Le Terrier

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Le terrier : le paradis du narrateur

Le narrateur aime son terrier plus que tout : il yaime le confort, les parfums, le juste milieu entre la chaleur et le froid,ainsi que la protection qu’il lui offre, en toute saison. On retrouve unvocabulaire tournant autour de ce sentiment de confort : « parfum »,« aise », « à mon aise », « jouir », « mereposer », « doux », « la paix », « désir assouvi »,« belles heures », « délices », « rêver », « béatitude »– « Le vent porte à l’intérieur le parfum de la forêt, il fait chaud etfrais à la fois. Parfois je m’étire et je me roule d’aise dans la galerie.Qu’il est beau d’avoir pareil terrier à l’approche du grand âge, d’avoir untoit au-dessus de la tête lorsque commence l’automne ! Tous les centmètres, j’ai élargi les galeries pour y loger de petites places rondes, je peuxm’y lover à mon aise, jouir de ma propre chaleur et me reposer. J’y dors dudoux sommeil de la paix, du désir assouvi, de l’objectif atteint – posséder sonchez-soi. » ; « les belles heures que j’ai coutume de passerdans les galeries… qui sont taillées à mes mesures et me permettent de m’étireravec délices, de me rouler au sol comme un enfant, de m’allonger pour rêver etde me réveiller dans la béatitude. »

On sent le besoin du narrateur de se sentir en sécurité,tant sur un plan physique que matériel : le fait de posséder un chez-soireprésente la propriété, élément de personnification de l’animal ; lenarrateur est comme établi dans la société : avoir pareil terrier àl’approche du grand âge, un toit, un chez-soi, posséder – tout cela ne va passans un sentiment de fierté. Il se dit « à l’apogée de sa vie »,comme s’il était, grâce à la fin des travaux de ce terrier, au sommet de sonexistence.

Cette fierté et cette propriété sont dues au travailénorme que le narrateur a dû fournir pour se construire ce terrier, c’est pourquoiil s’y sent si bien : « mon château, celui que j’ai arraché au solrécalcitrant à force de gratter et de mordre, de trépigner et de pousser, monchâteau, qui ne peut en aucune manière appartenir à un autre que moi ». Ceterrier, qu’il a totalement conçu à son image et à ses mesures exactes estpresque le prolongement de sa personne, il fait partie de lui. C’est pour celaqu’il s’y sent si bien et qu’il y vit seul : « Je suis seul dans mestunnels. C’est ma volonté. Pourquoi j’inviterais quelqu’un ? Il m’enchasserait et garderait mon œuvre pour lui seul. Ha ça non ! Je suis celuiqui a créé ce terrier. » Le narrateur semble apprécier le confort de sa solitude.

Cependant, on peut se demander à partir de quel moment lenarrateur est simplement heureux de posséder ce terrier, fruit du travail detoute une vie, et celui où il devient quasiment possédé par son abri, du faitde l’obsession qu’il engendre.

 

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