Les lettres portugaises

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Un dénouement improbable : la Lettre V

Durant les quatre premières lettres où l’on voit notre nonne se languir d’amour pour un officier sûrement libertin et peu désireux de poursuivre une quelconque promesse de fidélité. On sait pourtant qu’il n’est pas étranger aux belles paroles et aux serments : dans la lettre I, Mariana lui rappelle les louanges de sa beauté qu’il lui a autrefois chantées, ainsi que les promesses qu’il lui aurait déclarées. « …vous m'avez pourtant dit autrefois, que j'étais assez belle », lui dit-elle, ajoutant que si le marquis trouvera sans effort une femme d’une beauté supérieure, nulle ne pourra égaler la passion qu’elle lui porte. Elle semble ainsi, au départ, totalement dépendante à lui, se rabaisse en négligeant l’importance de son aspect physique et faisant preuve d’une telle humilité que son amour semble devoir la conduire tout droit à la négation pleine et entière de tout son être. Ainsi, lors de la cinquième lettre, un dénouement inattendu frappe le lecteur : Mariana semble alors soudainement s’affranchir de l’homme, comprenant que celui-ci est indigne de son amour, et surtout de son talent d’écrivain.

Le marquis commet la bêtise, après avoir répondu de manière de moins en moins fournie et de plus en plus creuse et vide de sens, aux lettres de la nonne, de lui envoyer finalement une feuille de papier vierge, témoignant de son total désintérêt pour la chose. Ceci est une insulte à la plume de la narratrice du roman : en effet, si son écriture est mue par une passion pleine et entière, c’est également son amour de l’écriture et la qualité de sa plume qui rend son plaidoyer amoureux si frappant. Elle détient donc un véritable talent, que...

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