Le Livre de ma mère

par

L’amour maternel

Comme l’indique le titre del’œuvre, Le Livre de ma mère est unrécit presque entièrement axé sur la personne de la mère de l’auteur. Elle yest présentée à travers les souvenirs de son fils, qui passe en revue plusieurspériodes de son existence. Depuis sa tendre enfance jusqu’à l’âge adulte, lavie du fils subit bien entendu des inflexions, mais l’amour maternel reste uneconstante, dans un monde où chaque homme n’a d’importance que pour lui-même, oùchacun ne se dévoue qu’à sa propre cause – à l’exception des mères qui sedévouent à leurs enfants.

« Siheureuse, ma chérie qui marchait déjà péniblement, déjà guettée par la mort. Siheureuse de se dépouiller pour moi, de me donner les billets de banque qui, enquelques jours, allaient flamber dans mes jeunes et prestes mains, rapides àdonner. »

On découvre d’abord la mère« servante » qui se dévoue continuellement à son fils, son prince.Elle est présentée comme l’ange gardien qui reste au chevet de l’enfant malade,la femme toujours attentive aux besoins de sa progéniture. C’est la mèrenourricière, protectrice et loyale qui est célébrée dans l’ouvrage de Cohen, lamère qui se sacrifie au profit de son enfant et qui lui donne plus qu’elle nes’autorise à avoir. L’amour maternel est donc, à travers les écrits de Cohen,un amour inébranlable, infatigable et inconditionnel.

Et quelle que soit la mère, quelque soit le fils, cet amour que l’auteur présente au lecteur est supérieur àtoutes les autres formes d’affection. Cet amour, cette dévotion de la mère pourl’enfant surpasse les amours frivoles et les passions éphémères.

«Ils s’adorent, ils pleurent, ils se donnent de ces abominations de baisers surla bouche, et un an après ils divorcent ! Alors, où est l’amour ? Cesmariages qui commencent par de l’amour, c’est mauvais signe. Ces grandsamoureux, dans les histoires qu’on lit, je me demande s’ils continueraient àaimer leur poétesse si elle était très malade, toujours au lit, et qu’il soitobligé, l’homme, de lui donner les soins qu’on donne aux bébés, enfin tu mecomprends, des soins déplaisants. Eh bien, moi je crois qu’il ne l’aimeraitplus. Le vrai amour, veux-tu que je te dise, c’est l’habitude, c’est vieillirensemble. Tu les veux avec des petits pois ou avec des tomates, les boulettes ?»

À travers Le Livre de ma mère, c’est l’union affective entre le fils et lamère qui est analysée, que ce soit à travers les soins qu’elle lui prodiguelors de son enfance, l’inquiétude perpétuelle qu’elle manifeste pour la santédu fils, ou les lettres qu’elle envoie pour garder le contact, pour maintenirle lien ombilical malgré la distance. Ainsi, la mère fait un sacerdoce del’amour qu’elle porte à son fils, et tout ce qu’elle fait pour lui, elle lefait avec une dévotion particulière. Elle ouvre sa boîte aux lettres plusieursfois par jour, espérant toujours une missive du fils adoré. Elle est dite une « reine de Sabadéguisée en bourgeoise », qui s’est faiteesclave de son fils.

C’est cet amour à nul autrepareil dont le narrateur fait le deuil dans le récit.

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