Tandis que j'agonise

par

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William Faulkner

William Faulkner – né
Falkner – est un écrivain américain né en 1897
à New Albany (Mississippi) aux États-Unis dans une famille d’hommes d’affaires
et de loi ; son père travaille alors comme trésorier d’une compagnie de chemin
de fer, propriété de la famille. Alors qu’il a cinq ans, ses parents déménagent
à Oxford (Mississippi), où il
passera quasiment tout le reste de sa vie. Les femmes de sa famille développent
sa conscience artistique en l’initiant à la lecture, à la peinture et à la
photographie. Il est en partie élevé par Caroline Barr, une femme noire qui en
lui parlant de la guerre de sécession, de l’esclavage, du Ku Klux Klan, influencera
sa conception des questions de races. Il grandit dans le souvenir d’un
arrière-grand-père colonel dont il porte le prénom, héros de la guerre de
sécession, aventurier et romancier dont on lui raconte les exploits. Brillant
élève à ses débuts, il se désintéresse finalement de l’école et sort du lycée
sans diplôme. Il passera trois semestres à l’université du Mississipi où ses
résultats en anglais très mauvais feront écho à son manque
d’assiduité ; il en profite cependant pour publier sa poésie dans le
journal de l’établissement.

En 1918, il a vingt-et-un
ans quand l’armistice est signé ; il n’a pas fini sa formation de pilote
de la R.A.F. à Toronto et restera frustré de ne pas avoir pu prendre part au
conflit, au point qu’il prétendra avoir été un membre des Royal Flying Corps et
participé au combat. Cette amertume se double en outre d’une déception
amoureuse. Falkner commence alors une grande aventure de substitution de sa vie avec la littérature ; il publie à
partir de 1919 sous son nom de famille additionné d’un « u ».
Faulkner se fait alors poète et ses travaux de jeunesse baignent dans un
esthétisme fin de siècle inspiré du romantisme anglais. Alors qu’il montre un
esprit lucide dans ses travaux critiques parallèles, l’écrivain s’acharne sept
années durant à devenir poète. Il voyage à La Nouvelle-Orléans, à New York et à
Paris mais revient toujours à Oxford dans le Mississippi. En 1925 il épouse une
femme divorcée dont il fait siens les deux enfants, s’endette pour quinze ans
en achetant une belle et grande demeure et choisit un exil intérieur qu’il ne quittera que pour se rendre quelques fois à
Hollywood.

Le premier roman de Faulkner paraît en 1926 alors que le jeune écrivain subit l’influence de Sherwood Anderson. Monnaie de singe (Soldier’s Pay) tourne proprement autour de la guerre sans s’y confronter vraiment,
à l’instar de l’auteur resté frustré de sa réalité. Les thèmes de l’œuvre sont
l’amnésie et la mort consciente que
connaît Doland Mahon, un pilote blessé à mort pendant le conflit qui, alors
qu’il est redevenu présent physiquement pour les siens, s’absente de plus en
plus. Viennent en effet s’ajouter à son amnésie une hémiplégie, la cécité, puis
des défauts d’élocution, jusqu’à ce qu’il se trouve réduit à une vie
végétative. La conscience de la mort qui s’avance n’est dès lors possible que
si le personnage retrouve un instant sa mémoire, ne serait-ce qu’à l’occasion
d’une fulgurance. C’est donc l’histoire d’un traumatisé du temps que raconte Faulkner avant de s’atteler à celle
d’un autre traumatisé, son Sud originel.

Moustiques (Mosquitoes),
deuxième roman de l’écrivain qui paraît en 1927, met en scène des artistes
réunis dans le cadre étroit du yacht d’une bourgeoise américaine toquée de
mécénat. Il ne se passe à peu près rien puisque de longs dialogues théoriques
sur l’art et la création alternent avec des événements mineurs relevant
d’incidents de navigation ou de manquements à la politesse. Les personnages
apparaissent velléitaires, multipliant les actes manqués et les malentendus, au
point que l’atmosphère acquiert une dimension surréaliste.

En 1929 Faulkner retrouve
le schéma narratif du retour de la guerre dans Sartoris, mais cette fois
en insistant sur la culpabilité du survivant, le jeune Bayard dont le frère est
mort dans le ciel français. Il apparaît destiné à une mort violente et l’œuvre
est construite comme une tragédie en
cinq actes, une « course à la
mort 
» du héros qui connaît plusieurs accidents, et à l’issue de
laquelle Bayard finit par se tuer lui-même en avion le jour où naît son fils,
lui-même destiné à mourir de façon prématurée. C’est dans cette œuvre
qu’apparaît le comté imaginaire de
Yoknapatawpha
, cher à l’auteur, qui constituera le cadre de nombre de ses
œuvres. Alors que la guerre de Sécession avait marqué la fin de l’innocence du
Sud, la Première Guerre mondiale semble signer ici la fin de l’innocence
américaine. Faulkner pensait connaître la gloire avec ce roman mais il eut du
mal à le publier et dut même payer un ami pour l’amputer d’un quart à la
demande de l’éditeur.

