Le Roi des aulnes

par

Ephraïm

Ephraïm est un jeune garçon juif enfermé dans un camp lituanien. Abel Tiffauges, alors connu comme l’Ogre de Kaltenborn, décide de le sauver après avoir pris conscience que les quatre cents jeunes recrues qu’il a kidnappées ne reviendront pas vivantes du combat. Ephraïm représente le symbole vivant du revirement de situation, de la prise de conscience d’Abel de ce que son opinion quant à la recherche de perfection diverge largement de celle des nazis. En effet, le petit Ephraïm est la pureté innocente, la pureté candide de l’enfance non tachée, celle-là même qu’Abel recherche en enregistrant des cris de jeux d’enfants sur son phonographe. Or, la pureté au sens où les nazis l’entendent n’a rien à voir avec cette conception et s’obtient par la force pure, la puissance physique et une supposée propreté, perfection du sang répondant à des critères plus que subjectifs.

Conscient de cette énorme différence, Abel décide de sauver Ephraïm. Il réitère alors un scénario déjà mis en œuvre de nombreuses années auparavant : il prend le petit enfant sur ses épaules pour lui faire traverser les marécages, tout comme il portait les enfants blessés autrefois, réitérant là son penchant pour le soutien, le fait de porter plus petit et plus faible que lui. Il ne se rend malheureusement pas compte qu’ils ne peuvent traverser les marécages en pesant le poids de deux au lieu d’un seul, et il tue Ephraïm dans sa lourdeur et sa maladresse, au lieu de le mettre en sûreté. Cela semble porter un point final à sa recherche de pureté parmi les enfants : il semble qu’il les contraint plus qu’il ne les sauve.

Cependant, cet épisode, de par la mort du protecteur et du protégé, montre qu’un revirement de mentalité est possible. Abel, qu’une incompréhension mène à la solde des nazis, comprend en voyant l’étoile jaune portée par l’enfant que la pureté s’atteint autrement, même s’il est désormais trop tard pour qu’il puisse s’en apercevoir.

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