Les Perses

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Résumé

LesPerses fait partie d’une tétralogie de pièces indépendantes lesunes des autres avec Phinée, Glaucos de Potnies et Prométhée, soit trois tragédies et undrame satyrique.

La bataille de Salamine est unevictoire importante dans l’histoire de la Grèce antique puisqu’elle est vécuecomme une sorte de reconnaissance de la suprématie hellénique démocratique faceaux barbares de l’Orient. En réalité, les deux peuples n’étaient pas siantagonistes que les Athéniens voulaient le faire croire ; néanmoins, il estexact que ces derniers remportèrent la victoire en dépit de leur effectif trèsinférieur à celui de leurs ennemis perses.

LesPerses comporte les personnages suivants : Xerxès, le roi desPerses, sa mère Atossa, l’ombre de son père Darius qui est mort, un messager etun chœur de vieillards. L’action a lieu à Suse, devant le palais du roi desPerses, et on y voit le tombeau de Darius.

C’est le chœur qui ouvre la pièce,en expliquant que c’est à lui que Xerxès a confié la protection du royaumetandis que les autres hommes et lui-même sont partis se battre contre lesGrecs. Néanmoins, depuis le départ de l’armée, le peuple n’a reçu aucunenouvelle et s’inquiète. Pourtant, le chœur rappelle que l’armée perse estpuissante et nombreuse.

Arrive alors Atossa, qui avouequ’elle a peur, elle aussi, car une nation riche est en péril si son roidemeure trop longtemps absent. La reine veut raconter son rêve de la nuitpassée au chœur afin d’avoir l’avis des sages.

Dans le rêve de la reine, deuxfemmes lui sont apparues, l’une habillée en Perse, l’autre en Grecque, maispourtant sœurs. Les deux femmes se disputent, et Xerxès les apaise avant de lesfaire prisonnières. L’une parvient à arracher ses liens : Xerxès tombe alors,et son père Darius vient à son secours, mais en le voyant, Xerxès arrache sespropres vêtements.

Une fois réveillée, la reine s’estrendue au temple où elle a vu un épervier abattre un aigle sous ses yeux. Elledemande au chœur ce qu’il convient de faire ; celui-ci lui conseille desolliciter l’appui des dieux et de l’ombre de son époux Darius. Atossa accepte,mais avant de partir, demande qu’on lui explique où se trouve Athènes. Informéequ’il s’agit d’une ville très lointaine, elle s’étonne que son fils soit siacharné à la conquérir ; le chœur lui explique alors que vaincre Athènessignifie posséder la Grèce entière. Atossa demande qui est leur roi et apprendque les Athéniens n’ont pas de roi. Elle se demande alors comment ils pourrontcombattre, et le chœur lui rappelle que cette armée a déjà vaincu la sienne dutemps de Darius. La discussion est interrompue par l’arrivée d’un messagerperse.

Celui-ci n’a pas de bonnes nouvelles: il annonce que l’armée perse a été décimée. Ayant été témoin de la bataille,il entreprend de la raconter. Atossa, en sa qualité de reine, demande à savoirsi son fils le roi a survécu, ainsi que les dirigeants du pays. Le messager luiannonce que Xerxès est vivant, mais que les autres chefs sont morts au combat.Atossa cherche alors à comprendre quelles étaient les forces en jeu lors del’affrontement, combien de bateaux possèdent les Grecs ; le messager lui avoueque l’armée perse était avantagée de ce point de vue. Selon lui, ce sont les dieuxqui ont permis aux Grecs de l’emporter, et particulièrement Athéna Pallas, ladéesse titulaire d’Athènes, déesse de la sagesse et de la guerre.

Atossa ne cesse d’interroger lemessager sur le déroulement de la bataille. Celui-ci lui raconte qu’un guerriergrec est venu trouver Xerxès pour lui dire que les Grecs s’apprêtaient à seretirer le lendemain matin, par crainte. Xerxès n’a pas deviné la ruse de sesennemis et a ordonné à son armée entière de se tenir prête pour le lendemainmatin, de bloquer toutes les issues avec les vaisseaux, et d’investir l’îled’Ajax. L’armée se prépare soigneusement, mais le lendemain, elle entend lesGrecs chanter un chant de combat.