C’est avec son prochain
roman que le jeune écrivain va se faire un nom dans le monde des lettres, sans
pour autant connaître un grand succès populaire. Le Bruit et la fureur (
The Sound and the Fury),
roman également paru en 1929, est une
des œuvres les plus lues de Faulkner et celle poussant le plus à fond l’analyse
psychologique des personnages sous la forme d’une plongée verticale dans
l’enfer du moi. La construction en
est savante : le texte commence
par un long monologue du surnommé
Benjy, un idiot auquel tout rappelle de douloureux souvenirs et qui laisse
entrevoir, au gré de balbutiements envoûtants qui créent un climat lourd,
violent et trouble, l’histoire tragique de la famille Compson. C’est ensuite
son frère Quentin qui prend la parole, mû par une certaine prolixité
romantique, pour expliquer la raison de son suicide alors qu’il était étudiant
à Harvard. Un troisième frère, Jason, prend ensuite le relais, dans un nouveau
style d’écriture, sobre et cohérent, reflet de son esprit aigri, froid et
calculateur. Puis un narrateur prend en charge objectivement la fin d’une
histoire qui présente des personnages impuissants devant la fatalité de leurs
passions, à l’image de la société qui les entoure, pourrissant dans le souvenir
de la splendeur de l’époque coloniale.

En 1930 paraît l’œuvre,
située entre le roman réaliste et le poème, souvent considérée comme le
chef-d’œuvre de Faulkner. Tandis que j’agonise (As I Lay Dying) est constitué de
cinquante-neuf monologues menés par autant d’interlocuteurs, parmi lesquels la
mère « totémique » de la famille Bundren, Addie, à travers laquelle
l’auteur exprime une vision puritaine de l’éternel féminin. L’histoire raconte
le cheminement épique et tragicomique du cercueil où repose
Addie, transporté par son mari et ses cinq enfants de leur ferme du Mississippi
vers Jefferson, la capitale du comté où la défunte souhaitait être enterrée. Ils
se trouveront confrontés aux éléments déchaînés – eau et feu – dans une
atmosphère parfois cataclysmique. Malgré les dizaines de monologues l’œuvre
apparaît « silencieuse » ; l’auteur accorde en effet une grande
importance au regard et le monologue de la mère accuse le langage de toutes les
aliénations.

En 1931, Faulkner, qui a
voulu, dit-il, écrire « l’histoire la
plus effroyable qu’on puisse
imaginer », fait paraître Sanctuaire (Sanctuary), un roman très sombre qui lui a été inspiré par un fait
divers, tournant autour du viol de Temple Drake par le mystérieux Popeye. Ce
n’est qu’au gré d’une narration
disloquée
, d’une chronologie
bouleversée
, que les tenants et les aboutissants des parcours des
personnages se révèlent peu à peu au lecteur autour d’un noyau qui demeure
longtemps obscur. L’auteur explore ici en profondeur le problème du mal et illustre l’impuissance
de l’injustice
. L’œuvre a un succès de scandale,
en fait relativement modéré car Faulkner vend toujours assez peu ;
elle lui vaut cependant l’intérêt d’Hollywood qui va lui permettre de continuer
d’écrire des œuvres se vendant mal. Au début des années 1930, par souci
financier, Faulkner écrit également de très nombreuses nouvelles qu’il publie notamment dans le Saturday Evening Post qui les rémunère bien.

Dans Lumière d’août (Light in August) paru en 1932 le récit
entrecroise les parcours de trois personnages au gré d’une structure en spirale qui triomphera dans Absalon, Absalon !. D’abord Faulkner focalise sur Lena Grove, une
jeune femme blanche enceinte originaire de l’Alabama, à la recherche du père de
l’enfant à naître ; puis l’auteur explore, à travers une série de retours
en arrière, la vie de Joe Christmas, un homme blanc installé à Jefferson qui
pense secrètement avoir un ancêtre noir, et qui finit par apparaître comme le
collègue de Lucas Burch, le père de l’enfant de Lena qui a changé d’identité et
fuit à Jefferson à l’annonce de la grossesse de la jeune femme. Burch, retrouvé
sur les lieux du crime de Joanna Burden, une descendante d’abolitionnistes
détestée par les habitants de Jefferson, affirme que Christmas avait une
relation avec elle et révèle qu’il a du sang noir, insinuant par là qu’il est
coupable. L’écrivain traite ainsi de questions
raciales
, sexuelles, des rapports de classe et de religion en mettant en
scène des personnages marginaux confrontés
à la société rurale puritaine et pleine de préjugés du Sud des États-Unis. Cette
œuvre apparaît comme un roman plus conscient de Faulkner, qui dira plus tard
que l’écrivant il « mesurai[t] chacun de ses choix à l’aune de James,
Conrad et Balzac ». L’auteur achève alors une période de création
littéraire intense de six ans dont l’acmé fut la rédaction du Bruit et de la fureur, durant laquelle
il dit avoir ressenti « une extase, une fois ardente et joyeuse, une
anticipation de surprise ».

