Le Garçon en pyjama rayé

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Résumé

Le point de vue narratif est celui d’un garçonnet, Bruno, né en 1934 et habitant à Berlin dans une belle maison de cinq étages. Il vit là avec Père, Mère, et sa sœur Gretel qui aura bientôt treize ans. Son univers est calme, serein, protégé. Il n’y a guère que Gretel avec laquelle il ne s’entende pas (il la considère comme un cas désespéré). Il admire son père, personnage autoritaire qui règne sans contestation sur la famille et les domestiques. Tout va pour le mieux pour Bruno, jusqu’au jour où il trouve Maria, la bonne, en train de préparer ses affaires : la famille va déménager. Tous vont partir pour une nouvelle maison, à cause du travail de Père. Une personne très importante est venu le voir la semaine précédente, le Fourreur (« the Fury » dans le texte original) – c’est-à-dire le Führer. C’est à la suite de cette visite que la mutation de Père a été décidée. Bruno est triste de quitter ses amis, ses grands-parents, la maison où il a toujours vécu.

Sa nouvelle demeure déplaît souverainement à Bruno. Elle n’est pas en ville, mais au milieu de nulle part, à la campagne. Elle n’a que trois étages : c’est très petit pour lui. Il n’a pas d’amis, et il n’est pas question qu’il joue avec sa sœur qui passe son temps à ranger ses poupées et qui, de toute façon, le méprise car il n’a que neuf ans. L’endroit est décidément désagréable, car la vue qu’offre la fenêtre de sa chambre n’a rien de plaisant. On voit une longue barrière faite de hauts poteaux tendus de fil barbelé. Derrière ces fils, il y a de laides baraques, toutes identiques, et entre ces baraques des soldats, comme Père, et des gens, des centaines de gens tous vêtus du même costume, un pyjama rayé. Ils en ont de la chance de pouvoir rester en pyjama toute la journée ! Et les enfants qu’il voit sont nombreux, ils peuvent jouer entre eux. Ce n’est pas comme lui, pauvre Bruno, qui est tout seul. Non, Bruno n’aime décidément pas cet endroit, dont il n’arrive même pas à prononcer le nom. Pour lui, sa maison s’appelle Hoche-Vite (« Out-With » dans le texte original) – on devine donc Auschwitz.

Bruno ne fréquente aucun enfant, et les adultes qui l’entourent sont bien peu plaisants. Il y a Père, bien sûr, qui porte un magnifique uniforme. Quand il n’est pas de l’autre côté de la barrière, il est enfermé dans son bureau, où ses enfants n’ont pas le droit d’entrer. Mère est là, mais elle n’est pas heureuse d’être à Hoche-Vite. De nombreux soldats vont et viennent dans la maison, et ils obéissent tous à Père. Il en est un que Bruno n’aime pas du tout, le lieutenant Kotler. Gretel a beau minauder devant le jeune lieutenant blond, Bruno le trouve antipathique et perçoit en lui quelque chose de mauvais. Il y a M. Liszt, le précepteur, qui n’enseigne pratiquement que de l’Histoire, afin de décrire aux enfants, dit-il, les torts dont a été victime le peuple allemand. Il y a les domestiques aussi, comme Maria, qui est venue de Berlin avec eux. Et chaque jour un homme vient éplucher les légumes et servir la famille à table. Il s’appelle Pavel. Il habite par delà la clôture barbelée.

Un jour, Bruno décide de fabriquer une balançoire avec une corde et un pneu. Il joue, tombe et se blesse. C’est Pavel qui le ramasse et le soigne gentiment, avec des gestes précis et efficaces. Bruno l’interroge et l’homme lui confie qu’il était docteur, autrefois. Bien sûr, Bruno ne croit pas à cette absurdité : pourquoi un docteur serait-il majordome ? Mais il est reconnaissant, et il est donc profondément choqué quand le lieutenant Kotler, un soir, brutalise violemment le pauvre Pavel qui a fait tomber une bouteille de vin.

