Le Faucon Déniché

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La vie quotidienne des serfs dans Le Faucon Déniché

Au Moyen Âge, les serfs « sont attachés au fief qu’ils ne peuvent quitter ». En retour, « le seigneur doit protection à ses paysans », protection de ses armes et des murailles de son château en cas d’attaque. C’est ce que décrit Le Faucon déniché.

         Les serfs n’ont qu’un prénom, et pas de nom de famille : Martin est fils de Brichot. Le père est bûcheron, la mère travaille sur le lopin de terre où vit la famille, Martin est gardeur d’oies. Leur vie dépend de leur seigneur. Leurs conditions de vie sont rudes. Ainsi découvre-ton l’intérieur de la maison de la famille de Martin : « Autour de lui, toute la famille dormait couchée sur des grabats. […] La mère, étendue sur le côté, semblait se reposer à peine un instant, entre deux travaux. Dans les autres coins, les frères sommeillaient, les plus jeunes dans des paniers, les aînés sur une jonchée de paille. »

         Si un seigneur décide d’en attaquer un autre, c’est la guerre, et les premières victimes en sont les paysans. Incapables de se défendre seuls, les serfs cherchent refuge dans le château seigneurial : « Les paysans, talonnés par la peur, se pressaient sur le pont-levis. L’un voulait faire entrer sa vache, l’autre avait trois moutons à sauver. » À l’abri des murailles, ils attendent la fin de la bataille. Après le passage des soldats, « la campagne n’offrait que désolation. Les chaumines incendiées fumaient encore. Les meules de bon blé n’étaient plus que cendres. […] Brûlées les granges et les maisons aussi, […] les sacs de farine éventrés se mêlaient aux belles grappes de raisin qu’on avait mises à sécher sur les claies. Tout était piétiné, foulé, détruit. »

         Quand les soudards du seigneur voisin ont pillé le village et détruit les récoltes, les paysans en sont réduits à remplacer le blé par des glands de chêne : « Tout le village était sous les arbres. […] Chacun fouillait la mousse, fourrageait au creux des feuilles mortes d’où se dégageait une odeur d’humus qui faisait crier les ventres vides. » Car c’est la mort par la faim qui menace. Des glands on tire une farine qui permet de préparer des galettes qu’on cuit dans le four commun à tous, situé dans le village.

         Enfin, la menace permanente du châtiment est là. Le seigneur a droit de justice et ses décisions sont sans appel. Dénicher un faucon « est interdit aux manants ». Martin court donc un très grand risque s’il est pris, car « pour un paysan, c’est un crime que de chasser sur les terres de son seigneur. » Seule échappatoire : le droit d’asile. Quand un homme, quelle que soit sa faute – voire son crime – demandait asile en se réfugiant dans une église, sa personne devenait inviolable : « À une volée de flèche tout autour du monastère, personne ne devait se saisir d’un fugitif. Le seigneur lui-même ne pouvait violer le droit d’asile. Les moines, en ce siècle de violence, faisaient respecter cette règle de miséricorde. » C’est cette règle qui permet à Martin de se réfugier au monastère quand il se croit menacé par Sire Guilhem.

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