Les lettres portugaises

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Un roman aux allures mystérieuses

Comme il est dit précédemment, Les lettres portugaises ont connu un succès phénoménal dans toute l’Europe. Ceci est dû en partie au fait qu’on les croyait authentiques, et qu’on en attribuait à Guilleragues seulement la traduction. Pour beaucoup, l’œuvre parait écrite par Mariana Alcoforado, une religieuse franciscaine retirée au couvent de Beja, au Portugal. Le destinataire de ses lettres passionnées aurait été le marquis de Chamilly, son amant. C’est cette apparente véracité qui produit un tel engouement, en particulier car le roman épistolaire est alors un genre littéraire totalement inconnu. Ainsi, le lecteur lui-même s’interroge lui-même sur la capacité du journaliste Guilleragues qui, bien que malgré une plume fine et délicate et un emploi remarquablement habile de la langue française, ne semble alors pas suffisamment apte à décrire la passion féminine telle que la dépeint l’auteur des lettres.

 

Ainsi, le roman lance un véritable jeu de piste du lecteur à l’auteur. La polémique qui soulève l’Europe au XVIIème siècle et jusqu’au XXème siècle agite les foules : l’enquête est menée, on se jette sur les traces de Mariana Alcoforado afin de percer le mystère de sa véritable existence et les mauvaises langues tendront même à douter de l’existence du couvent dans lequel elle est retirée, ainsi que de la véritable situation géographique de la ville de Beja. Une fois ceci prouvé, la bataille est loin d’être finie : tandis que le Portugal revendique de son côté la pleine et entière véracité des lettres, de nombreux auteurs tels que plus tard, Jean-Jacques Rousseau, affirment, eux, qu’une prose d’une telle...

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