Bruno songe… il se remémore la visite du Fourreur, ce petit bonhomme mal élevé qui porte une ridicule moustache. Il songe aussi à ses grands-parents, à l’horrible dispute entre Père et grand-mère, les reproches que celle-ci lui avait adressés, les phrases terribles sur le travail que Père exécute pour le Fourreur. L’ennui pousse Bruno à se livrer à son jeu favori : l’exploration. Il décide de braver l’interdiction et de quitter la maison pour marcher le long de cette immense barrière qu’il voit depuis sa chambre. Au bout d’une longue marche, il discerne une silhouette au loin, qui se rapproche et devient un petit garçon vêtu du fameux pyjama rayé. Les deux garçonnets sont bientôt face à face, seulement séparés par la clôture de fil barbelé. Enfin ! Bruno rencontre un enfant de son âge ! Malgré les risques encourus, ils décident de se rencontrer aussi souvent que possible.

Le petit garçon se nomme Shmuel. Bruno et lui sont nés le même jour, quelle coïncidence ! Shmuel est polonais et habite de l’autre côté de la barrière. Bruno l’envie car il voit d’autres enfants, lui. Pourtant, Shmuel ne semble pas enthousiasmé par la vie qu’il mène par delà la clôture, au contraire. Il est maigre, sale, et ne sourit jamais. Il garde un silence prudent sur ce qui se passe autour des baraquements, tandis que Bruno se plaint haut et fort de la vie qu’il mène, lui, à Hoche-Vite. Il constate quand même que Shmuel ne mange pas aussi bien que lui, alors il lui apporte parfois quelques restes de ses repas. Le père de Shmuel, qui habite lui aussi derrière la clôture, était horloger. Un jour, les soldats ont forcé tous les membres de la famille à porter une drôle d’étoile, et puis ils ont dû déménager pour aller habiter dans une seule pièce, qu’ils devaient partager avec une autre famille. Cela, Bruno a du mal à le croire. Deux familles dans une seule pièce ? Shmuel exagère, sans doute.

Malgré les différences, une grande amitié prospère entre les deux enfants. Pourtant, cette amitié va être mise à mal quand un jour Bruno a la surprise de trouver Shmuel chez lui, occupé à nettoyer des verres dans la cuisine. Tout content, il s’installe auprès de son ami et lui offre à manger. Shmuel est visiblement terrorisé à l’idée d’accepter, mais la faim est la plus forte : il mange. Survient alors le lieutenant Kotler, qui accuse Shmuel de vol avec une rare violence. Shmuel se défend et déclare piteusement que Bruno est son ami, ce que Bruno nie. Shmuel ne revient que huit jours plus tard au point de rendez-vous, le visage bleui de coups. Il accepte pourtant les excuses de Bruno et, pour la première fois, les deux amis se serrent la main.

Les mois passent. Un jour, Shmuel se présente au rendez-vous en larmes : son père a disparu ! Bruno pourrait-il l’aider à le retrouver ? Bruno accepte. Shmuel se procure un pyjama rayé à la taille de Bruno. Ils soulèvent les barbelés, Bruno pénètre enfin dans cet endroit qui l’attire tant. Ce qu’il voit le stupéfie : des soldats hurlent et menacent des groupes de gens en pyjamas, qui ne se défendent pas et qui sont terrifiés. Alors qu’ils marchent dans le camp, les soldats rassemblent soudain un grand nombre de porteurs de pyjamas. Shmuel et Bruno font partie du lot. On les pousse vers un escalier, qui mène à une pièce sans fenêtre. Bruno saisit la main de Shmuel, et sait que quoi qu’il advienne, il ne lâchera pas la main de son meilleur ami. Pas même dans le chaos qui éclate soudain.

Les recherches pour retrouver Bruno ne donneront rien. Il a disparu sans laisser de trace, comme les milliers d’enfants juifs disparus à Auschwitz.

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