L’Olive

par

La femme idéalisée : Olive

Lespoèmes sont énoncés à la première personne ; le poète s’exprimepersonnellement au fil des 115 sonnets. C’est à travers cette voix lyrique quisemble l’engager que Joachim du Bellay fait part des joies et des tourmentsqu’il vit à cause de son amour pour la femme aimée, Olive, à laquelle ils’adresse directement.

Oliveest la femme idéalisée du poète, son prénom donne le titre au recueil. Elle estdécrite comme un ange, une femme parfaite, mais sa description n’est pas aisée,tant les descriptions abondent par des métaphores diverses. La femme présentedans ces sonnets a le teint clair et les cheveux blonds  comme dans « Lescheveux d’or » : « Ces cheveux d’or sont les liens, Madame »ou dans « Déjà la nuit en son parc amassait » où le poète évoque lestresses blondes de l’aurore qu’il oppose à l’obscurité de la nuit.

Ellea une face angélique et des yeux brillants, elle est ainsi décrite dans lesonnet XXXVI « L’unic oiseau (miracle emerveillable) » : « Soubzceste face angelique, et seraine », dans le sonnet XCI « Rendez àl’or cete couleur, qui dore » : « Et ce beau teint à lavermeille Aurore », et dans le sonnet IX « Garde toy bien ô gracieuxZephire ! » qu’il poursuit ainsi : « D’empestrer l’esle ences beaulx nœuds epars / Que çà, et là, doulcement tu depars / Sur ce beau colde marbre, et de porphire ».

Dansle sonnet LXXVIII « La Canicule, au plus chault de sa rage », on trouved’autres éléments de sa description : « Soit qu’en riant ses levrescoralines / Montrent deux rancz de perles cristalines » et dans le sonnetLXV : « Ces cheveux d’or, ce front de marbre ». Il la décrit enemployant des images rappelant des matériaux nobles et précieux, ce qui donneune richesse, une noblesse à sa beauté, une pureté également : le marbre,le porphyre, les perles. Ces matériaux évoquent le voyage également, le marbreou les perles évoquant des pays orientaux, l’Orient que l’on retrouve au sonnetXV « Pié, que Thétis pour sien eust avoué » : « Quel’Orient seroit enrichi d’elles / Cil Orient en perles tant loué. » Oliveest donc belle, d’une beauté pure et sans défaut.

Lepoète évoque leur rencontre, qui a marqué sa mémoire au sonnet V « C’etoitla nuyt que la Divinité », lors d’une messe de minuit ; il tombeinstantanément sous son charme : « C’etoit la nuyt que la divinité /Du plus hault ciel en terre se rendit / Quand dessus moy Amour son arc tendit /Et me fist serf de sa grand’deité ». Depuis ce moment, il se consumed’amour pour elle bien que cette dernière soit inaccessible.

Versla fin de l’œuvre au sonnet XCIX « O faulse vieille ! ô fille del’Envie », le poète se fait évincer par un rival et se trouve en proie àla jalousie : « Faulse aveuglée, inique Jalousie ! »

Maismême s’il a perdu l’amour d’Olive, il ne cesse de prier pour elle, comme ill’affirme au sonnet XXXVIII « Sacrée, saincte et celeste figure », oùil la décrit comme une sainte : « Sacrée, saincte et celestefigure » puis dans le sonnet CIII « Mais quel hiver seiche la verdesouche » : « Mais quelle main, quelle pillarde moûche /Ravist ses fleurs ? c’est toy, fievre hardie / Qui fais languir par unemaladie / Moy en mon ame, et Madame en sa couche […] As-tu donc faictune chose si belle / Pour la défaire ? ô Dieu qui n’as pointd’yeulx ! / Si contre moy la Nature conspire […] Deffen au moins l’honneurde ton empire ». Olive passe dans ce sonnet de la figure de femme désiréeà celle d’un être divin, que le poète amoureux vénère tel un croyant, passantde l’amour à l’adoration.

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