Le Livre de ma mère

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Résumé

Le Livre de ma mère est un romanautobiographique d’Albert Cohen dans lequel il retrace son enfance et rendhommage à sa mère comme le titre l’indique. Il exprime le désarroi qu’il aressenti lors de la mort de sa mère, qui le plonge dans une période de quasi-dépression.Ses souvenirs sont précis, l’auteur se rappelle des moments passés avec elle,et le réconfort qu’elle lui apportait. Il fait également le point sur sa vie àtravers quelques bribes de son existence et il sent la mort se rapprocher,étant donné qu’il écrit ce livre à presque 80 ans. Il fut publié en 1974.

Au début du roman, l’écrivain est face à son bureau, munide sa plume et d’une page blanche ; il veut faire revivre sa mère. AlbertCohen raconte son enfance, et particulièrement ses relations avec sa mère, tantdans la vie quotidienne que dans l’idéal qu’il s’en est fait. Par exemple, samère faisait tous les vendredis un discours dont il se souvient encore, pour lesabbat ; il se remémore son accent, et le poids de la religion dans sonéducation.

Albert Cohen, qui écrit ce roman alors qu’il est déjàassez âgé se souvient encore de détails très précis ; il se souvient quesa mère, tout en cuisinant, l’interrogeait sur ses relations amoureuses, surses amis de Genève, ou encore sur la manière dont il pratiquait sa religion.

Albert Cohen était juif, ce qui n’empêchera pas sesparents de l’envoyer chez les sœurs lors de leur arrivée en France à Marseille.Ils durent quitter Corfou en Grèce pour la France suite à des pogroms alors qu’Albertétait tout jeune. Sa mère née en Israël se retrouvait encore plus déracinée.Puis Albert ira au lycée dès l’âge de 10 ans quand son père gagnerasuffisamment bien sa vie.

Sa mère est dépeinte comme une femme qui a dédié sa vie àson fils. Loin de ses racines orientales, elle n’eut jamais vraiment d’amis enFrance et comme son mari travaillait, et que la famille Cohen ne fréquentaitquasiment personne, elle fut une femme très seule. C’est ainsi qu’elle a toutdonné à son fils, représentant son bonheur et ses craintes – il était à peuprès tout pour elle. Albert se souvient que sa mère l’idéalisait, elle voyaiten lui un garçon parfait, beau, intelligent. Elle aimait à le soigner les foisoù il tombait malade ; il ne se gênait donc pas pour la réveiller enpleine nuit et lui demander de cuisiner pour lui ou de lui préparer desremèdes, sans considération pour son sommeil.

Ce dévouement n’a pas cessé lorsque son fils devint undiplomate, vivant à Genève : sa mère était toujours prête à venir lui rendrevisite s’il le désirait ou s’il était un peu malade, déployant ainsi un amouret une dévotion sans limite. Elle prenait des nouvelles régulièrement à proposde son travail, de ce qu’elle lisait dans la presse. De plus, tous les étés samère venait le voir à Genève, afin de ne pas rester seule durant les beauxjours ; il se dit alors qu’il aurait dû la présenter à ses amis suisses ouqu’il aurait dû se montrer plus chaleureux face à la tristesse de sa mère quandelle rentrait. Albert était conscient que sa mère était prête à tout pour luiet avoue en avoir abusé.

Albert fait comme un repentir : il se souvient aussiavoir été désagréable avec sa mère, à propos de ses manies qui l’agaçaient, etil la jugeait, intransigeant et sans pitié avec elle. Il lui reprochait sonmanque d’organisation derrière l’ordre apparent qu’elle donnait à voir : « Commeje faisais allusion à ce désordre revenu, elle eut un sourire d’enfant coupable.”Tout cet ordre, me dit-elle, les yeux baissés, ça m’embrouillait. Mais situ veux, je recommencerai à classer.” » ou encore de ne jamais setenir aux résolutions qu’elle prenait, notamment quant aux régimes qu’ellevoulait suivre.

Il se sent coupable de l’avoir maltraitée en un sens, enraison de son amour parfois maladroit. Il se souvient également de propos dursà son encontre un soir où, ne le voyant pas revenir, elle s’était inquiétée etavait appelé la femme chez qui il dînait, ce qui avait énervé son fils, jugeantsa mère trop protectrice et possessive.

L’autre chose, bien plus importante, c’est qu’à la mortde sa mère, il constate que « les fils ne savent pas que leurs mères sontmortelles », et il regrette de ne pas avoir profité de sa mère davantage.

L’auteur exprime la honte qu’il ressent à avoir négligésa propre mère au profit de jeunes femmes qu’il fréquentait à l’époque, commelorsqu’il l’avait laissée patienter des heures durant dans un parc, car ilétait en charmante compagnie. Tout ceci lui semble futile. Il a encore plushonte d’avoir fait pleurer sa mère un jour du fait d’un comportement indigne. Ilse rend compte qu’il a été ingrat trop souvent, et que sa mère lui manque. Ilaurait aimé lui dire certaines choses, qu’il écrit, se sentant coupable de nepas lui avoir montré plus d’amour, en retour de tout celui qu’il recevaitd’elle.

Il se remémore aussi tous les efforts qu’elle faisaitpour maintenir son intérieur propre malgré la pauvreté des meubles ou desrideaux, avoir une belle apparence, faire une cuisine parfaite et ce mêmelorsqu’elle est tombée malade.

Sa mère apparaît peu à peu comme l’amour de sa vie, commeun amour qu’il aurait manqué, dont il n’aurait pris conscience que trop tard,une fois qu’elle eut disparu. La question qui se dessine est de savoir s’il vapouvoir être heureux à nouveau, s’il peut vivre ainsi désormais que sa mère,amour de sa vie, a disparu à jamais, elle la seule avec qui il pouvait êtresincère : « Avec ma mère, je n’avais qu’à être ce que j’étais, avecmes angoisses, mes pauvres faiblesses, mes misères du corps et de l’âme. Ellene m’aimait pas moins. Amour de ma mère, à nul autre pareil. »

Il semble se demander s’il peut ou s’il veut encorevivre, cet amour ayant disparu de sa vie. D’ailleurs, l’auteur se demandepresque si le divin existe vraiment, tant l’amour qu’il éprouve pour sa mèreest grand, et tant il serait prêt à tout pour rejoindre sa mère, la retrouver ànouveau : « Dans ses yeux, il y a une folie de tendresse, une divinefolie. C’est la maternité. C’est la majesté de l’amour, la loi sublime, unregard de Dieu. Soudain, elle m’apparaît comme la preuve de Dieu ».

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