Les Caractères

par

De la tolérance

La Bruyère semble être un homme aux opinions particulières pour le temps qui l’a vu naître. En effet, dans une société où l’habit fait le moine, l’auteur propose à son lecteur de revoir le jugement qu’il prononce sur son semblable et de ne pas se contenter pour ce faire de prendre en considération l’apparence des autres. Dans le chapitre intitulé « Des Jugements », il est question de donner à la société des repères nouveaux pour jauger la valeur d’un homme et pour mieux le comprendre :

« Il ne faut pas juger des hommes comme d'un tableau ou d'une figure, sur une seule et première vue : il y a un intérieur et un cœur qu'il faut approfondir. Le voile de la modestie ouvre le mérite, et le masque de l'hypocrisie cache la malignité. »

Son exhortation à porter sur ses prochains un jugement plus juste entre dans la ligne logique de son appel à la tolérance. Il dénonce les préjugés de la société d’alors sur les savants et les érudits. Non content de montrer que les sciences et les arts ne privent pas l’homme de ses bonnes manières, il reproche à la cour d’associer à l’idée de savant celle de l’homme incapable de savoir-vivre et dépourvu du sens des affaires.

Mais ce n’est pas uniquement des préjugés et des jugements superficiels que l’auteur veut éloigner son lecteur. Il l’instruit en effet des dangers de la xénophobie en démontrant que l’orgueil de sa propre nation nous empêche souvent d’admettre qu’il y a des hommes aussi intelligents et habiles que soi sous tous les climats :

« Nous n'aimerions pas à être traités ainsi de ceux que nous appelons barbares ; et s'il y a en nous quelque barbarie, elle consiste à être épouvantés de voir d'autres peuples raisonner comme nous. »

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