Les Voyageurs de l'impériale

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Résumé

Les événements décrits dans le roman Les Voyageurs de l’impériale se situent entre 1889 et 1914. Lerécit retrace les vingt-cinq dernières années de la vie de Pierre Mercadier, 39ans, professeur d’histoire et de géographie à Aix-En-Provence.

Pierre Mercadier est un homme modeste, discret voire presqueeffacé, sans histoire, et enlisé dans un mariage avec Paulette d’Ambérieuxdepuis plus de quinze ans, une femme sotte, superficielle, aigrie etmatérialiste, totalement hermétique aux feux des passions qui bouillent dans lecœur de son mari ; elle n’y voit que lubies absurdes et incompréhensibles.En effet, bien que d’apparence lisse et ordinaire, Pierre Mercadier est mu par unesensibilité artistique à fleur de peau – qui le pousse notamment à assister àl’Exposition Universelle de 1889 – et par une fascination pour l’économie –qu’il découvre par le biais de John Law, un financier écossais du XVIIIesiècle inventeur du papier-monnaie. Il rédige d’ailleurs depuis des années unouvrage sur l’économiste avec la ferme intention de le faire publier un jour.

Le nouveau modèle économique naissant, celui de laspéculation et du marché, insuffle à Pierre une vigoureuse foi ; il tentede jouer en Bourse et mise tout sur le projet du Canal de Panama, projet quis’avère être un échec retentissant en plus d’un scandale politique. Pierre perdplus de 100 000 francs à la suite de ce mauvais placement et se retrouvede fait en situation précaire à son retour de Paris. Le couple et leurs deuxenfants – Paul, un jeune homme à l’aube de l’adolescence et Jeanne, une petitefille en bas âge – déménagent pour un logement plus modeste, à la grandesatisfaction de Pierre qui ne peut plus supporter l’antisémitisme ambiant quirègne dans son école et dont est notamment victime son ami Georges Meyer, unenseignant en mathématiques. Bien que ruinés, les Mercadier n’abandonnent pasleur train de vie et partent pour leurs traditionnelles vacances d’été àSainteville. Pierre, qui considère le foyer familial comme une prison etPaulette comme sa geôlière insupportable s’embarque, au cours de ces vacances,dans une relation adultère avec Blanche Pailleron, femme d’un industrielinsipide. Ce sera pour lui une révélation ; il redécouvre la fougue amoureusede ses vertes années mais, l’aventure tourne rapidement court et se transformeen une amère déception : Blanche n’a nullement l’intention de quitter sonmari pour Pierre. Ébranlé par cette nouvelle, il rentre à Aix-En-Provence,réunit ses affaires et abandonne femme et enfants pour rejoindre l’Italie sanslaisser un mot.

La première escale de Pierre est à Venise, lieu enchanteurqui a bien souvent titillé son âme d’artiste et d’aventurier. Il s’y sentrevivre, loin de son passé écœurant, et goûte aux joies de la liberté et del’imprévu. Il y découvre également son penchant pour le jeu après une partie decartes. Puis il poursuit ses pérégrinations à Vérone pour finalement arriver àMonte-Carlo, où il arpente les casinos pour étancher sa nouvelle soif ; ilamasse d’ailleurs rapidement un pécule conséquent et se tisse au fur et àmesure un nouveau cercle social. C’est aussi à Monte-Carlo qu’il va connaîtreune autre passion amoureuse en la personne de Reine Brécy, une femme mariée àun industriel continuellement absent. Elle représente aux yeux de Pierre lesymbole de la femme indépendante, aventurière quoiqu’un peu tourmentée. Il entombe rapidement amoureux, charmé par son aura ensorceleuse, mais Reine refusede se donner à lui. C’est un nouvel échec cuisant pour Pierre qui a du mal àencaisser le choc. Il finit par accepter la situation au fur et à mesure,pourvu que Reine n’aime aucun autre homme. Hélas il apprend que Reine a unamant, un riche baron allemand du nom de Heinrich Von Goetz, qui l’entretient.Elle est en outre une espionne pour le compte des Allemands, ce qui est denotoriété publique à Monte-Carlo. Devant cette double révélation, Pierre estmortifié ; transi de douleur et de tristesse, il s’enfuit par le premierbateau en partance pour l’Égypte. De cette nouvelle destination, des rencontreset des aventures que Pierre y vivra, le lecteur ne saura rien ; Aragon choisitl’ellipse.

