Les grandes espérances

par

La pauvreté et l’univers carcéral

Lorsqu’on s’introduit dans l’univers de l’œuvre « Les grandes espérances » pour s’intéresser aux aventures de Pip le personnage central, on y trouve de nombreux points de ressemblance avec d’autres créations de Charles DICKENS telles qu’ « Oliver Twist» et « David Copperfield ». En effet, la toile de fond de chacune d’elle renvoie à des enfants en proie à la souffrance. Dans « Les grandes espérances » Pip est orphelin. Il n’a jamais eu la joie de connaitre ses parents, et n’a même pas idée de ce à quoi ils auraient pu ressembler. Alors, il part de l’abstrait pour se faire une représentation forcément subjective des caractéristiques physiques et morales de ces derniers, comme quand il affirme dans le chapitre I : « N’ayant jamais vu ni mon père, ni ma mère, même en portrait puisqu’ils vivaient bien avant les photographes, la première idée que je me formais de leur personne fut tirée, avec assez peu de raison, du reste, de leurs pierres tumulaires. La forme des lettres tracées sur celle de mon père me donna l’idée bizarre que c’était un homme brun, fort, carré, ayant les cheveux noirs et frisés. De la tournure et des caractères de cette inscription : Et aussi Georgiana, épouse du ci-dessus, je tirai la conclusion enfantine que ma mère avait été une femme faible et maladive. » Outre ses parents, le héros de l’ouvrage a aussi perdu cinq frères auxquels il fait allusion : « Les cinq petits losanges de pierre, d’environ un pied et demi de longueur, qui étaient rangés avec soin à côté de leur tombe, et dédiés à la mémoire de cinq petits frères qui avaient quittés ce monde après y être à peine entrés, firent naître en moi une pensée que j’ai religieusement conservée depuis, c’est qu’ils étaient venus en ce monde couchés sur leurs dos, les mains dans les poches de leurs pantalons, et qu’ils n’étaient jamais sortis de cet état d’immobilité. »

Pip garde et chérit ces images dans son cœur. Vivant avec sa sœur, il est très souvent maltraité par elle et en dira : « Je crois que ma sœur me considérait vaguement comme un jeune délinquant qu'un accoucheur de la police avait saisi le jour de ma naissance et délivré entre ses mains afin qu'elle me traitât selon la majesté outragée de la loi. » Pip semble en conséquence prédestiné à une vie obscure rythmée par la pauvreté. En aidant Abel Magwitch, il est confronté à l’univers carcéral, et ressent une peur sans nom. Mais en dépit de tout, il parvient à relativiser, et comme pour donner un sens au titre de l’ouvrage, jamais l’espoir ne quittera son cœur.

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