Les Bonnes

par

Solange et Claire

Les deux sœurs sont domestiques dans une maison bourgeoise dont elles ont dénoncé – faussement – le maître pour le faire mettre en prison, puis pour tuer sa femme. Leurs identités sont difficilement distinguables tant elles se ressemblent et tant elles jouent de leurs rôles respectifs. L'une a un amant, apprend-on, le laitier.

Leur relation est ambiguë, entre amour fraternel et amour sensuel, entre haine et dévotion. La folie les guette sans cesse dans cette pièce, où elles jouent la cérémonie du meurtre de "Madame" en intervertissant leurs rôles, perdant de vue par moment leurs identités premières.

         De plus, la fascination qu’elles entretiennent pour “Madame” est d’une intensité hors du commun et son caractère morbide n’est que plus accentué par le désir qui s’y cache. En effet, elles ne manquent pas de remarquer la beauté de son sein, de ses cuisses ou de ses pieds. Et lorsqu’elles l’appellent “maîtresse”, ce n’est pas uniquement dans le sens de patronne. Et c’est à travers cette haine pleine d’admiration et d’amour qu’on entrevoit la dynamique de leurs émotions. Si elles portent une haine si puissante à cette femme, c’est parce que du haut de sa situation sociale, elle qui pourrait être, humainement, une des leurs, devient un rappel constant et vivant de leur insignifiance sociale à toutes deux.

« SOLANGE à Claire : Que Madame se souvienne que je suis la bonne…

CLAIRE à Solange : Je vois dans ton œil que tu me hais.

SOLANGE : Je vous aime.

CLAIRE : Comme on aime sa maîtresse, sans doute. »

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