En panne d’inspiration à la
moitié de sa rédaction d’Absalon, Absalon !,
Faulkner écrit et fait paraître en 1935 le roman Pylône (Pylon)
ayant pour cadre non pas le Yoknapatawpha mais New Valois, une ville fictive évoquant
la Nouvelle-Orléans. Il illustre les vies précaires et les mœurs peu
conventionnelles d’aviateurs acrobates ambulants de passage dans la ville pour
célébrer l’inauguration du nouvel aéroport, sur fond d’alcoolisme, d’homosexualité et
de tragédie. Évoquant ce roman qui
n’avait rien à voir avec les grands mythes et traditions sudistes, Faulkner
avait parlé de roman « antifaulknérien ». Autre singularité, la
chronologie des événements est ici respectée par le récit.

Le narrateur d’Absalon,
Absalon !
(Absalom, Absalom!), roman publié l’année
suivante, est Quentin Compson, le jeune homme qui se suicide dans Le Bruit et la fureur. Il raconte en
focalisant sur la vie de Thomas Sutpen l’histoire de trois familles du Sud des
États-Unis à son camarade de chambre à Harvard, lequel participe également au
récit en émettant suggestions et hypothèses. Quentin réinterprète des histoires
qui lui ont été racontées par son père et son grand-père, et les événements se
dévoilent au gré d’une narration faite à rebours chronologiquement. La trame
générale du roman concerne l’ascension et la chute de Thomas Sutpen, venu dans
la deuxième moitié du XIXe siècle de sa Virginie-Occidentale originelle
faire fortune à Jefferson dans le Mississipi où il compte devenir un puissant
patriarche. Son parcours symbolise l’histoire
du Sud des États-Unis
et de la classe des planteurs. La phrase de Faulkner dans cette œuvre est
particulièrement longue, sinueuse,
répétitive, et acquiert par là une dimension incantatoire.

Dès 1938 Faulkner se livre
à des expériences de structuration de
romans à partir de nouvelles avec Les Invaincus et en 1939 il entrelace
deux courts récits dans une œuvre tour à tour intitulée Les Palmiers sauvages (The Wild Palms) ou Si je
t’oublie, Jérusalem
(If I forget
Thee Jerusalem
), histoires de deux naufrages – la première, The Wild Palms, étant centrée autour de la
passion qui périclite entre Harry, interne dans un hôpital, et Charlotte, une
femme mariée, le couple fuyant ensemble vers le Sud avant de connaître
ensemble un avortement tragique ; la seconde, Le Vieux Père (Old Man) mettant
en scène un forçat qui à l’occasion d’une crue du Mississippi sauve des eaux
une femme enceinte, puis l’assiste dans son accouchement avant de retourner de
lui-même en prison. Cette structuration d’un roman à partir de nouvelles
atteindra sa perfection en 1942 avec Descends, Moïse (Go Down, Moses), œuvre où Faulkner entrelace sept textes.

Le Hameau (The
Hamlet
), qui paraît en 1940, est un exemple de la veine comique de
Faulkner. Le roman constitue le premier tome d’une trilogie élaborée autour de la famille
Snopes
, auquel fera suite La Ville (The Town) en 1954 et Le Domaine (The Mansion) en 1959. Les membres de
cette famille apparaissent comme des intrus dans ce Sud du Yoknapatawpha dont l’identité
paraît vaciller face à la prolifération de ces blancs rusés et opportunistes.
C’est l’excentricité de ces marginaux que l’auteur exploite pour
créer des effets comiques, par exemple l’obsession de Ike Snopes pour le
bétail.

 

La vie de William Faulkner est
profondément marquée par l’attribution du prix
Nobel de littérature
en 1949.
Dès lors, il acquiert une dimension
publique
, ne refusant pas les responsabilités, se faisant par exemple ambassadeur itinérant pour Eisenhower.
S’il publie encore Requiem pour une nonne
en 1951 et Parabole en 1954, œuvre
inspirée de l’histoire du Christ, qui feront croire à certains à un retour au
bercail chrétien de l’auteur, et Les
Larrons
en 1962, œuvre pleine d’humour, son existence se partage dès lors surtout
entre discours, voyages, des cures de désintoxications que lui valent son
alcoolisme, de nouvelles expériences au cinéma avec le réalisateur Howard Hawks
– collaborateur et ami depuis le début des années 1930 – et plusieurs aventures
avec des maîtresses.

