Le Roman inachevé

par

La diversité comme esthétique : la liberté poétique

Le recueil du Roman inachevé étonne non seulement par son titre, mais aussi par sa forme. Les poèmes ne suivent pas une structure commune et exigeante, mais adoptent la forme qui s'adapte à leur thème. Le souffle et le rythme dominent donc, plus que la prouesse de la contrainte d'un rondeau, par exemple. À des poèmes très courts succèdent des poèmes de plusieurs pages, et des poèmes de cinq vers cohabitent avec d'autres qui n'ont pas de métrique fixe : « Il n'aurait fallu / qu'un moment de plus / pour que la mort vienne / mais une main nue  alors est venue / qui a pris la mienne » précède une autre pièce à la forme plus libre « Et la vie a passé le temps d'un éclair au ciel sillonné / J'écoute au fin fond de moi le bruit de mes propres pas s'éteindre / J'entends ma propre chanson qui se fatigue de se plaindre / Je compte tout bas sur mes doigts les jours les mois les années ».

Cette liberté profonde est un héritage du surréalisme, qui a brisé les contraintes et les règles qu'avait imposé à l'art la culture occidentale : selon André Breton, ces règles de création asphyxient l'imagination et l'expressivité. Aragon, ici, libère le vers et le poème pour que son expérience unique se coule dans un moule fait à sa forme.

Cette diversité peut aussi se voir dans les thèmes abordés, qui embrassent toutes les expériences d'une vie.

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