Vingt ans plus tard, en 1910, à Paris, Georges Meyers’inquiète de plus en plus de la montée de l’antisémitisme, consécutivenotamment à l’Affaire Dreyfus. Dans l’œil du cyclone, sa femme et lui érigentPierre Mercadier en héros ; ils le considèrent comme un homme qui a eu lecran d’abandonner sa femme, ses enfants et son pays pour fuir cet enferidéologique et changer de vie. La légende de Pierre Mercadier, génie incomprisdans une société nauséabonde, est reprise dans nombre de clubs littéraires, et colportéepar Georges Meyer. Mais lors d’une promenade dans un parc, il croise unvieillard misérable qui attire son attention. Il se rend vite compte que cevieillard n’est autre que Pierre Mercadier, sans abri, sans ami, qui n’a pasrepris contact avec sa famille, et qui erre dans les rues parisiennes depuisqu’il a abandonné sa vie faite de péripéties.

Pierre est alors recueilli par son vieil ami qui lui dénicheen outre un poste de professeur dans une école privée, mais Pierre se trouveêtre bien loin de l’image fantasmée par Georges et ses amis : il n’estplus qu’un homme brisé par la vie, à bout de souffle, désillusionné et cynique,apolitique et sans plus la moindre conviction. La situation s’enlise au fur età mesure que le temps passe et l’amitié entre Pierre et Georgess’effrite ; le premier s’avère profiteur, ravi d’être logé et blanchi auxfrais de la princesse, et le second ne reconnaît plus son ami et se trouve enproie à des problèmes financiers. La femme de Georges, Paulette, essaied’ailleurs de convaincre Pierre de renouer contact avec sa famille, autant parhumanisme que par souci de s’en débarrasser, mais Pierre refusefarouchement ; la simple idée de revoir ces personnes de son passé ledébecte au plus haut point et il continue de parasiter la demeure des Meyer,toutefois conscient de la précarité de sa situation.

Pierre apprend qu’il est grand-père – par son fils Paul – etque son petit-fils est élevé par une nourrice, la mère n’ayant pas survécu àl’accouchement. Il est alors animé d’une curiosité lancinante et décide de selier d’amitié avec la nourrice et l’enfant. Pendant quelque temps, ils seretrouvent donc tous les trois chaque dimanche, sans que toutefois nourrice etenfant ne connaissent la réelle identité du « gentil vieux monsieur du square ». En parallèle, Pierre se metà fréquenter un café-bordel, « lesHirondelles », et se lie d’amitié avec la tenancière, Dora Tavernier.De son côté, elle tombe progressivement amoureuse de « Monsieur Pierre », d’un amourpassionné et obsessionnel, qui lui avait été inconnu jusqu’alors et ce, bienqu’elle se trouve au crépuscule de son existence. Elle achète une maison àGarches, près de Paris, et invite un jour Pierre à venir y habiter avec elle,proposition qu’il accepte. Mais Pierre y subit rapidement une crise d’apoplexiequi le laisse paraplégique. Dora, loin de dramatiser la situation, se montretrès heureuse de pouponner Pierre, jouissant, même dans ces circonstances, deces liens amoureux noués sur le tard.

Cette situation dure quelques mois jusqu’à ce qu’un matin de1914, Pierre décède. Dora, qui a appris l’identité de son « Monsieur Pierre », envoie unelettre à son fils Paul. Hélas ce dernier est mobilisé sur le front et la lettrese perdra. Il ne saura donc jamais ce qu’est advenu son père, de même que Meyerne saura jamais ce qu’est advenu son pensionnaire. Quant au fils de Paul, il neconnaîtra jamais la véritable identité du « gentil vieux monsieur du square ». 

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