Le grand Meaulnes

par

La dimension autobiographique du roman

Pour écrire son histoire, l’auteur s’est inspiré de certains éléments de sa propre vie. Cependant, les aventures qui nous sont narrées ne sont pas toutes vraies, la plupart ne sortant que de l’imaginaire de son auteur.

A. L’utilisation de lieux communs

Pour créer le cadre de son livre, Alain Fournier a utilisé des éléments qui lui étaient familiers : l’histoire se déroule dans la région du Berry, et plus particulièrement dans le Cher, son département de naissance. Le village où il est né, la Ferté-Angillon, est également le lieu de naissance de son jeune héros, Augustin. Par ailleurs, si le domaine des Sablonnières n’existe pas, le paysage décrit est fortement inspiré de la Sologne, et son nom provient d’un hameau situé à la sortie de son village natal. On constate donc l’utilisation évidente d’une géographie personnelle pour bâtir le village, un cadre réaliste auquel le lecteur peut se référer et où évolueront ses personnages.

B. La vie amoureuse de Fournier

Si la rencontre du Grand Meaulnes avec Yvonne de Galais se déroule au domaine des Sablonnières, Alain-Fournier rencontre Yvonne de Quiévrecourt à Paris, ville où Meaulnes partira à la recherche de Valentine. Pour écrire la rencontre de ses deux personnages, l’auteur s’est largement inspiré de sa vie puisque les dialogues décrits sont identiques à ceux tenus entre lui et la jeune fille. De plus, il est évident qu’il a simplement changé le nom de famille de la belle demoiselle pour raconter son histoire. Tout comme Yvonne de Galais, Yvonne de Quiévrecourt est blonde, élancée et accompagnée d’une vielle dame à son bras. Alain-Fournier la suivra jusqu’à un bateau où il embarquera à ses côtés. Plusieurs fois de suite il viendra sous ses fenêtres, jusqu’à la croiser pour de bon. C’est alors qu’il lui glissera à l’oreille : « Vous êtes belle », soit exactement la phrase qu’il fait dire à son jeune héros. Mais contrairement à Augustin qui pourra épouser celle qui le subjugue tant, l’auteur ne reverra jamais Yvonne de Quiévrecourt.

On peut également comparer la liaison qu’entretiendra Alain-Fournier avec Pauline Benda, femme de son employeur et ami, à celle qu’entretiendra Augustin Meaulnes avec Valentine, fiancée de son ami dévoué, Frantz. Ainsi donc, beaucoup d’éléments autobiographiques ont été repris par l’auteur pour écrire son roman. Il lui tenait à cœur de mettre dans cette histoire ses souvenirs d’enfance les plus chers. Le récit ne peut bien sûr pas pour autant être qualifié d’autobiographique.

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