Le Roman inachevé

par

Le parcours d'un poète

Cette autobiographie revient aussi sur la vie poétique de l'auteur : la découverte de l'écriture et du groupe surréaliste entre autres. Il y confie son expérience personnelle de la création et de l'exaltation poétique. Le poème « Les mots m'ont pris par la main » retrace l'origine de la vocation littéraire d'Aragon qui ne se peint pas comme un génie ou un travailleur, mais qui veut expliquer comment la création littéraire s'est imposée à lui, comment les mots eux-mêmes ont fait de lui ce qu'il est : « Nous étions trois ou quatre au bout du jour assis / À marier les sons pour rebâtir les choses / Sans cesse procédant à des métamorphoses / Et nous faisions surgir d'étranges animaux / Car l'un de nous avait inventé pour les mots / Le piège à loup de la vitesse ». Dans ces quelques vers, Aragon évoque le groupe surréaliste et les exercices d'écriture qu'il avait inventés : « l'un de nous » désigne André Breton, qui avait conçu des jeux de vitesse, où l'écrivain notait le plus rapidement possible ses pensées afin de fixer les idées, brutes, sur la page, sans qu'elles aient été déformées par le besoin culturel d'ordonner ses mots. Les surréalistes essayaient ainsi de saisir le flux sauvage de la conscience, sans qu'elle soit déformée par une morale censoriale ou par une exigence de clarté intellectuelle qui refuse la spontanéité et le fouillis des idées.

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