel accapareur
à l’esprit pratique, rationaliste, qui élève sa fille et son fils en tuant en
eux toute fantaisie et en ne leur inculquant que des valeurs matérialistes, ce que la fille paiera en épousant un vieil
avare, et le fils en devenant un voleur obligé de fuir à l’étranger. Une figure
de politicien froid, sans principe, intervient également et tente de séduire la
jeune femme mal mariée. La classe ouvrière y apparaît abrutie par un travail répétitif, tandis que la bourgeoisie, utilitariste, trouve en les lois du marché, jugées d’émanation
divine, une nourriture à sa bonne conscience. Ce roman apparaît particulièrement
sombre et pessimiste au sein de la production dickensienne.

La Petite Dorrit (Little
Dorrit
)
(1855-1857) est l’histoire d’un
homme que l’inexécution d’un contrat passé avec un bureau gouvernemental a mené
en prison, ainsi que celle de sa famille. La petite Dorrit du titre est sa plus
jeune fille, caractérisée par sa petite taille mais surtout son grand cœur, et
qui lui est très dévouée. Alors que la famille se retrouve riche, elle s’éprend
d’un homme qui, après une spéculation malheureuse, se retrouve lui-même en
prison. À nouveau la jeune femme se montre très dévouée mais la fortune des
Dorrit s’avère être un obstacle entre eux, et alors que celle-ci disparaît
comme elle était apparue, la jeune femme pourra finalement se lier au
prisonnier libéré. Dans cette nouvelle œuvre satirique, l’auteur dénonce
certaines institutions du royaume telle la prison
pour dettes
qu’avait connue son père, mais encore les conditions des
travailleurs de l’industrie, la bureaucratie,
son jargon, le hiatus entre les
classes sociales. L’œuvre, qui contient peut-être la charge la plus violente de
Dickens contre la haute finance, se distingue par son atmosphère sombre et la complication de son intrigue.

Le Conte de deux villes (A Tale of Two Cities) (1859),
deuxième et dernier roman historique
de Dickens, grandement influencé par le philosophe et historien Thomas Carlyle, figure importante dans
la constitution de la pensée dickensienne, a pour cadre Paris et Londres entre
1775 et 1793. Au départ du roman, une orpheline découvre que son père, toujours
en vie, a été embastillé dix-huit ans. Accompagné d’un employé de la banque
dont elle est la pupille et qui a travaillé autrefois pour son père, elle se
rend en France. C’est le point de départ d’un roman à l’intrigue foisonnante
qui implique des complots, des procès, des vengeances, et bien sûr la Révolution
française
, qui inspire une grande crainte à l’auteur qui veut la présenter
comme un avertissement pour son pays.

De grandes espérances (Great Expectations) (1860-1861), comme David
Copperfield
, décrit le parcours d’un jeune homme en partant de son enfance.
Philip Pirrip ou Pip est une nouvelle figure d’orphelin, qui après avoir aidé
un forçat à se débarrasser de ses chaînes reçoit de mystérieuses subversions
qui lui permettent d’acquérir une éducation. Après une déception amoureuse et
l’avoir d’abord méprisé il retournera à la modestie de son milieu d’origine. Au
destin de Philip qui renonce à ses prétentions sociales pour revenir aux mœurs
simples du forgeron qui l’a élevé, se dessine en parallèle celui d’Estella, la
femme qu’il aime, et qui doit renoncer au jeu de la séduction qu’on lui a
inculqué pour connaître un véritable amour. Ce sont des valeurs de sacrifice et d’abnégation qui sont prônées ici, et la bonté triomphe finalement à
la fin du roman.

 

 

Ce que
des pairs on dit de lui

 

« Il
se déprécie à mes yeux lorsqu’il cherche à flatter son public par un
déploiement de sensibilité facile.
Dans l’atroce, il rejoint presque Dostoïevski ; et c’est alors que je le
préfère. »

 

André Gide

 

« J’ai
lu environ cent pages de Dickens hier […]. Tout est direct et coloré. Plutôt
monotone ; et pourtant si abondant, si créatif : oui, mais hautement créatif : pas suggestif. Tout est
posé sur la table. Rien qui soit capable de germer dans la solitude. Voilà
pourquoi c’est si rapide et si attrayant.
Rien qui fasse poser le livre et méditer. »

 

Virginia
Woolf

 

 

Citations
de ses œuvres

 

« Mon père avait pour principe qu’un homme qui n’est pas
vraiment gentleman par le cœur, n’a jamais été, depuis que le monde existe, un
vrai gentleman par les manières. Il disait aussi qu’aucun vernis ne peut cacher
le grain du bois, et que plus on met de vernis dessus, plus le grain devient
apparent. »

 

Charles Dickens, De grandes espérances, 1860-1861

 

« Dur et tranchant comme une pierre à fusil dont jamais
l’acier n’a fait jaillir une étincelle généreuse, secret, renfermé en lui-même
et solitaire comme une huître. Le froid qui était au dedans de lui gelait son
vieux visage, pinçait son nez pointu, ridait sa joue, rendait sa démarche roide
et ses yeux rouges, bleuissait ses lèvres minces et se manifestait au dehors
par le son aigre de sa voix. Une gelée blanche recouvrait constamment sa tête,
ses sourcils et son menton fin et nerveux. Il portait toujours et partout avec
lui sa température au-dessous de zéro ; il glaçait son bureau aux jours
caniculaires et ne le dégelait pas d’un degré à Noël. La chaleur et le froid
extérieurs avaient peu d’influence sur Scrooge. »

 

Charles Dickens, Un chant de Noël, 1843

 

« Quel exemple frappant de l’influence du vêtement offrit
alors le petit Oliver Twist ! Enveloppé dans la couverture qui jusqu’alors
était son seul vêtement, il pouvait être fils d’un grand seigneur ou d’un
mendiant : il eût été difficile pour l’étranger le plus présomptueux de
lui assigner un rang dans la société ; mais quand il fut enveloppé dans la
vieille robe de calicot, jaunie à cet usage, il fut marqué et étiqueté, et se
trouva, tout d’un coup à sa place : l’enfant de la paroisse, l’orphelin de
l’hospice, le souffre-douleur affamé, destiné aux coups et aux mauvais traitements,
au mépris de tout le monde, à la pitié de personne. »

 

Charles
Dickens, Oliver Twist, 1837-1839

Inscrivez-vous pour trouver des essais sur Charles Dickens >