Le diable au corps

par

Le narrateur

Le nom du narrateur est inconnu. Toute l'histoire se déroulant à la première personne, on peut se demander si l'auteur ne nous raconte pas sa propre vie. Âgé de quinze ans, c'est un jeune garçon qui n'aime pas tellement fournir d'effort : il rêve de gagner de l'argent sans que son travail soit plus fatiguant qu'une promenade. D'un naturel très possessif et dominateur envers les femmes, il va se faire une joie de torturer la pauvre Marthe, qui lui cède tout. Le héros commence dès le début de l'histoire à imposer ses volontés à la jeune fille : c'est ainsi qu'il va la forcer à choisir les meubles qu'il lui propose lui, tout en dénigrant tout ce qu'elle aime. Marthe et le jeune homme entretiendront une liaison impossible puisqu'il est non seulement trop jeune pour elle, mais qu'en plus elle est déjà mariée à un autre homme, Jacques, qui est au front. Marthe et lui connaîtront une passion fusionnelle et très charnelle, bien qu'assez éphémère.

Le jeune adolescent est un inconstant : il veut Marthe puis ne la veut plus, l'aime plus que tout mais ne veut plus la voir, … Il ira même la tromper plusieurs fois : une fois avec la fille que désir son meilleur ami René et une autre fois avec une très bonne amie de Marthe qui venait la voir. Il est encore jeune et n'a pas vraiment conscience de toutes les implications qu'il y a à fréquenter une femme mariée, et surtout quels sacrifices Marthe fait pour lui, en se compromettant de la sorte, alors qu'elle ne semble être pour lui qu'une agréable distraction. Le narrateur sait qu'une fois la beauté de sa belle fanée, il ira voir d'autres femmes, plus jeunes.

Marthe et lui auront un fils, fils dont il ne voudra pas puisqu'il refuse de l'élever, mais il sera très fier de pouvoir penser qu'il est père. Son jeune âge l'empêche de prendre conscience qu'un père n'est pas seulement un géniteur mais aussi une personne présente dans la vie de l'enfant. A la mort de celle qu'il disait aimer, sa seule pensée est d'espérer qu'il n'y ait pas de vie après la mort pour que Marthe ne puisse pas vivre des choses sans lui (« Ma jalousie la suivant jusque dans la tombe, je souhaitais qu'il n'y eût rien, après la mort. Ainsi, est-il insupportable que la personne que nous aimons se trouve en nombreuse compagnie dans une fête où nous ne sommes pas. ». C'est une pensée très égoïste, qui reflète en somme assez bien le caractère du personnage tout au long du roman.

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