Le Roi des aulnes

par

Nestor

Nestor est le fils du concierge du pensionnat Saint-Christophe, le lieu de tous les maux d’enfance et d’adolescence d’Abel Tiffauges. Ce garçon incarne la parfaite antithèse physique d’Abel : alors que ce dernier est chétif, malingre, Nestor semble être un colosse, régnant avec despotisme sur ses camarades de dortoir. Alors qu’Abel est un être faible, dépendant, humilié et persécuté, Nestor incarne une forme de pouvoir qui va immédiatement séduire Abel, lequel va accepter avec reconnaissance et avidité la protection que le fils du concierge va lui procurer.

C’est une relation étrange, intéressée qui unit les deux jeunes garçons. Abel, trop heureux de profiter de la protection de Nestor, va découvrir à ses côtés par le biais de quelques expériences scatologiques des « plaisirs » sordides et une nouvelle source de satisfaction, jusque-là inconnue. Il va également se prendre au jeu de la soumission. À l’inverse, Nestor va trouver en Abel un vecteur à sa soif de pouvoir, à son rôle de dominateur.

Le rôle de Nestor s’arrête avec sa mort, lorsque le pensionnat Saint-Christophe se trouve incendié. Cependant, il semblerait que par cet apprentissage scabreux, une partie de Nestor soit demeurée en Abel, effectuant ainsi une transformation concrète en lui : « Est-il besoin de préciser à qui je dois cette force redoutable et inutile accumulée dans mes épaules et mes reins ? C’est évidemment l’héritage de Nestor. Si j’avais le moindre doute à ce sujet, cette terrible myopie qu’il m’a léguée de surcroît comme pour authentifier son héritage suffirait à me convaincre. C’est sa force qui gonfle mes muscles, de même que son esprit guide ma main sinistre. »

D’un physique malingre, celui-ci va en effet revêtir un aspect beaucoup plus bestial, et les pistes à suivre que Nestor aura agitées en l’esprit d’Abel vont continuer de l’aiguillonner, en allant croissant tel le germe d’un héritage indélébile.

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