Les filles du feu

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Résumé

Les filles du feu est une œuvre de l'écrivain, nouvelliste et poète Gérard de Nerval, et plus précisément c'est un recueil de nouvelles et de poésies qui fut publié au mois de janvier 1854.

Le point original quant aux circonstances de la rédaction de cette œuvre, c'est que Nerval à l'époque était interné dans la clinique du docteur Émile Blanche à Passy dans les Alpes. L'œuvre est aussi précédée d’une dédicace à Alexandre Dumas, suivie ensuite de huit nouvelles intitulées : Angélique, Sylvie, Chansons et légendes du Valois, Jemmy, Octavie, Isis, Corilla, Emilie, et pour terminer d'un ensemble de douze sonnets placés à la fin du recueil réunis sous le titre Les Chimères.

« Les filles du feu » est donc un recueil qui l'auteur a failli intituler '' Les amours perdus '' avant de changer d'avis. Ces amours perdus évoquent naturellement des femmes, portant chacune un nom féminin en guise de titre. C'est normal aussi que ces histoires finissent plutôt mal et qu'elles ne se terminent pas par un mariage ou des enfants, les amours étant perdus. L'introduction que fait Nerval pour son œuvre s'apparente à un hommage à Dumas, car il l'a faite à l'image et à la façon des introductions que faisait Alexandre Dumas dans ses œuvres. L'idée à retenir de l'introduction de Nerval qui corrobore parfaitement les circonstances objectives de fait, c'est que l'auteur était un peu fou. On retrouve également une manière étrange de s'identifier à ses personnages et de mêler une part de fiction avec la réalité qu'il vivait, comme s'il s'écrivait aussi lui-même un peu. Cette folie lui vaudra de retourner quelques fois dans ce genre de clinique pour être soigné, sans résultat.

La première nouvelle, celle du début est « Angélique ». Cette nouvelle est rédigée de manière épistolaire et se compose à ce titre de nombreuses lettres et courriers afin de se rassembler et de faire une correspondance, qui relate les aventures du narrateur. Ce narrateur est présenté comme un bibliophile qui serait en quête d'un livre sur l'abbé de Bucquoy. Ce livre retrace les aventures d'un abbé qui a osé lutter contre la monarchie de droit divin de Louis XIV au 17° siècle. Il va chercher ce livre à travers L'Europe entière et va traverser les pays, allant de Francfort en Allemagne à Paris, en passant par de petites villes comme Compiègne ou Soissons dans l'Oise. Alors qu'il recherche ce fameux livre, il tombera par hasard sur des écrits d'Angélique, qui est une parente de l’abbé (il s'en rend compte en étudiant son arbre généalogique). De Nerval va donc faire suivre au lecteur, à travers ces correspondances la vie d’Angélique, jeune femme qui a fui ses parents par amour pour un bel homme qu'elle ne connaissait pas bien. Nerval dans cette nouvelle n'hésite pas à passer du coq à l’âne et de changer de thèmes très vite, comme un courrier confus, dans lequel le lecteur doit se retrouver, bien que difficilement. La nouvelle est ainsi entrecoupée dans le récit par de nombreux extraits de manuscrits et de courriers. Ces précisions touchent surtout à des descriptions détaillées des paysages traversés par le narrateur au cours de sa quête.

La nouvelle suivante est intitulée « Sylvie », et a pour sous-titre les '' Souvenirs du Valois  ''. Ici le narrateur, un jeune homme parisien nous présente sa situation. Il est face à un dilemme, il est partagé entre deux amours : d'un côté il y a Sylvie, qui habite la campagne et qui fut son amie d'enfance, liée à ses vieux souvenirs de jeunesse, et de l'autre côté il y a Aurélie, qui est une belle actrice de la ville où il vit désormais. Il va expliquer simplement que l'une correspond à la "douce réalité", une femme belle et qui lui ressemble, proche de son réel tandis que Aurélie, actrice s'apparente plutôt à un "idéal sublime", la femme de ses rêves qu’il ne pense pas avoir les moyens de combler. À trop hésiter, au final il les ratera toutes les deux, comme quoi on peut tout perdre.  La nouvelle se termine sur des chants du Valois, le narrateur qui réfléchit aux différents patois de la région va retrouver des chansons populaires, va évoquer aussi des contes de son enfance et se replonger dans les histoires du Valois.

« Jemmy » est le titre de la nouvelle suivante. Le décor change car le récit se déroule ici en Amérique du Nord (Etats-Unis). On découvre qu'une femme irlandaise Jemmy va se marier à un jeune homme allemand dénommé Toffel, présenté comme un homme simple et bon. Jemmy sera punie pour son orgueil car elle veut absolument dominer la relation avec son mari, et se fera de ce fait capturer par des indiens qui la garderont en captivité des années durant. On ignore en parallèle si son mari, Toffel homme bon et droit est passé à autre chose du point de vue sentimental ou s'il l'attend encore. On découvre aussi que la femme blanche apporte la civilisation chez les indiens, ce qui ressemble chez l'auteur à un sentiment de supériorité vis à vis de peuples considérés comme inférieurs : elle va leur apprendre '' à ne plus ressembler à des orang-outans", et elle les "civilise".

