Le Garçon en pyjama rayé

par

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John Boyne

John Boyne est un écrivain
irlandais né en 1971 à Dublin. Il
étudie la littérature anglaise au Trinity College de Dublin et l’écriture
créative à l’université d’East Anglia, à Norwich, en Angleterre.

Il fait ses armes en
littérature à travers des nouvelles,
qu’il a fait paraître dans des magazines
ou dans des recueils collectifs. John Boyne commence sa carrière littéraire
avec un premier roman pour adultes,
une saga historique qui paraît en 2000. The Thief of time décrit
l’itinéraire de Matthieu Zela qui, au XVIIIe siècle, découvre que
son corps ne vieillit pas. À 256 ans, à la fin du XXe siècle, il
s’interroge sur la valeur de son immortalité, qui lui permet certes de vivre
longtemps, mais désormais sans amour. La longue vie de Matthieu est prétexte à
une plongée dans la Révolution française comme dans un monde perturbé suite au
crash de Wall Street, ainsi qu’à une visite de l’Exposition universelle de 1851
à Londres ou du Hollywood des années 1920. Matthieu rencontre en outre toutes
sortes de personnages historiques comme le pape Pie IX, Robespierre, Charlie
Chaplin ou Berhert Hoover, en même temps qu’il surveille sa descendance à
travers les générations. L’œuvre apparaît donc comme une savante construction reposant sur une importante documentation.

Son troisième roman, toujours
pour adultes, Crippen: A Novel of Murder, paru en 2004, tourne autour de l’enquête historique de Scotland yard, en 1910, ayant pour
point de départ la découverte du cadavre de Cora Crippen, une ancienne
chanteuse de music-hall, dissimulé chez son mari, le Dr. Hawley Crippen, disparu depuis avec sa maîtresse avec qui il
tente de fuir pour le Canada, à bord du SS
Montrose
où ils se font passer pour un père et son fils, Ethel étant bien
plus jeune que Hawley. Mais l’intimité est rarement de mise sur un paquebot de
luxe où il faut rester confiné deux semaines durant auprès de passagers parfois
intrusifs. Le récit au présent est entrelacé avec des retours en arrière dans
le passé de Hawley donnant un éclairage sur ce qui l’a mené à devenir docteur
puis un criminel.

John Boyne aime à faire
revivre des périodes historiques à
travers des histoires savamment
construites
. Il le fera à nouveau dans Ne m’appelle plus Anastasia ou La
Maison Ipatiev
(The House of
Special Purpose
, 2009) en faisant suivre à son lecteur le destin d’un jeune
homme modeste d’un petit village, Georgy Jachmenev, qui voit sa vie basculer
après avoir sauvé le tsar Nicolas II et
suite à son invitation à Saint-Pétersbourg où il tombe amoureux de la grande-duchesse
Anastasia.

 

En 2006, la première incursion de John Boyne dans la littérature pour la jeunesse se
transforme en un succès international. Le Garçon au pyjama rayé (The
Boy in the Striped Pyjamas
) se vendra en effet à des millions
d’exemplaires à travers le monde. Le point de vue, tout à fait naïf, est celui
du fils d’un officier nazi de haut rang, d’un enfant qui comprend très peu de
choses des événements historiques au cœur desquels il est plongé. Arrivé à
« Hoche-Vite » – le camp d’Auschwitz – dont son père s’est vu confier
le commandement par le « Fourreur », de sa nouvelle maison, Bruno,
neuf ans, a vue sur tout un peuple en pyjamas rayés évoluant derrière une
clôture. On ne lui explique rien alors Bruno va à leur rencontre de lui-même et
se lie d’amitié avec Schmuel, un enfant de son âge qu’il va même rejoindre à
l’intérieur du camp, jusqu’à la tragédie finale. L’œuvre apparaît comme un
moyen d’aborder tout en douceur les horreurs
de la Shoah
avec de jeunes adolescents, dès le début du collège. Le roman sera adapté en film par Miramax en 2008.

En 2010 John Boyne fait
paraître Noé Nectar et son voyage étrange (Noah Barleywater Runs Away), un nouveau roman pour la jeunesse entre
le récit poétique et la fable philosophique, abordant les
thèmes du deuil et de la famille, mettant en scène Noé, un
garçon de huit ans qui fuit – on ne pas bien pourquoi au départ – à la fois sa
maison et ses problèmes pour se rendre dans la forêt où il rejoint un monde
plein de fantaisie où les animaux et les fruits peuvent parler, mais où il
rencontre surtout un homme tenant un magasin de jouets qui va lui permette
d’éclairer sa vie et son chemin.

À nouveau en 2013 avec Mon
père est parti à la guerre
(Stay Where You Are and Then Leave)
John Boyle aborde des sujets difficiles à travers les yeux d’un enfant. Le
cadre est cette fois celui de la Première
Guerre mondiale
et le héros Alfie, cinq ans, qui voit son père partir pour
un conflit qui dure encore et encore. Son père ne réapparaissant pas, sa mère
lui explique qu’il est en mission secrète pour le gouvernement, mais le
garçonnet a du mal à y croire. De très nombreux éléments de la période sont
abordés comme la réalité des objecteurs
de conscience
– au départ, le père d’Alfie lui dit qu’il ne prendra pas
part au conflit –, les traumatismes
psychologiques
consécutifs au conflit, moins visibles que les blessures
physiques, ainsi que le destin des Anglais d’origine étrangère en ces temps
perturbés.

 

John Boyne s’affirme donc
comme un auteur à succès officiant
sur deux fronts. Ses romans pour adultes reposent sur des structures complexes
et une documentation importante et constituent des œuvres auxquelles on
reproche parfois de faire la part belle à la construction du récit au détriment
de personnages assez peu complexes. Ses œuvres pour la jeunesse apparaissent
plus originales et rencontrent davantage de succès à l’étranger. Les romans de
John Boyne, en outre critique littéraire
pour The Irish Times, ont en
effet été publiés dans une cinquantaine de langues.

 

 

« Bruno, il arrive que,
dans la vie, on soit obligé de faire des choses que l’on n’a pas choisies, dit
Père. (Bruno comprit qu’il commençait à se lasser de la conversation.) Et je
crains que Hoche-Vite n’en soit une. Ceci est mon travail, un travail
important. Pour notre pays. Pour le Fourreur. Un jour, tu comprendras. »

 

John Boyne, Le Garçon en pyjama rayé, 2006

 

« – Entendu, Alfie,
dit Georgie en haussant à nouveau les épaules.

C’est alors qu’Alfie se rendit
compte qu’il ne se comportait plus comme un père. On aurait dit qu’ils avaient
échangé leurs rôles, Georgie prenait pour argent comptant tout ce que disait
Alfie. Comme si l’adulte était Alfie, et l’enfant, Georgie. Cette idée mit
Alfie mal à l’aise et lui fit un peu peur. Son père était censé veiller sur
lui, et non le contraire. »

 

John Boyne, Mon père
est parti à la guerre
, 2013

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