La bataille de Salamine est unebataille navale connue pour l’ingéniosité des Grecs qui ont neutralisé lesPerses dans la rade étroite du même nom. L’idée, attribuée à Thémistocle, étaitd’empêcher les Perses d’effectuer la manœuvre prévue. Dans cet espace réduit,la différence en nombre de vaisseaux des deux armées est annulée de fait.

Le messager déclare que jamaisautant d’hommes n’ont péri en un temps aussi court. La reine se lamente, et lemessager lui annonce qu’il a une nouvelle bien pire encore à lui annoncer. Illui raconte alors que la mort des jeunes Perses, en plus d’être brutale, a étéhumiliante. Car Xerxès avait envoyé certains de ses guerriers sur une île, oùceux-ci, après la victoire grecque, furent massivement égorgés par leursennemis. Le reste de la troupe perse a fui le lieu de la bataille piteusement.

Atossa se lamente, d’autant plus quecette défaite succède à celle de Marathon, contre la même armée grecque. Elledemande néanmoins au messager de lui indiquer où se trouvent les survivants. Lemessager décrit le retour de l’armée, divisée en plusieurs groupes, armée de terreet de mer, les pertes subies sur le chemin du retour, en raison de la soif oudu manque de vivres, et les contrées traversées. Le gel inespéré d’un fleuve apermis une avancée plus rapide, mais sa refonte brutale a causé des mortssupplémentaires, les soldats pris par surprise sur la glace au moment oùcelle-ci s’est rompue sous les rayons du soleil s’étant noyés.

La reine est désespérée. Son rêveprédisait cette défaite, et elle accuse le chœur d’avoir été incapable del’interpréter correctement. Néanmoins, elle décide de suivre les conseilsqu’elle a reçus plus tôt, et de se rendre au temple pour honorer les dieux.

Le chœur lui se lamente en directionde Jupiter, le roi des Dieux, qui a accablé le peuple perse, et prévoit quecette défaite détermine la chute du royaume, qui ne sera plus jamais respectécomme autrefois.

Le chœur rejoint la reine pour leslibations, et interroge la tombe de Darius sur ce qu’il convient de faire et depenser à présent.

L’ombre de Darius demande alors auchœur de lui expliquer ce qui vient de se passer, mais le chœur hésite à luirépondre, intimidé. Le roi défunt s’adresse alors à sa veuve Atossa, qui luirévèle la vérité sans tarder. Il croit au départ qu’il s’agit d’une épidémie,mais Atossa lui explique que Xerxès a échoué dans sa stratégie. Dariuss’épouvante de l’orgueil de son fils qui a pensé pouvoir fermer le détroit duBosphore. Il accuse l’hybris de sonfils, sa jeunesse, son impétuosité, et comprend cette défaite comme la justepunition des dieux d’un homme qui est allé trop loin. Atossa tente de défendreson fils en expliquant que son ambition est imputable aux maîtres qu’il a euset qui l’ont accusé d’être trop passif en comparaison de son illustre père.

Le chœur de vieillards demande alorsà Darius comment le peuple perse pourra se remettre de ce choc, et le roi leurrépond que le bonheur sera possible tant qu’ils n’attaqueront plus jamais laGrèce, même s’ils en avaient un jour à nouveau le pouvoir.

Darius supplie alors les dieux deretirer à son fils ce goût funeste pour la conquête, et retourne aux Enfers.

Le chœur regrette amèrement le règnede Darius, souverain plus sage que son fils.

Arrive alors Xerxès, affligé, qui selamente devant le chœur d’avoir été épargné quand une part aussi grande de sescompagnons d’armes a été massacrée. Un par un, le chœur lui énumère les noms deses chefs, dont Xerxès doit à chaque fois annoncer la mort.

Le chœur ne peut le croire, et leroi montre finalement son carquois en disant qu’il s’agit de la seule chose quilui reste de son armée. Il dit aussi que, se rendant compte de la perte detoute sa troupe, il a arraché ses vêtements, comme sa mère Atossa en avait rêvéla nuit précédente. Il exhorte alors le chœur à se lamenter avec lui. C’est surcette scène où le roi et les vieillards pleurent leur peuple disparu que seclôt la pièce. 

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