La nouvelle suivante a pour titre, encore un prénom de femme, « Octavie ». Dans ce récit, le narrateur va évoquer une histoire d'amour triste, un amour perdu, qu'il avait rencontré alors qu'il effectuait un voyage. Il va vers l'Italie, et en chemin va passer quelques temps à Marseille avant de passer la frontière. À Marseille, il rencontre tous les jours une femme du prénom d'Octavie quand il va se baigner à la mer. Il va ensuite partir pour l'Italie et alors qu'il y séjourne, lors d’une sortie au théâtre il se rend compte qu’Octavie est dans la salle. Au terme du spectacle, ils se rencontrent à nouveau et vont se donner rendez-vous pour se voir le lendemain. Le narrateur, se rend au rendez-vous, puis ira à des Ballets, rencontrera une femme avec qui il vivra un amour contrarié. Il avouera dans une lettre, avoir fui un amour qu'il trouvait risqué en quittant Paris. Il va ensuite visiter Pompéi, et se souvenant des souffrances de cet amour contrarié, il décide de renoncer à Octavie. Il la revoit dix années plus tard à Naples. Elle a vieilli, et s'est mariée à un peintre, paralysé physique, à qui elle dévoue son temps et même sa vie et sa santé. Elle n'aura fait que ça, dévouer sa vie à son entourage. Le narrateur, déçu de lui-même, désabusé par les occasions passées et manquées, s'en retourne alors à Marseille. Cette nouvelle très courte s'attache surtout aux souvenirs du narrateur qui occupent presque tout le récit. Il évoque précisément les circonstances du voyage, avant, et après la rencontre avec Octavie, qu'il ne retrouvera plus jamais, ce qui le laisse dans un certain état de désarroi. C'est sans doute la rançon des jolies rencontres et des voyages. 

La nouvelle qui suit a pour titre « Isis ». On change à nouveau de cadre spatial, pour se retrouver en Italie. Ici, le narrateur fait sa promenade dans la cité magnifique et historique de Pompéi. Il évoque le célèbre temple d'Isis, d'où le titre de la nouvelle en question. Il va alors essayer d'expliquer ce qu'il a appris sur place, comme les usages de la région et les cultes liés aux croyances autour de ce temple et de cette divinité. Il va ensuite donner son avis quant à la philosophie de la vie de cette croyance ainsi que des remarques quant à la théologie de façon plus globale.

Nous arrivons ensuite sur la nouvelle Corrilla. Au premier abord cette nouvelle étonne par exemple parce qu'elle prend la forme d'une œuvre théâtrale. C'est une pièce, de type comédie, et l'on ressent l'humour, ce qui change du reste de l'œuvre. La pièce se joue en Italie, berceau de la comedia del arte. L'histoire se déroule à Naples, où l'on trouve le personnage de Fabio, un jeune homme qui est amoureux de la cantatrice Camilla. Ce dernier a réussi à avoir un rendez-vous avec la belle qu'il convoite. Son problème c'est que Marcelli, un autre jeune homme de la ville qui est aussi amoureux de Camilla a réussi aussi à avoir un rendez-vous avec elle, à la même heure, le même jour, la seule différence est l'endroit. La pièce, pleine de rythme laisse le suspense jusqu'à la fin quant au choix de la cantatrice courtisée.

L'ultime nouvelle de l'œuvre est « Émilie », dont le récit est sans aucun doute le plus triste de toutes les nouvelles. On y rencontre un personnage alors qu'il ne vit plus : Desroches, un soldat français, qui est mort après une charge suicidaire sur le front à la guerre. C'est ainsi un abbé qui se charge de relater l'histoire et les faits, pour remplacer le narrateur en un sens, pour comprendre son geste et ce qui l'a poussé à agir ainsi. On apprend que cette situation de désespoir est due en grande partie à  un amour impossible et à une tragique histoire de famille. La jeune fille avec qui cela n'allait pas s'appelait Emilie, d'où le titre, et l'histoire de la famille n'incitait pas le soldat à rentrer chez lui après la guerre.

On notera que ce recueil s’achève par une série de poèmes, qui ne font pas à proprement parler parti du recueil, regroupés sous le titre « Les Chimères ».

Les poèmes sont les suivants : El Desdichado, Myrtho, Horus, Antéros, Delfica, Artémis, Le Christ Aux Oliviers (I, II, II, IV, V), Vers Dorés. Ils traitent de créatures surnaturelles issues de l’esprit du poète. Ces poèmes sont restés célèbres de pour la beauté des vers, aussi riches qu’ils sont obscurs. 

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