Parties des animaux

par

Le principe de finalité

Aristote établit son classement des différentes espèces animales selon les règles de l’analogie et de la différence entre celles-ci. En effet, pour lui, toute classification doit répondre à des critères précis de catégorisation selon la forme de l’objet, ou selon les limites qu’il rencontre. Si plusieurs animaux, par exemple, appartiennent à la même catégorie, c’est avant tout parce qu’ils partagent la même forme, par exemple celle du bec pour les oiseaux, ou sont tous deux limités dans leurs actions par leur nature, par exemple l’incapacité à respirer sous l’eau pour les mammifères. Le philosophe grec décrit donc cette classification comme répondant à l’ « analogie des parties pour des genres différents ; dans la dimension des parties ; dans la nature de leurs parties, sèches, liquides, ou solides ; dans leur genre de vie, selon qu’ils vivent sur terre ou dans l’eau ». Cela commencera par un travail colossal de reconstitution et de rassemblement de tous les différents éléments qui composent le corps des animaux ainsi que leur mode de vie, afin de pouvoir en dresser une classification précise et utile.

Pour Aristote, il n’y a connaissance que s’il y a un classement bien précis. Ainsi, celui-ci doit être établi de manière parfaite et répondre à certains principes qu’il pose comme absolus afin que notre connaissance du monde ne soit pas trompée. C’est dans cette optique qu’il explique, durant les quatre premiers chapitres du traité, de quelle manière la nature elle-même divise les espèces. Il met donc en évidence les analogies non pas uniquement au sein d’une même espèce, mais entre les espèces également. L’analogie va cependant se faire également à travers un objet de distinction chez les animaux, une partie du corps commune par exemple, mais qui ne serait pas placée au même endroit selon l’espèce. Par exemple, il affirme que « Non seulement les parties dont se composent les animaux diffèrent entre elles, ou se ressemblent, comme on vient de le dire ; mais elles se ressemblent encore ou diffèrent par leur position ; car beaucoup d’animaux ont bien les mêmes parties, mais ces parties ne sont pas posées de même : par exemple, les mamelles sont placées pour les uns sur la poitrine ; pour les autres, elles sont placées entre les cuisses. »

Si le philosophe s’attache à établir ainsi une classification aussi précise des animaux par leurs analogies et leurs différences, c’est davantage pour répondre à un travail épistémologique – ou étude du savoir – de la connaissance en elle-même. Ainsi, dresser une telle classification reviendrait à comprendre, ensuite, en quoi chaque espèce diffère de l’autre, et pourquoi ces caractéristiques sont apparues ainsi chez ces espèces, et pas autrement. À cette question, Aristote appliquera le principe de finalité, qui tend à dire que chaque fait, chaque action que nous faisons répond à « une fin en soi ». Rien, dans le vivant, ne serait donc dû au hasard, la nature n’aurait rien créé inutilement. Ainsi, le philosophe s’inscrit dans une pensée finaliste, selon laquelle tout a un but, une fin. Cette manière de penser fait donc écho à une certaine approche d’envisager la vie, car la conception d’une existence où rien n’est dû au hasard engendre toute une sphère de conséquences bien particulières. Ainsi, selon ce principe, l’homme est pourvu de mains, tandis que le crabe a des pinces, car ces deux objets sont des outils nécessaires à la préhension d’objets. S’ils semblent différer, ce n’est que par le milieu dans lequel ces deux espèces vivent ; elles doivent donc être armées en conséquence face à cet environnement. La nature pourvoirait ainsi aux espèces les organes nécessaires à leur survie dans un milieu spécifique, ne laissant rien au hasard, mais veillant également à conserver un équilibre entre ces différentes espèces, équilibre destiné à ne pas privilégier une espèce par rapport à une autre, dispensant ainsi ordre et harmonie.

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