Le Conte de deux cités

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Résumé

Conteur et écrivainbritannique phare de l’époque victorienne, Charles Dickens (1812-1847) entamesa carrière en tant que chroniqueur au sein d’un journal local où paraissentses premiers ouvrages sous forme de feuilleton. Le succès est immédiat ets’amplifiera avec le temps. Il est aussi réputé pour son talent d’orateur etenchante un large audimat au cours de lectures publiques. Le Conte de deux cités(A Tale of Two Cities), paru en 1859,est un savant mélange de fiction et de faits réels, l’histoire s’appuyant surdes événements historiques enrichis par l’imagination de l’auteur. En effet, ellea pour décors Londres et Paris à la fin du XVIIIe siècle, et la Révolutionfrançaise qui gronde alors sert de base à l’intrigue, certains personnagess’avérant être des acteurs de l’époque.

 

L’histoire commence en1775. Lucie Manette, jeune Londonienne de dix-huit ans qui se pensait orpheline,apprend que son père, le docteur Alexandre Manette, a été emprisonné sansjustification à la Bastille depuis sa naissance et vient d’en sortir. Cesrévélations lui sont faites par Jarvis Lorry, employé de la banque Tellson àLondres et ancien gérant des comptes de la famille. Avec ce dernier elle partretrouver son père à Paris mais elle le découvre sujet à des crises de démence.De retour à Londres, les soins prodigués par Lucie assurent sa convalescence,et Alexandre Manette retrouve bientôt ses esprits.

Quelque temps après,la famille Manette est appelée à témoigner au procès de Charles Darnay, un Françaisexpatrié accusé de trahison contre la couronne d’Angleterre tout en étantespion pour le compte de son pays d’origine. Lors de leur retour de France, lesManette avaient effectivement croisé cet homme qui prenait le même ferryqu’eux, et Lucie se rappelle l’avoir vu converser avec des hommes en françaiset railler la tête couronnée d’Angleterre. Elle relate donc ces faits dans sontémoignage, mais son intervention ne nuira pas à Darnay, qui est disculpé grâceà la ressemblance physique entre Sidney Carton, son avocat, et lui-même. Cedernier élabore sa défense sur ce point, en montrant qu’on a tout à fait puconfondre son client avec un autre. Darnay et les Manette restent en contact suiteau procès, et bientôt les deux jeunes gens se marient avec l’approbation dupère. Sidney Carton devient lui aussi un ami proche. Il confiera entre autres àLucie son sentiment d’avoir manqué sa vie, de n’avoir rien accompli de notable.

Les années paisiblesqui suivent le mariage se terminent avec l’arrivée d’une lettre adressée aumarquis d’Evrémonde. Ce titre désigne en fait Charles Darnay, qui le tient desa famille aristocrate française. La lettre est un appel à l’aide d’un anciendomestique qui craint pour sa sécurité, et Charles décide d’agir pour éviterl’exécution de cet employé. Sans prévenir sa famille, il se rend à Paris mais àpeine est-il arrivé qu’il se voit arrêté et conduit en prison. Malgré ses diresen faveur des révolutionnaires, son ascendance prime et le désigne coupable.Lucie et Alexandre Manette entreprennent à leur tour un voyage vers la Francepour venir libérer Charles. De par son passé de prisonnier martyr – l’homme aen effet passé dix-huit années emprisonné sans raison valable –, le docteurparvient dans un premier temps à obtenir la libération de son gendre, maiscette situation n’est que temporaire car un nouveau chef d’accusation le remetderrière les barreaux. On le dit responsable du meurtre barbare d’un paysan,alors même qu’il n’était pas en France au moment du crime. Le vrai coupable esten fait son oncle, représentant de l’aristocratie hautaine et sans scrupule,qui avait éliminé le paysan simplement parce que le pauvre homme se trouvaitsur son passage.

Charles est doncaccusé à la place de cet oncle, la justice ne les distinguant pas de par leurtitre semblable – tous deux sont en effet désignés comme « marquisd’Evrémonde ». La sentence est sans appel, la cour décide de faire un exemplede lui et Charles est condamné à mort. C’est alors qu’intervient l’avocat deDarnay du premier procès, Sidney Carton. Celui-ci découvre par le biais d’un deses espions ayant ses entrées dans la prison de Charles que toute cette affairen’est qu’un complot. Charles fait l’objet de viles manœuvres ayant pour but del’éliminer, tout comme son premier procès qui visait à le mettre derrière lesbarreaux. L’avocat élabore alors un stratagème afin d’éviter sa mort : ilprend sa place dans sa cellule, et c’est lui qui est conduit à l’échafaud à laplace de Charles. Par ce sacrifice, Sidney accomplit enfin un geste qu’ilestime noble, propre à contrebalancer le sentiment d’inutilité qu’il a toujoursressenti au cours d’une vie jugée insipide, assurant par là la postérité ducouple que forment Lucie et Charles.

 

Charles Dickensentraîne ici le lecteur au cœur de la Révolution française, à travers un récitprenant place dans deux capitales qui font les frais des chamboulements dutemps. L’auteur dénonce les épisodes injustes et cruels qui se multiplient ences périodes charnières, en mettant en scène des victimes innocentes telles quele docteur Manette, Charles Darnay, ou encore les paysans meurtris par les inégalitéssociales. 

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