Les Amours jaunes

par

Ça

Si l’on devaitdécrire le recueil en quelques phrases, on se verrait confronté à un gouffre.Le recueil est très divers. Divers dans ses formes puisque Corbière varie à saguise, selon son envie, selon son sujet. Divers aussi dans ses sujets puisque,de la même manière, Corbière parle, sans censure, de ce qui lui plaît. Il esttotalement antiacadémique. Là où les Verlaine et Rimbaud s’amusaient parfois àprendre des formes et topoï classiques pour les pasticher, les détourner,Corbière lui agit dans son coin, avec les œuvres de Baudelaire, Musset et Hugosous le coude. On peut cependant identifier une sorte de trajet dans le recueil :on part du général, de l’indéfini, des thématiques que tous les poètes del’époque, voire tous les poètes de tout temps évoquent, pour se diriger versdes sujets beaucoup plus singuliers et iconoclastes.

            Dans la partie « Ça »,Tristan Corbière essaie de définir, en préambule, la nature de son recueil.Dans le premier poème, également titré « Ça », il fait un inventaire de tout ce qu’il pourrait êtreen démontant chacune des hypothèses par un bon mot. Il reproduit le même gestedans le troisième et dernier poème de la partie, « Épitaphe », où cette fois il essaie de se définir lui. Aumilieu de ces deux pièces, on a un « Paris » moins surprenant, qui joue avec la figure du poètemaudit (cette thématique est d’ailleurs centrale dans le recueil – Corbière necesse de l’utiliser avec un sens de l’autodérision qui manque à beaucoup depoètes) et évoque la ville lumière de manière distordue. 

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