Les Amours jaunes

par

Raccrocs

Le titre de cettepartie laisse songeur. Le terme « raccrocs » a plusieurs acceptionset on ne saurait pas vraiment dire à laquelle Corbière se rattache. Il est mêmeprobable qu’il se rattache à chacune d’entre elles. Raccroc est synonyme de racolage.Est-ce une manière de dire que c’est dans cette catégorie que les gens les plusbassement motivés trouveront satisfaction ? C’est ici en effet qu’on trouve lespoèmes les plus ludiques, les plus exotiques et les plus sexuels. Raccroc renvoie aussi et surtout àquelque chose qu’on réussit par chance et non par maîtrise. Est-ce une manièrede dire qu’il a composé ces poèmes au hasard, en se laissant aller au fil desmots ? Cette hypothèse est tout aussi valable que la précédente.

            On peut constater qu’il y a deuxmouvements dans cette partie. Dans un premier temps, on a une succession depièces, qui va de « Laisser-courre » à « Déjeuner de soleil »,où on discerne mal la cohérence. Il y a une unité en ce que les poèmes ont unetonalité similaire mais rien de plus. Par contre, ensuite, on sent trèsclairement une logique : Corbière se lance dans une ode à l’Italie. Il utilisel’italien (« Veder Napoli poi mori, Soneto a Napoli »),des références italiennes (Dante, Graziella de Lamartine), ets’émerveille devant des paysages typiquement italiens (le Vésuve, Naples,l’Etna).

La partie se clôt sur un poème intitulé « Paria » qui ne fait plus du tout mention de l’Italie – maispuisqu’il clôt cette longue évocation de l’Italie, on peut se dire que si lepoète se sent inadapté à sa société, c’est certainement qu’il ne vit ni au bonendroit ni à la bonne époque. Après tout, Corbière était un lecteur de Musset,qui n’hésitait pas à dire des phrases telles que « Je suis venu trop tarddans un monde trop vieux ». 

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Raccrocs >