Parties des animaux

par

L’antériorité du possesseur de l’objet sur celui-ci

En affirmant que tout objet que la nature a créé détient unefin en soi, Aristote expose une thèse selon laquelle l’homme serait donc leplus intelligent des animaux.

En effet, il réfute tout d’abord une vision mécaniste del’attribution de certaines facultés à certaines espèces. Une espèce n’est paspuissante car elle détient une caractéristique que les autres n’ont pas, mais àl’inverse parce qu’elle est la plus développée qu’on la dote de cettecaractéristique.

Ainsi, le philosophe appuie sa thèse par l’exemple duflûtiste : « Ce qui convient,en effet, c’est de donner des flûtes au flûtiste, plutôt que d’apprendre àjouer à qui possède des flûtes ». Le savant convient donc d’uneantériorité de l’espèce sur les caractéristiques de cette espèce même.

Il se penche sur le cas de la main. De nombreuses espècespossèdent des organes analogues, tels que pinces, pattes, etc. Cependant,Aristote considère que la main est, de tous ces objets, le plusdéveloppé : en effet, il peut répondre à différentes fonctions grâce à laprésence d’un pouce, peut tout aussi bien attraper d’un mouvement de pince queserrer le poing en entier, porter quelque chose sur le plat de celle-ci, saisirun objet de ses cinq doigts, ou encore mettre différentes forces dans celle-ciselon ce que l’on désire faire. La main est donc un objet de puissance,l’organe par excellence selon lui. Ainsi, l’espèce la plus puissante est, pardéduction, celle qui peut, grâce aux organes dont elle est dotée, accomplir leplus de tâches différentes. La main remplissant la fonction de couvrir denombreuses actions, et l’homme étant la seule espèce disposant de mains (hormisle singe, mais celui-ci n’étant pas doté des mêmes capacités cérébrales,l’auteur n’en tiendra pas compte, d’autant plus que le singe utilise mains etpieds à un niveau égal, et que leur aspect même est beaucoup plus proche d’unenature primaire qu’une main humaine), alors l’homme serait l’espèce la pluspuissante, la plus développée. En effet, là où n’importe quelle autre espèceserait cantonnée à effectuer les mêmes actions, certes d’une manière parfaite,mais limitées dans leur nombre, l’homme peut toujours découvrir, lui, denouvelles actions à accomplir grâce à sa main aux multiples capacités : « Car la main devient griffe, serre,corne, ou lance ou épée, ou toute autre arme ou outil. Elle peut être toutcela, car elle est capable de tout saisir et de tout tenir. »

Aristote utilise donc ici le finalisme contre le mécanismeafin de prouver la supériorité de l’homme sur les autres espèces, et du mêmecoup, rendre une vision finaliste du monde irréfutable.

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