Parties des animaux

par

LIVRE I

Aristote débute en évoquant tout d’abord les techniquespermettant l’étude de la nature de façon scientifique et rigoureuse : cesont les méthodes de travail en histoire naturelle. Il s’agit doncd’épistémologie, partie de la philosophie qui étudie l’histoire et lesprincipes des sciences – c’est en quelque sorte une analyse scientifique de lascience elle-même. Il explique que les hommes et les animaux cohabitent, maisqu’ils ne se connaissent pas suffisamment les uns les autres. Il énonce saméthodologie pour répertorier et classer les animaux, par catégories, de façonlogique. Les chapitres du début de l’œuvre sont donc des descriptions de lamanière dont Aristote va procéder.

Son analyse prend la forme d’une analogie : il va ainsicomparer et essayer de retrouver des éléments semblables entre les espècesanimales et entre animaux et humains. En ce sens il compare les pattes desanimaux aux jambes des humains ou aux nageoires des poissons, car ces membresont le même but, tout comme il compare les pinces des crabes, la trompe del’éléphant aux mains de l’humain. Enfin, bien qu’à son époque on ne sache pasvraiment comment fonctionne l’appareil respiratoire humain, les expériencesfaites par les scientifiques en son temps lui permettent de comparer lesbranchies des poissons aux poumons humains, dont il pense que c’est un systèmede refroidissement du corps par circulation de l’air.

Dans la description des espèces, il montre également quechaque espèce animale, dont les hommes, ont des membres antérieurs, que cesoient les bras humains, ou des pattes, des ailes, des nageoires. Cependant, cequi fait la spécificité de l’homme, c’est qu’il se tient droit, et que pourcela, il lui fallait des membres et un haut du corps léger, ne le forçant pas àse tenir à quatre pattes, parce que « sa nature et son essence sontdivines ». Selon l’auteur, le fait de pouvoir se tenir droit et de ne pasêtre lourd du haut du corps permet d’éviter les pesanteurs de l’esprit chezl’homme dont le but est de réfléchir. Au contraire, les autres animaux sontformés comme des nains, ayant une partie antérieure du corps lourde, lesforçant à se déplacer à quatre pattes. Ainsi, l’auteur dit que le bébé estaussi un nain jusqu’à ce qu’il se développe et marche sur deux pieds.

Il essaie aussi de prouver que la nature a un but, et quechaque être vivant ainsi que ses caractéristiques ont une raison d’être,précise et utile. Il recherche les causes et plus précisément la cause finalede l’existence des organes de chaque espèce, selon la nécessité absolue ou desnécessités hypothétiques. Rien n’est fait pour rien par la nature, tout sertd’une manière ou d’une autre. En effet, la nature a conçu chaque espèce enjugulant points forts et points faibles, répartissant la force, le poids, larapidité, l’agilité, l’intelligence, la capacité à nager sous l’eau ou volerafin qu’aucune espèce ne soit désavantagée et ne doive disparaître. Cela sejustifie par le milieu de vie de chaque animal, son environnement, sescongénères, sa place dans la « chaîne alimentaire », qu’il évoquesans la nommer. Il s’inscrit ainsi dans une thèse fixiste et non évolutionniste,c’est-à-dire que les espèces n’évoluent pas selon leur environnement ou avec letemps selon lui.

Tout est ainsi une question d’équilibre, afin que la natureet la vie perdurent. C’est en partant de cette conclusion que Aristoteidentifie les organes ayant des fins en soi, ces fins étant simples maisuniques. Il cherche à prouver l’utilité précise de chaque organe de chaque êtrevivant, pour en justifier la raison d’être. C’est ensuite qu’Aristote entameréellement l’étude des animaux de façon scientifique – du moins du plus qu’ille peut avec ce qu’il pouvait savoir à cette époque. 

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