Le fantôme de Maître Guillemin

par

La dimension historique et éducative

Le roman historique prend comme son noml’indique pour toile de fond une période historique, sur laquelle prennent viedes personnages réels et fictifs, ainsi que des éléments imaginaires ou avérés.Ici, le cadre spatio-temporel est historique, concret : l’histoire sedéroule à Nantes au XVe siècle, et plus précisément en 1481. Pour mieuxplacer son lecteur dans le contexte de l’époque, l’auteure a choisi de livrer dansles premières pages de son œuvre un plan précis de la structure de la ville àl’époque décrite : les rues sont décrites, leurs noms respectifs donnés, toutcomme sont décrits les bâtiments importants, des lieux communs (églises,cathédrales, cimetières, etc.) et tous ceux où sera amené à se rendre lehéros. Le lecteur a donc tout le loisir de suivre, des images précises plein latête, le jeune Martin au fil de ses aventures : il peut situer l’endroitdu meurtre, l’Erdre où le jeune homme a failli être jeté, etc.

En revanche, le collège Saint-Jean n’existepas et semble sortir tout droit de l’imagination de l’auteure, tout commel’intrigue qui noue le livre. Cependant, afin de conserver malgré tout sonaspect éducatif en lien avec l’histoire, Évelyne Brisou apporte régulièrementdes précisions via de petites notes en bas de pages pour éclairer son lecteursur certains éléments : « À l’origine, un collège n’était pas unlieu d’enseignement, mais une maison qui hébergeait des étudiants boursiers.L’université manquant de locaux, les professeurs prirent peu à peu l’habitudede venir enseigner là où vivaient les étudiants. » Ces notes apportentdes précisions contextuelles – « grandes mortalités = pestesrégulières, très fréquentes » –, des précisions sur des figures destyle – « Saint-Sépulcre = tombeau de Jésus-Christ à Jérusalem »–, sur l’époque – « les petits blancs » font ainsi référence àune monnaie –, les légendes comme celle de Gilles de Retz qui aurait inspiré lepersonnage Barbe-Bleue, l’absence de noms écrits dans les rues, et sur biend’autres choses encore. Ces éléments véridiques permettent au lecteur decomprendre le récit, de s’imprégner d’un contexte historique qui lui est souventlargement inconnu, surtout à un jeune âge, de s’instruire de façon ludique enapprofondissant sa culture générale et sa connaissance de l’histoire de sonpropre pays.

L’auteure a donc choisi de donner unedimension historique en plus d’une dimension policière à son roman, joignant ainsiplaisir, suspense et apprentissage dans l’expérience de lecture proposée. Parailleurs, ses petites notes en bas de pages permettent une interaction plusdirecte entre l’auteure et le lecteur, ce qui apporte une forme de dynamisme aurécit, l’auteure montrant par là son souhait que rien n’échappe à celui qui sepenche sur son œuvre.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur La dimension historique et éducative >