L’Olive

par

L’amour douloureux

Le thème principal d’un recueil de sonnets amoureux est évidemment l’amour, mais cet amour est un amour particulier pour le poète qui est un amoureux en souffrance face à cette femme idéalisée qu’il vénère comme une déesse. Joachim du Bellay présente donc, à travers son œuvre, la souffrance que peut engendrer un amour ardent. L’auteur assimile l’état amoureux de l’amant à une servitude, dans le sonnet « Ces cheveux d’or » : « Ces cheveux d’or sont les liens, Madame / Dont fut premier ma liberté surprise ». Il exprime ainsi son sentiment d’être pris au piège : dès le moment où il tombe amoureux, il est conscient que son cœur n’est plus sien et prisonnier de l’amour qu’il éprouve pour sa maîtresse.

Ce sentiment d’emprisonnement est plusieurs fois évoqué, comme dans le sonnet XV « Pié, que Thétis pour sien eust avoué », dont les derniers vers sont les suivants « Si les mains sont en mes playes si fortes / Au moins (ô pié) n’esloigne point de moy / Mon triste cœur, dont l’Amour a faict proye / L’emprisonnant en ce corps, que tu portes ». Bien qu’étant libre physiquement, l’amant n’a plus de prise sur son cœur qui, lui, est emprisonné. Il exprime que même dans les situations où tout lui serait retiré, l’essentiel serait de pouvoir continuer à aimer et rester près de son cœur, bien que ce soit cet amour qui ait enfermé son cœur. Le poète souffre donc de cette relation, pour laquelle il est prêt à tout abandonner et à tout perdre, tant qu’il lui reste l’amour, dans lequel il le sait il a abandonné toute velléité de liberté.

Enfin, les vers « Votre je suis et ne puis être mien / Mon corps est libre, et d’un étroit lien / Je sen’mon cœur en prison retenu », extraits du sonnet XXVI « La nuit m’est courte, et le jour trop me dure », parachèvent cette expression de l’emprisonnement de son cœur, bien que son corps reste libre. Son cœur est donc emprisonné par l’amour qu’il porte à Olive, mais celle-ci n’a pas d’amour pour lui, c’est pourquoi il est toujours libre physiquement. Cet amour profond est douloureux et cause au poète milles tourments, autant sur le plan moral que physique. La souffrance amoureuse du poète est d’autant plus grande qu’Olive ne daigne pas répondre à ses sentiments, le laissant libre physiquement, tandis que le poète, amoureux sans limite, a perdu tout droit sur son propre cœur. 

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