Le Roi des aulnes

par

Abel Tiffauges

Abel Tiffauges est le personnage principal de l’œuvre. Garagiste, puis conducteur de camions, il commence par nous raconter son enfance au pensionnat Saint-Christophe, où la vie n’est pas facile pour lui. Il est le souffre-douleur, chétif et isolé, des autres pensionnaires, jusqu’à ce que Nestor, un camarade de classe, ne se mette en devoir de se charger personnellement de son éducation et de son affirmation. Par cet apprentissage initiatique, Abel va sentir se développer en lui des penchants qu’il possédait et qui ne demandaient qu’un prétexte pour se révéler au grand jour. Il apprend donc à Saint-Christophe la soumission et le plaisir que celle-ci lui procure, ainsi que d’autres pratiques défiant les lois de la morale.

Abel éprouve sans cesse le besoin de collectionner les choses, de se les approprier, de les faire siennes. Il exprime ce penchant en rôdant sans cesse autour des écoles où il développe une attraction malsaine pour les enfants, mais dédaignant tout contact physique, se contentant d’être fasciné par les effluves qui se dégagent d’eux. Par exemple, il se repaît de la sensation de la chevelure des enfants, et en garnit sa taie d’oreiller afin de dormir sur un matelas de chevelure enfantine.

Il rassemble et constitue une véritable palette de morceaux d’enfance : enregistrements auditifs de cris d’enfants jouant dans la cour de récréation, photos. Cette période se voit finalement cesser quand Abel est envoyé en prison, accusé du viol d’une fillette. Cependant, il nie tout désir de contact charnel ou de viol envers eux. En effet, il estime son « œuvre » comme étant haute et presque spirituelle, s’attachant à retrouver cette innocence enfantine. Ainsi, il affirme que des contacts physiques entacheraient celle-ci, que de telles actions « emprunteraient fatalement les voies faciles et toutes tracées soit de la paternité soit du sexe. Ma vocation est plus haute et plus générale. »

Il s’assimile ainsi au porteur d’une mission à accomplir, que seule la prison parvient à arrêter. Mais ce besoin de collectionner les choses se retrouvera plus tard dans sa colombophilie. Envoyé en France comme soldat de l’armée allemande, il effectue des visites dans les colombiers des zones rurales afin de s’approprier les plus beaux spécimens, les plus gras, les plus resplendissants.

Son besoin d’amasser des objets, des éléments de conquête, trouve son paroxysme lorsqu’il devient responsable du recrutement d’enfants au sein d’une napola, une école militaire allemande. Ainsi, il peut donner libre cours à son penchant, mais c’est ce qui finalement va lui faire prendre conscience qu’il est infiniment différent des nazis pour qui il travaille.

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