Le maître et Marguerite

par

Approche personnelle : un roman dans le roman

Le Maitre et Marguerite est divisé en trois parties principales, et chaque sous-partie est une histoire unique en elle-même. Bien que les histoires semblent diverger, leurs différences est ce qui les rend unique, et éventuellement elles se retrouvent toutes connectées à la fin du roman et évoluent ainsi dans le même lieu, en même temps et possèdent les mêmes personnages.  

Dans la première partie, le roman s’ouvre par la conversation innocente que Woland (Satan) entretient avec Berlioz, un athée notoire. Le démon essaie de saisir les vue de ce bureaucrate quant à l’existence de Dieu. L’action ici se déroule à Moscou, et l’on découvre aussi comment l’équipe maléfique de Woland s’attaque aux notables de la société et sème le trouble. Le jeune poète Ivan Biezdomny essaie en vain de cesser l’anarchie causée par Woland et ses acolytes, mais il finit par être considéré comme un fou et se fait alors jeter dans un asile psychiatrique (le même asile dans lequel seront abandonnées toutes les autres victimes des farces de la troupe maléfique, ainsi que le Maitre, livré à déception).

La deuxième partie de situe à Jérusalem, et c’est là que le lecteur revit la scène de trahison de Yeshoua ha-Nozri, par Yehuda de Cariot, qui agit comme intermédiaire pour sa livraison à Ponce Pilate. Bien que Ponce Pilate ne voie aucune raison de faire crucifier Yeshoua ha Nozri, il le livre quand même aux mains du peuple, qui décide de le faire tuer. Boulgakov met ainsi en question quelques aspects de la foi chrétienne. Ponce Pilate, serait un homme juste et intègre, et l’on ne s’attendrait donc pas à ce qu’il commette un tel acte. Mais sans doute était ce pour la réalisation ultime du plan de Dieu.

C’est dans la troisième partie que le personnage de Marguerite – bien-aimée du Maitre – entre en action. On apprend beaucoup plus sur elle, ses motivations, son désespoir, sa haine envers les notables, son amour infini pour le Maitre et son abandon à Woland. Satan lui offrira de nouveaux pouvoirs en échange de sa vie, et elle deviendra sa maitresse de maison. Lors du bal de minuit (scène du Vendredi Saint), elle se tient aux cotés de Satan et accueille chaleureusement les figures les plus haut-placées de la société soviétique alors qu’ils traversent d’un pas cadencé les portes de l’enfer. Elle autorise même les pires brigands – sous ordre de Satan – à lui baiser le genou et à la célébrer comme Reine du Bal. En reconnaissance pour son bon travail, Satan lui offre de réaliser un de ses vœux les plus chers. C’est ainsi qu’elle l’implore de la laisser retrouver son amant le Maitre dans la misère dans laquelle il vit, et de l’aimer pour toujours. Le couple est donc empoisonné par Azazello et quitte Moscou aux côtés du Diable, le dimanche de Pâques.

Boulgakov mélange comédie, liturgie et politique dans cet ouvrage sensationnel qui, d’une part vise à libérer les écrivains du conformisme littéraire auquel ils étaient assujettis (comme il le déclare si bien dans son œuvre : «Un écrivain ne se définit pas du tout par un certificat, mais par ce qu'il écrit. ») ; et d’autre part remettre en question le sens de morale dans la société russe de 1930 et dans la religion chrétienne. 

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