 

William Faulkner meurt en 1962 dans une maison de repos à
Byhalia, près d’Oxford dans le Mississippi, d’une thrombose coronaire, suite à
une énième cure de désintoxication. Il est considéré comme l’un des très grands
de la littérature américaine du XXe siècle, aux côtés de Melville,
contrairement auquel il n’apparaît pas comme l’homme d’un roman, ou de Hemingway.
C’est à la fois le créateur d’un grand
monde romanesque
comme Balzac ou Dickens – parmi douze mille personnages
qu’il a créés, certains circulent d’une œuvre à l’autre sans pour autant
affaiblir l’autonomie de chacune –, mais aussi un poète au langage intense, cherchant à « tout dire en une phrase », disait-il, et en cela comparable à
Joyce, Proust ou Flaubert. Cette volonté d’une écriture totale abolit et transforme le Sud réel en un Sud
proprement faulknérien coulé dans une fiction onirique. L’acte total qu’est
l’écriture se fait aussi synonyme de l’existence pour l’auteur. Il figure parmi
les écrivains du Sud des États-Unis les plus marquants aux côtés de Tennessee
Williams, Mark Twain, Truman Capote ou Flannery O’Connor.

Ses quatre thèmes majeurs
sont la guerre, le Sud, la question raciale et la civilisation américaine. Les Noirs symbolisent dans son œuvre une
forme d’endurance, une éthique de l’effort. Les jeux de valeurs à l’œuvre dans
ses romans ainsi que la dimension d’héroïsme tragique rendue possible par le
mélange des sangs dépendent des personnages noirs ou métissés. Sa chronique des comportements humains se
distingue par sa diversité, aussi bien que par son caractère extrême et sa violence. Dans le cadre restreint de
son comté imaginaire du Yoknapatawpha, Faulkner élabore une anthropologie ayant à voir avec les
attitudes immémoriales de l’homme. Du point de vue de la construction du récit,
il apparaît comme un expérimentateur dans
son bouleversement du temps. L’étude
de ses manuscrits, qui ne s’est faite que tardivement, révèle des œuvres
réagencées plusieurs fois dans leur structure et beaucoup remaniées dans leur
écriture.

 

 

« Mon ambition est d’être aboli, de disparaître
de l’histoire en tant qu’individu ; de la laisser intacte, sans restes
sinon les livres imprimés ; il y a trente ans, j’aurais dû être assez
clairvoyant pour ne pas les signer, comme le firent certains élisabéthains. Mon
but, et tous mes efforts y concourent, est que la somme et l’histoire de ma vie
figurent dans la même phrase qui sera tout à la fois mon acte de décès et mon
épitaphe : il a fait des livres et il est mort. »

 

Correspondance avec Malcolm Cawley, 1949

 

« Je ne crois pas que
personne écoute jamais délibérément une montre ou une pendule. Ce n’est pas
nécessaire. On peut en oublier le bruit pendant très longtemps et il ne faut
qu’une seconde pour que le tic-tac reproduise intégralement dans votre esprit
le long decrescendo de temps que vous n’avez pas entendu. »

 

William Faulkner, Le Bruit
et la fureur
, 1929

 

« On laisse si peu de trace, voyez-vous. On naît, on essaye
ceci ou cela sans savoir pourquoi, mais on continue d’essayer ; on naît en même
temps qu’un tas d’autres gens, tout embrouillé avec eux, comme si on
s’efforçait, comme si on était obligé de faire mouvoir avec des ficelles ses
bras et ses jambes, mais les mêmes ficelles sont attachées à tous les autres
bras et jambes et tous les autres essayent également et ne savent pas non plus
pourquoi, si ce n’est qu’ils se prennent dans les ficelles des autres comme si
cinq ou six personnes essayaient de tisser un tapis sur le même métier mais
avec chacune d’elles voulant tisser sur le tapis son propre dessin ; et cela ne
peut pas avoir d’importance, on le sait, ou bien Ceux qui ont installé le
métier à tisser auraient un peu mieux arrangé les choses, et pourtant cela doit
avoir de l’importance puisque l’on continue à essayer ou que l’on est obligé de
continuer, et puis tout à coup tout est fini et tout ce qui vous reste est un
bloc de pierre avec quelque chose de griffonné dessus, en admettant qu’il y ait
quelqu’un qui se souvienne ou qui ait le temps de faire mettre le marbre en
place et d’y faire marquer quelque chose, et il pleut dessus et le soleil
brille dessus et au bout d’un peu de temps on ne se rappelle plus ni le nom ni
ce que les marques essayaient de dire, et cela n’a pas d’importance. »

 

William Faulkner, Absalon, Absalon !, 1932

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