Pantagruel

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Le gigantisme dans Pantagruel : un symbole de la Renaissance ?

Dans Pantagruel, Rabelais narre l’histoire d’un géant, depuis sa naissance jusqu’à sa maturité. Loin d’être un ogre cruel, Pantagruel est plutôt un titan insatiable mais bienveillant. Tout au long de ses aventures, sa taille oscille, mais de manière à ce que son aspect de géant soit conservé lors des épisodes comiques, et modifié pour les épisodes philosophiques.

Ainsi, de prime abord, le gigantisme de Pantagruel facilite la description des scènes burlesques et des festins parodiques qui prennent place dans le conte. D’ailleurs, le tout premier cri qui sort de la bouche de Gargantua (père de Rabelais) à sa naissance (dans le récit éponyme) est : « À boire ! À boire ! » Le comique prend donc le dessus dans ce style littéraire que Rabelais personnalise.

« Car alors que sa mere Badebec enfantoit, et que les sages femmes attendoient pour le recepvoir, issirent premier de son ventre soixante & huyt tregeniers chascun tirant par le licol ung mulet tout chargé de sel : apres lesquels sortirent neuf dromadaires chargez de iambons & langues de boeuf fumées : sept chameaulx chargez d’anguillettes : puis vingt et cinq charrettes de porreaulx, d’aulx, d’oignons, et de cibots : ce qui espoventa bien lesdictes saiges femmes, mais les aucunes d’entre elles disoient : Voicy bonne punition : cecy n’est que bon signe : ce sont agueillons de vin. Et comme elles caquettoient de ses menuz propos entre elles, voicy sortir Pantagruel tout velu comme ung Ours, dont dit une d’elles en esperit propheticque, Il est né à tout le poil, il fera choses merveilleuses : et s’il vit, il aura de l’eage. »

Le gigantisme chez Rabelais ne serait pas seulement exploité pour son aspect comique ou sa représentation de la culture populaire carnavalesque : il représente aussi l’idéal humain de la Renaissance. En effet, comme on l’a mentionné au tout début de cette analyse, Rabelais établit des comparaisons entre le Moyen Âge français et la Renaissance. Ainsi donc, le gigantisme dans le travail de Rabelais est en quelque sorte une métathèse physique de la gourmandise intellectuelle de l’homme qui vit au siècle de la Renaissance. Une intention sérieuse est donc camouflée derrière cet aspect grotesque et fantaisiste des œuvres rabelaisiennes.

« Et trouva la librairie de sainct Victor fort magnifique, mesmement d’aulcuns livres qu’il y trouva, comme Bigua salutis, Bragueta iuris, Pantoufla decretorum, Malogranatum viciorum, Le Peloton de theologie, Le Vistempenard des prescheurs, composé par Pepin, La Couillebarine des preux, Les Hanebanes des evesques, Marmoretus de babouynis & cingis cum commento Dorbellis »

 

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