Le diable au corps

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Résumé

Le narrateur qui nous raconte son histoire est un adolescent d’une quinzaine d’années. Il est brillant, très brillant, d’une intelligence précoce et redoutable. Les études dans le cadre scolaire l’ennuient prodigieusement car son acuité intellectuelle exceptionnelle lui permet d’acquérir en quelques jours ce que ses camarades intègrent en plusieurs semaines. C’est pourquoi ses parents l’autorisent à étudier à la maison, en attendant sa rentrée dans un prestigieux lycée parisien en classe de seconde.

Le jeune homme analyse lucidement et non sans un certain cynisme la période que la France traverse : la Première Guerre mondiale, période étrange à ses yeux, qui ressemble davantage à des grandes vacances géantes qu’à une douloureuse célébration patriotique. Il est trop jeune pour être concerné par la conscription, aucun de ses proches n’ira à la guerre. Donc, pour lui, rien de dramatique.

Un jour, il rencontre une demoiselle de dix-neuf ans nommée Marthe. Elle est fiancée à Jacques, soldat sur le front. Très vite, les deux jeunes gens sont attirés l’un vers l’autre. Leur jeune âge les rapproche, et leur esprit aussi. Bientôt, le jeune homme va se faire un jeu de séduire cette jolie bourgeoise. Il la promène dans Paris, l’initie au mensonge et aux secrets. Dans le même temps, il néglige ses cours, délaisse le lycée, tant et si bien qu’il craint de se faire renvoyer, ce qui, espère-t-il plus ou moins consciemment, provoquerait une réaction d’autorité de son père, qui ne lui fixe jamais de limites. Mais non. Il demeure lycéen.

Marthe, quant à elle, épouse Jacques. Le jeune couple s’installe à l’étage d’une maison bourgeoise de leur petite ville de banlieue au bord de la Marne. La chambre du jeune couple est meublée à neuf, mais Marthe en a choisi la composition avec son jeune ami, et non pas avec Jacques. Ce dernier doit bien vite retourner au combat, laissant derrière lui sa jeune épouse à qui il écrit chaque jour. Pour sa part, Marthe invite le jeune lycéen à lui rendre visite, souvent, très souvent. Il devient un familier de la maison, il a sa clé. Un baiser scelle leur union, puis vient l’amour physique que l’adolescent découvre avec délice. Cela devient pour lui comme une drogue à accoutumance, une exigence de son corps qu’il lui faut satisfaire. Il découche, d’abord en dissimulant le fait à ses parents. Pour cela, il invente des prétextes puérils et ses mensonges sont facilement découverts par son père et sa mère qui ne lui interdisent toujours rien. Alors pourquoi se cacher davantage ?

Marthe n’hésite pas à s’afficher ouvertement avec son jeune amant. Le scandale est d’autant plus grand que le mari bafoué est un soldat, un héros qui défend la patrie. À la faute sociale s’ajoute une trahison. Mais que lui importe ! Elle aime son jeune lycéen, elle, mariée bien jeune à un homme certes gentil mais qu’elle n’aime pas, qu’elle croyait aimer. Elle va jusqu’à présenter son amant à un de ses cousins, aviateur et lui aussi en guerre, qui prend la chose à la blague. Au cours de ses rares permissions, l’accueil qui est réservé au mari est des plus froids. Le pauvre Jacques repart vers la boue des tranchées en portant un fardeau supplémentaire : le chagrin. Ses lettres se font tristes, désespérées même, tant et si bien que le jeune amant de Marthe décide de ménager le mari et dicte à la froide épouse des lettres qui au moins ne blesseront pas le cœur du soldat.

Dans la petite ville, le scandale est total. Les parents du jeune lycéen ferment les yeux, comme toujours. Quant aux parents de Marthe, ils semblent être les seuls à ne rien savoir. Certes, ils trouvent la conduite de leur fille un peu surprenante, elle qui a l’étrange lubie de refuser d’avoir des domestiques, mais rien ne les alerte. Les choses pourraient continuer ainsi : les sorties publiques, les promenades enlacés ponctuées de baisers dans le cou, les nuits qui scandalisent les voisins, tout cela teinté de la crainte d’un retour inopiné du soldat qui bénéficierait d’une permission surprise. Mais un nouvel événement va bouleverser ce tableau déjà peu paisible : Marthe attend un enfant.

Dire que cette perspective de paternité n’enthousiasme pas le lycéen est peu dire. Nulle fibre paternelle ne vibre en lui. Dans le fond, quoi de plus normal chez un adolescent ? Et puis après tout, qu’est-ce qui lui prouve que l’enfant que porte Marthe est le sien ? Ne pourrait-il s’agir du fruit des amours rapides du soldat et de sa jeune épouse, à la suite d’une courte permission ? Marthe tombe malade, ses parents sont enfin informés de la réalité de la situation. Quand Marthe laisse entendre qu’elle pourrait demander le divorce, les parents du jeune lycéen font enfin acte d’autorité, et lui interdisent toute sortie nocturne, au lâche soulagement du jeune homme. Cela dit, il tente d’analyser froidement des sentiments qu’il nie et dont la force le dépasse.

Depuis plusieurs semaines les deux amants ne se sont pas vus. Marthe donne naissance à un fils. Le jeune lycéen s’est persuadé qu’il n’est pas le père de l’enfant, veut écrire à Marthe une lettre d’injures qu’il déchire, pour en écrire une plus tendre… Il ne sait plus où il en est. C’est alors qu’arrive une épouvantable nouvelle : Marthe est morte. Il est frappé comme par un coup de tonnerre, incapable de réagir. Il entre dans le deuil, et quitte ainsi le monde de l’adolescence.

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