Le Roi des aulnes

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Résumé

Michel Tournier a publié Le Roi des aulnes en 1970, roman pour lequelil a obtenu le prix Goncourt la même année. Le récit suit le destin dupersonnage principal, Abel Tiffauges, de son enfance à la défaite de la France,jusqu’à sa vie de prisonnier de guerre en Allemagne. Ce roman joue égalementsur la diversité des formes narratives ; ainsi le récit d’Abel Tiffaugesest tour à tour à la première, puis à la troisième personne. Quelles que soientles formes narratives utilisées par l’auteur, ce personnage est le pivotcentral de l’oeuvre.

 

Les premières pages dulivre s’ouvrent sur le journal intime qu’écrivait Abel Tiffauges et qu’ilnommait étrangement « Écrits sinistres ». Ce journal se présentecomme une forme d’écriture de soi et se situe aux antipodes du roman. Leromancier donne la parole au héros qu’il a inventé. Ce personnage rédige au fildes jours un texte à la première personne racontant l’histoire de sa vie.

Abel Tiffauges raconteainsi, à travers ce journal, son enfance frustrée par le manque de tendresse,son enfance de souffre-douleur et sa rencontre très importante avec Nestor.Celui-ci deviendra son protecteur et son initiateur à la lecture du monde àtravers les symboles. Dans son journal, il raconte également sa vie avant 1939,à Paris. Il est libéré du carcan éducatif et travaille dans un garage. Iltrouve des moments de bonheur grâce à son appareil photo en prenant des clichésd’enfants à la sortie de l’école, ou en écoutant simplement les « chantssymphoniques » des cours de récréation. C’est d’ailleurs à ce moment-làqu’il est accusé, à tort, du viol d’une jeune fille qu’il ramenaitrégulièrement de l’école. Le juge d’instruction le gracie car il préfère levoir mort au champ d’honneur que mort en prison. Le journal se clôt surl’épisode de son procès et de sa remise en liberté à cause de la guerre.

La seconde partie offre aulecteur un changement de perspective. Le récit bascule de la première personneutilisée pour le journal à la troisième personne, offrant ainsi unedistanciation narrative. Cette partie relate la participation d’Abel Tiffaugesà la guerre du côté français, en tant que soldat de seconde classe. Bien que cetype de communication soit déjà désuet à l’époque, il s’occupe des pigeonsvoyageurs, car c’est la fantaisie du commandant de la compagnie. Il est alorschargé du « rapt » et du vol des plus beaux pigeons de la région. Parla suite, lors d’une mission d’information avec le commandant Granet, il estcapturé et fait prisonnier par les Allemands.

La troisième partie relatesa captivité et ses déplacements à travers toute l’Allemagne et la Pologne. Ildécouvre une Allemagne qui s’enivre du romantisme de Goethe, et où tout ce quise passe est symbole. Il est d’abord prisonnier de guerre dans un camp, où ildevient un prisonnier zélé. Grâce à sa relative liberté due à la confiancequ’on lui porte, il peut passer quelques nuits dans une cabane dans la forêt.C’est là qu’il fait la connaissance de l’Oberforstmeister (« grand maîtredes forêts ») du domaine forestier de Rominter Heide (situé au sud-est de larégion de la Prusse Orientale).

Dans la quatrième partie,il rejoint la réserve de Rominten et devient aide-forestier. Il collecte lesdoléances des paysans, et il est chargé de l’abattage de chevaux au fond desbois. Plus tard, il assiste aux chasses du maréchal du Reich Göring, qui a unerésidence au domaine de Rominter. Il est alors particulièrement frappé par lapassion du maréchal pour les bois des cerfs. Il tombe amoureux de la forteressede Kaltenborn et la reconnaît comme un signe. Quand il est recruté commerabatteur à pied pour une grande chasse, il fait alors connaissance avec lecheval Barbe-Bleue, qui est une bête énorme. Quelque temps plus tard, ondémobilise les prisonniers français, et il demande alors à travailler à laditeforteresse. Il est accepté et part avec son cheval, qu’il considère comme sondouble.

Dans la cinquième partie,datée de 1943, il travaille dans l’ancienne forteresse devenue campd’entraînement de jeunes SOUS – ce camp est appelé « une Napola ».Après avoir été chargé du ravitaillement en nourriture, il est chargé du« ravitaillement » en enfants, fonction par laquelle il devient« l’ogre de Kaltenborn ». Il recrute de façon contrainte des enfantsdestinés à devenir des soldats. À la fin de la guerre, il devient l’un desseuls responsables de la forteresse et des quatre cents plus jeunes enfants,les plus âgés étant partis à la guerre. Lors de l’invasion soviétique, cesenfants dont il a la charge sont tués par les soviétiques en défendant laforteresse. Il sauvera cependant un enfant juif venu d’un camp de Lituanie quiva le faire reconnaître comme prisonnier français auprès des soldatssoviétiques. Il s’enfuit avec lui de la forteresse en le portant sur sesépaules et en lui tenant chaud, comme le ferait un père, mais il s’enlise dansles marécages et meurt avec lui.

 

À travers ce roman, MichelTournier emmène son lecteur à la découverte d’une tranche d’histoire de la vied’un homme emporté par les tourments de l’histoire du XXème siècle. Tourmentsaccentués par le jeu littéraire de la narration et le changement de perspectivedes passages à la première et à la troisième personne.

 

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