Le Journal d’un monstre

par

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Richard Matheson

Richard
Matheson est un écrivain et scénariste américain né en 1926 à Allendale (New
Jersey) et mort en 2013 à Calabasas (Californie). Il est spécialisé dans les
genres de la science-fiction et de l’horreur. Plusieurs de ses œuvres ont été
adaptées pour la télévision ou le cinéma. À sa mort, Steven Spielberg, lui
rendant hommage, le place aux côtés de Ray Bradbury et d’Isaac Asimov.

Il est
issu d’une modeste famille d’immigrés norvégiens. Il grandit à New York dans le
quartier de Brooklyn, où il étudie dans un lycée spécialisé dans les sciences
et l’ingénierie. Il est soldat dans l’infanterie pendant la fin de la Seconde
Guerre mondiale, puis il reprend ses études et obtient un diplôme de
journalisme à l’université du Missouri à vingt-trois ans. Il part pour la
Californie deux ans plus tard.

L’intérêt
du jeune Richard pour la littérature fut très précoce, puisqu’il publie dès ses
huit ans une nouvelle dans un journal local, The Brooklyn Eagle. Sa première nouvelle publiée en tant qu’adulte figure
en 1950 dans The Magazine of Fantasy and
Science Fiction
(F&SF). Le Journal d’un monstre (Born of Man and Woman) a pour narrateur
un enfant de huit ans que ses parents tiennent reclus dans la cave de la maison
et qu’ils battent régulièrement. Celui-ci s’exprime dans son journal dans un
anglais déformé. Il observe à l’occasion le monde extérieur à travers une
lucarne, et parfois sa jeune sœur qui ignore son existence. C’est au fur et à
mesure du récit, à travers les descriptions de l’enfant, que le lecteur
comprend à quel point il est physiquement différent des autres ; il évoque
par exemple son nombre de jambes vers la fin du récit seulement. En 1970, la
Science Fiction Writers of America distingue la nouvelle, qui sera publiée dans
l’anthologie The Science Fiction Hall of
Fame, Volume One, 1929-1964
. Elle est d’abord traduite en français en 1955
par Alain Dorémieux. Dans sa version corrigée par l’auteur en 1977, elle est
retraduite par Jacques Chambon qui lui donne son titre français actuel, et
insérée dans la première partie de l’intégrale des nouvelles de Matheson qui
paraît en 1999 chez Flammarion.

Toujours
en 1950, Richard Matheson publie ses histoires dans le mensuel Galaxy Science Fiction, comme La Troisième à partir du soleil (Third from the Sun), qui paraît dans le
premier numéro du périodique. Il s’agit de l’histoire d’un scientifique qui
prépare, avec un collègue, sa fuite et celle de sa famille à bord d’un vaisseau
spatial expérimental, dans un contexte de guerre nucléaire imminente. Après
quelques embûches, ils parviennent à embarquer à destination d’une planète
lointaine de onze millions de miles, « la troisième planète » du
système solaire : la Terre. Cette histoire sera reprise pour le
quatorzième épisode de la première saison de la série américaine The Twilight Zone en 1960.

Richard
Matheson publie son premier recueil de nouvelles en 1954, du nom de sa
première, Born of Man and Woman. Robert
Bloch (1917-1994), l’auteur de Psycho
qui a inspiré Hitchcock pour son film, en écrit l’introduction. Ce recueil
réunit d’autres nouvelles préalablement publiées dans divers périodiques dont F&SF, Galaxy, Thrilling Wonder
Stories
, Startling Stories, Fantastic Universe ou Beyond Fantasy Fiction.

De 1951 à
1970, Richard Matheson publie des dizaines de nouvelles mêlant des éléments de
différents genres, entre la science-fonction, l’horreur et le merveilleux. Ces
travaux s’avèrent très variés dans leur conception. Certains sont simplement
des esquisses aboutissant à un retournement final, comme La Troisième à partir du soleil, Deadline (1959) ou Button,
Button
(1970). D’autres nouvelles s’étendent davantage sur la psychologie
des personnages et peuvent accorder de longs passages à la description des
méandres des dilemmes où ils sont plongés, comme dans Trespass (Violation de
propriété
 ; 1953), Being (1954)
ou Mute (La Muette ; 1962). Richard Matheson peut aussi se faire
satirique et utiliser un humour loufoque pour dénoncer les clichés de genres
littéraires qu’il apprécie par ailleurs. L’auteur à cette occasion mime une
prose boursouflée qui a peu à voir avec son style dépouillé coutumier. C’est le
cas dans The Doll that Does Everything (La Poupée à tout faire ; 1954) ou The Funeral (L’Enterrement) l’année d’après.

Un des
thèmes de prédilection de Richard Matheson est la paranoïa. Il met en scène des
personnages dont l’environnement, dans leur quotidien, devient étrange et
menaçant, sans qu’ils en comprennent les raisons. On retrouve cette situation
dans Mad House (La Maison enragée ; 1953), The
Curious Child
(L’Enfant trop
curieux 
; 1954) et surtout Duel (1971), nouvelle dans laquelle un
représentant en informatique, qui a doublé plusieurs fois un même camion poids
lourd, pense sa vie menacée par son conducteur. Le texte sera adapté pour la
télévision par Matheson lui-même ; le téléfilm est alors réalisé par un tout
jeune Steven Spielberg, d’à peine vingt-cinq ans.

Richard
Matheson a eu une carrière de scénariste fructueuse ; il a notamment écrit
plus d’une douzaine d’épisodes de la série The
Twilight Zone
. Il travaillera aussi a plusieurs reprise avec Roger Corman
pour ses adaptations à l’écran des œuvres d’Edgar Allan Poe.

Il publie
son premier roman, Someone Is Bleeding,
en 1953, et en publiera plus d’une vingtaine jusqu’à sa mort. Parmi les plus
connus, figure Je suis une légende (I Am Legend), publié en 1954, où le
protagoniste, Robert Neville, se retrouve le dernier survivant d’une pandémie
qui a transformé l’humanité en une foule de zombies-vampires contre lesquels il
se défend. Le roman sera adapté plusieurs fois à l’écran. Il est à l’origine de
la multiplication des œuvres mettant en scène des zombies et de celles basées
sur le concept d’une apocalypse dérivée d’une maladie – c’est en effet un
bacille qui a infecté les zombies de Je
suis une légende
.

En 1956
Matheson publie L’Homme qui rétrécit (The Shrinking Man), qui met en scène
Scott Carey, un homme qui rétrécit d’un septième de pouce par jour après avoir
été exposé à un nuage radioactif et à de l’insecticide. À nouveau, l’œuvre de
Matheson est adaptée au cinéma, en 1957 et en 1981.

Par
nombre de ses nouvelles, Richard Matheson fait entrer le fantastique dans une
nouvelle ère ; dépassant le surnaturel gothique, l’horreur naît dans ses
œuvres de petits détails du quotidien. Ses récits, très variés de par leurs
structures narratives et leurs thèmes, sont marqués du sceau Matheson à travers
une certaine forme d’humour macabre. Ses œuvres, comportant des images
frappantes, semblent appeler une adaptation visuelle, et certains films majeurs
seront inspirés de ses textes. Des célébrités comme Stephen King, George A.
Romero ou Anne Rice l’ont cité comme source d’inspiration.

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