Le zèbre

par

Deuxième partie

Camille et ses enfants emménagèrent dans un appartement. Elle ne divorça pas, mais ne chercha pas à le revoir. Elle connut tout d'abord un sentiment de liberté, changea de coupe de cheveux, mais elle connut aussi la morosité de l'absence. La vie était ennuyeuse loin de l'extravagance du Zèbre, et elle se sentait seule. Elle rencontra un autre homme, divorcé, mais leur aventure ne dura pas longtemps, et elle s'aperçut qu'elle ne pouvait pas se donner à un « cheval de seconde catégorie ». Sa vie amoureuse se restreint à la lecture de romans du XIXe siècle, et elle résolut de se reposer en gardant une certaine distance avec le monde extérieur.

Gaspard, quant à lui, dépérissait. Il n'avait plus le goût à la fantaisie, et cessa même de travailler avec Alphonse sur leur hélicoptère en bois. Désespéré, il fabriqua une perruque de la même couleur et la même coupe que celle de Camille, alla voir une fille de joie et lui demanda de venir chez lui un soir, vêtue comme Camille et portant la perruque, pour faire revivre ses souvenirs. Il réécouta un ancien message téléphonique de Camille qu'il avait enregistré, et essaya de se convaincre qu'elle allait arriver. Mais quand arriva la fille déguisée en Camille, il la congédia. Il comprit que le jeu ne servait à rien, Camille était partie.

Les mois suivants furent blêmes. Il n'avait plus goût à rien, maigrissait, et se complaisait dans l'idée de sa mort prochaine. Son corps dépérissait et le confortait dans son idée. Il ne se reprenait que le week-end qu'il passait avec ses enfants.

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Dissertation à propos de Le zèbre