Parties des animaux

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Les enjeux d'une telle vision

Voir le monde sous cet aspect finaliste et admettre que touta une fin a donc pour conséquence la supériorité de l’homme sur les autresespèces humaines. Cependant, il est légitime de se demander pourquoi un savanttel qu’Aristote se contenterait d’élever l’homme au rang de plus intelligentdes animaux par la seule considération de la présence de cet outil. Certes,l’homme peut remplir plusieurs fonctions au lieu d’une seule prédéfinie par lanature, et la multiplicité de ses fins ne trouve aucune concurrence chez lesautres espèces animales, mais pourquoi cela suffirait-il à subordonnerl’intelligence des autres espèces à celle de l’humain ?

Nous allons donc voir en quoi la main, selon Aristote, placel’homme au-dessus des autres espèces, par une considération beaucoup plusconvaincante que celle de sa simple fonction d’outil.

La main, nous l’avons vu, peut donc accomplir plusieurstâches. Mais il est toutefois primordial de souligner que l’homme, une fois cedon reçu de la nature, est la seule espèce apte à faire évoluer ce don enfonction de nouveaux besoins. En effet, Aristote insiste, dans son entreprisede classification des animaux, sur le fait que s’il est relativement aisé deles classer en catégories, c’est parce que les limites imposées par leur corpssont relativement faciles à cerner, identifiables rapidement. Cependant, chezl’homme – et c’est ce qui le rend seul dans sa catégorie – la limite est floueet difficilement discernable, puisque celui-ci peut être en perpétuelle évolution.

En effet, il n’est pas cantonné à un carcan fixe dans lequelil est condamné à vivre, il peut évoluer autour de son espace afin d’élargirtoujours plus sa sphère d’action.

La supériorité de l’homme apparaît dès lors plus clairement.En effet, l’animal s’inscrit dans un cadre rigide, tandis que l’homme, par savolonté et sa faculté de faire évoluer sa main-outil, de lui faire prendre laforme de plusieurs armes ou ustensiles et de les éprouver au gré de sesbesoins, se libère d’une sphère imposée par la Nature. Les possibilitésd’évolution sont donc perpétuelles chez lui. Aristote relie ici l’utilisationde la main à la notion de liberté, une liberté que ne possèdent pas les animaux.En effet, l’homme gagne en liberté de mouvement, d’action. Grâce à la Naturequi l’a doté de mains, l’homme d’Aristote est donc supérieur aux autres espècespar cette aptitude à guider lui-même la direction de sa vie, à penser et àmettre en pratique le fruit de cette pensée.

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