Les filles du feu

par

L’amour et la loyauté

Les Filles du Feu est un récit qui traite de l’amour. Bien que ces récits traitent de près ou de loin des femmes dont ils portent les noms, chaque récit est celui de ces femmes, vues du point de vue d’un homme et présentées comme les objets d'amours aussi variées que les récits le sont dans leur structure. L’amour apparaît comme l’un des fils conducteurs reliant toutes ces histoires entre elles.

            Par exemple, dans Angélique, le narrateur, alors à la recherche de l’Histoire de l’abbé de Bucquoi, fait la découverte de l’histoire d’Angélique de Longueval. Angélique est la fille d’un Seigneur de Picardie qui tombe amoureuse d’un homme en dessous de sa condition. Une relation que son père condamne et qui la pousse à suivre son amoureux, La Corbinière en exil. Exil au cours duquel elle mène une existence à laquelle son éducation de bourgeoise ne l’avait pas prédisposée. Au nom du sentiment qui la lie à son amant, elle reste à ses côtés lorsque la maladie et la mauvaise fortune les accablent tous deux, ne le quittant que lorsqu’il sombre dans de mauvaises mœurs.

Dans le récit Sylvie, le narrateur présente trois femmes qui lui sont chères. Il s’agit d'Aurélie, qui est une femme de théâtre pour laquelle il éprouve un amour distant qu’il souhaite préserver en la contemplant de loin. Car il craint de l’approcher et de n'être pour elle qu’un soupirant de plus qui ne l’aime point pour ce qu’elle est. Il faut souligner que l’admiration qu’il éprouve pour Aurélie semble découler du souvenir d’Adrienne qu’il avait connue enfant et dont il a appris bien plus tard qu’elle était devenue religieuse. Il espère qu’Adrienne et Aurélie soient la même et unique personne.

            Ce récit est entrecoupé par le souvenir de Sylvie qui est un amour d’enfance du narrateur. Il entreprend donc de se rendre auprès de cette dernière pour qui il semble éprouver un sentiment plus réel que le fantasme qui le lie à Aurélie et le souvenir qui lui rappelle Adrienne. Mais le temps s’est écoulé depuis son enfance et Sylvie ne lui est plus destinée. Quand il apprend à Aurélie qu’il l'assimilait à Adrienne, elle s’éloigne de lui car il ne l’aime par pour elle-même. Quant à Adrienne, il le découvre trop tard, elle est déjà décédée :

     « Adrienne ou Sylvie, c'étaient les deux moitiés d'un seul amour. L'une était l'idéal sublime, l'autre la douce réalité. »

            Octavie est une autre des femmes dont le narrateur a fait la connaissance. Elle fait naître chez lui une affection grandissante et il espère qu’elle éprouve pour lui un sentiment semblable. Mais le narrateur, après avoir rencontré une autre femme, se déclare indigne de l’amour d’Octavie. Il la quitte et ne la reverra que bien plus tard, à un moment où elle est déjà mariée à un époux jaloux et paralytique. Un sort que le narrateur trouve bien cruel pour la jeune anglaise auprès de qui il se dit qu’il a peut-être laissé le bonheur.

            Il est également question d’amour dans Emilie. Cette femme se fiance avec un soldat qui avait été blessé à la guerre. Elle ignore toutefois que ce lieutenant a obtenu son grade en tuant un homme. Lorsque le frère d’Emilie se rend compte, par un hasard de circonstances que cet homme que son beau-frère a tué était en fait son défunt père, il décide de se venger en duel. Mais Emilie qui éprouve plus d’amour envers son époux que de désir de vengeance fera intervenir l’abbé qui est le narrateur de cette nouvelle.

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