Le Journal d’un monstre

par

Un style d’écriture qui accentue le décalage

Dans son récit, l'auteur nous présente une narration peu commune. A la manière d'un journal intime (d'où le titre Le journal d'un monstre), le lecteur est confronté à un point de vue interne. Mais ce point de vue n'est pas classique : en effet, le narrateur manque cruellement d'éléments de compréhension quant au monde qui l'entoure, il a des lacunes par rapport au vocabulaire qu’il faudrait employer ou encore aux règles syntaxiques. On peut donc observer un vocabulaire simpliste, avec parfois une explication de la situation quand le mot à employer est inconnu (« […] le blanc qui tombe là-haut quelques fois »), des constructions de phrases souvent incorrectes, qui peuvent rendre la lecture quelque peu compliquée. Ainsi, on peut lire cette phrase : « Qu’est-ce qui est tombé il a dit. Elle a dit : rien un plateau. ». Ici, le passage du discours direct à la narration ne se fait pas ; il n'existe aucun signe distinctif pour les partager car le narrateur ne précise pas à quel moment ce qui est écrit appartient à la parole et à quel moment cela fait partie de la description. Le lecteur peut également noter la transcription de paroles en phonétique, ce qui montre une certaine incompréhension de la part du narrateur : « ohmondieu mondieu ». La séparation entre les mots n'est pas effectuée, le narrateur comprend cet ensemble comme un seul mot : en effet, il n'a jamais vu cette expression et ne connaît donc ni sa portée ni son écriture. Les phrases sont courtes, hachées, et donnent un effet laconique au texte. « Il est venu et il a dit c’est donc si lourd que tu as besoin. Et puis quand il m’a vu il est devenu laid. Il y a eu la colère dans ses yeux. Il m’a battu. Mon liquide a coulé d’un bras. Il a fait tout vert par...

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Dissertation à propos de Le Journal d’un monstre