Perceval ou le Conte de Graal

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Les valeurs chevaleresques

Tout au long du roman, Perceval, dans son apprentissage, est confronté à l’acquisition des valeurs chevaleresques qu’il doit assimiler afin de servir dignement à la cour du Roi Arthur. En effet, celui-ci apparaît comme la figure-emblème de ces valeurs, et ainsi, comme le monarque parfait. Ces valeurs peuvent intervenir dans nombre de situations de la vie quotidienne des chevaliers et doivent contribuer à rendre meilleure celle des autres.

« Le jeune homme qui était venu là ce soir-là voir ce spectacle extraordinaire, il s’est retenu de demander comment cela pouvait se produire, car il se souvenait de la recommandation de celui qui l’avait fait chevalier et qui lui avait ordonné et appris de se garder de trop parler. Il craint, s’il posait la question, d’être tenu pour malotru ».

C’est la sagesse qui parmi les valeurs prévaut ; le Roi Arthur ne se départit jamais de son calme, de son caractère posé, bienveillant, qui lui fait traiter jusqu’à ses ennemis avec considération. Ceci lui confère une admiration et un respect sans bornes de ses chevaliers et de son peuple ; il peut donc régner sur tous en toute dignité.

La sensibilité fait également partie de ces valeurs. Un chevalier digne du Roi Arthur n’est pas un chevalier impassible. Par exemple, lorsque Perceval décide de quitter le foyer maternel, il n’accorde aucune importance aux pleurs de sa mère, désespérée. La mort de celle-ci est sa punition, et il se rend compte qu’il a mal agi seulement lorsqu’on le met devant le fait accompli. Or, le Roi Arthur, lui, est décrit comme compatissant, « joyeux et triste », très affecté lorsque ses chevaliers s’éloignent trop de la cour.

La justice et la loyauté sont également des valeurs cardinales ; elles attachent d’un lien solide le chevalier à son roi et à son sens du devoir. En effet, le Roi Arthur par exemple, par sentiment de justice et d’humanité, cherche à rendre un jugement digne au chevalier Keu, et il se refuse à le châtier publiquement comme la coutume l’exige, et ce pour préserver l’honneur de celui-ci.

Enfin, la valeur de protection vient étoffer ce code de chevalerie : chacun doit veiller sur celui qui est plus faible que lui et moins apte à se défendre. Ainsi, le roi se voit conférer la lourde tâche de protéger ses chevaliers, tout comme ceux-ci doivent se faire un devoir de protéger leur famille, le peuple, la « pucelle », la femme ou l’homme âgé. Une hiérarchie de la protection doit être respectée ; le chevalier subirait un échec et une blessure de la pire espèce s’il se montrait incapable de défendre plus faible que lui.

« Qui aux dames ne porte honneur c’est qu’il n’a point d’honneur au cœur. Servez dames et demoiselles. Partout vous serez honoré. Et si vous en priez aucune gardez-vous de l’importuner. Ne faites rien qui lui déplaise. Si elle vous consent un baiser, le surplus je vous défends. Pucelle donne beaucoup lorsqu’elle accorde un baiser ».

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