Réflexions sur l'éducation

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Le bien des sociétés en jeu : l’avenir

Selon lui, le savoir permettra aux sociétés de devenir plus justes, car si en son temps le pouvoir politique était bien souvent héréditaire, maintenu par des rois et des princes de père en fils, il se doutait que le développement des sociétés, leur évolution, entraînerait de nouveaux besoins, pour lesquels on devrait recruter, demander le service des meilleurs ; or, comment devenir le meilleur autrement que par l’éducation et le travail ? Kant pressentait la possibilité pour les parents de proposer un avenir meilleur à leurs enfants, et aux sociétés de devenir plus méritocratiques et donc plus justes.

Il présente les deux plus grandes difficultés qui se soient posées à l’homme : l’éducation, et le fait de diriger des hommes ; ces deux notions se trouvent confrontées dans ses travaux, et doivent être travaillées ensemble.

Cependant, il met en relief l’opposition entre l’intérêt personnel des parents, et l’intérêt commun de celui qu’il nomme le prince, qui songe plus à l’État. Il explique que ces intérêts doivent se concilier, afin de donner aux générations prochaines un avenir meilleur ainsi que le progrès, afin que dans l’avenir l’homme se rapproche encore et toujours de la perfection et de l’harmonie :

« Voici un principe de l’art de l’éducation que particulièrement les hommes qui font des plans d’éducation devraient avoir sous les yeux : on ne doit pas seulement éduquer des enfants d’après l’état présent de l’espèce humaine, mais d’après son état futur possible et meilleur, c’est-à-dire conformément à l’Idée de l’humanité et à sa destination totale. Ce principe est de grande importance. Ordinairement les parents élèvent leurs enfants seulement en vue de les adapter au monde actuel, si corrompu soit-il. Ils devraient bien plutôt leur donner une éducation meilleure, afin qu’un meilleur état put en sortir dans l’avenir. Toutefois deux obstacles se présentent ici :

Ordinairement les parents ne se soucient que d’une chose : que leurs enfants réussissent bien dans le monde, et les princes ne considèrent leurs sujets que comme des instruments pour leurs desseins. Les parents songent à la maison, les princes songent à l’État. Les uns et les autres n’ont pas pour but ultime le bien universel et la perfection à laquelle l’humanité est destinée, et pour laquelle elle possède aussi des dispositions. »

On retrouve donc le bien commun, qu’il appelle la « destination totale », celle de tous les hommes ensemble, pour un meilleur état du monde : ces intérêts divergents doivent donc aller vers un but unique, qui est le bien universel, comme un destin général pour l’humanité car, souligne t-il, elle a les dispositions nécessaires pour atteindre la perfection dont il parle.

La question restant en suspens est donc la suivante : « Mais de qui faut-il attendre un meilleur état du monde ? Est-ce des princes ou des sujets ? » Mais globalement, Kant a foi en l’homme et en son progrès : « Il est possible que l’éducation devienne toujours meilleure et que chaque génération, à son tour, fasse un pas de plus vers le perfectionnement de l’humanité ; car c’est au fond de l’éducation que gît le grand secret de la perfection de la nature humaine ».

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