Un barrage contre le Pacifique

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Résumé

Le récit se déroule dans une concession au bord du Pacifique, située dans le Sud de l’Indochine française, où une institutrice française vit avec ses deux enfants, Joseph et Suzanne. Le récit commence avec l’achat d’un cheval qui meurt huit jours plus tard. S’ensuivent une description de la misère dans la plaine de Kam et une évocation du passé de la famille. Arrivée à la colonie quelques années plus tôt avec son mari, attirée par la promesse d’une vie meilleure et dans l’espoir de s’enrichir, la mère avait dû faire face seule, après la mort de son conjoint, à l’éducation de ses deux enfants dans des conditions difficiles. Abandonnant son poste d’enseignante de la fonction publique, elle avait donné des leçons particulières, notamment de piano, avant d’être embauchée comme pianiste dans un cinéma pendant dix ans. Cette nouvelle activité professionnelle lui avait permis de faire des économies et d’acheter une concession qu’elle avait mise partiellement en culture, avec pour projet d’utiliser l’argent de la récolte pour construire un bungalow. Après six ans dans la plaine, la réalité avait été toute autre : sans cesse inondée par les eaux du Pacifique, sa terre était devenue incultivable et son investissement initial semblait bel et bien perdu. Face à son endettement et à la prise de conscience du « grand vampirisme colonial », la mère s’était engagée dans une lutte féroce et déterminée à la fois contre le Pacifique et les agents malhonnêtes du cadastre, mais l’écroulement du barrage qu’elle avait tenté de construire avec les paysans de la région n’avait rien changé à sa condition, sans toutefois entamer son courage. Femme dévouée et déterminée, elle avait décidé de poursuivre le combat.

Après la mort du cheval, la mère et ses deux enfants rencontrent au village voisin de Ram un certain M. Jo, fils d’un riche planteur. Séduit par Suzanne, l’homme prend connaissance des conditions de vie difficiles de la famille, notamment de l’état de leur vieille Citroën B. 12. Se rendant régulièrement chez eux, M. Jo est néanmoins rejeté par Joseph et ignoré par Suzanne, alors que la mère continue à voir en lui une issue de secours pour les sortir de leurs difficultés financières. Testant le pouvoir de l’argent sur la jeune fille, M. Jo propose à Suzanne de lui acheter un nouveau phonographe à la condition de la voir nue. La jeune fille accepte ; l’instrument suscite la fascination de Joseph.

Organisant tous les soirs des sorties de la famille à Ram, M. Jo continue à susciter le mépris et l’ironie. Il subit la pression de Joseph et de la mère, qui souhaitent le voir marié à Suzanne. M. Jo propose à celle-ci de lui offrir un diamant si elle accepte de l’accompagner pour un voyage en ville, allant jusqu’à lui faire miroiter un mariage. Cette bague soulève la colère de Joseph et déclenche une dispute entre la fille et sa mère. Le caractère violent de la mère, qui bat régulièrement ses enfants, apparaît à cette occasion. Ayant décidé de ne plus recevoir M. Jo, la famille s’accroche au projet de vendre le diamant pour se refaire une santé financière.   

 

La deuxième partie du roman s’ouvre sur les tentatives de vente du diamant, d’abord avec l’aide de Carmen, la première maîtresse de Joseph, puis à travers les démarches de la mère auprès des bijoutiers de la ville. La famille y vit désormais pour un long séjour. La mère veut obtenir exactement le prix correspondant à la valeur annoncée par M. Jo (vingt mille francs), mais l’examen du diamant révèle un défaut, un crapaud qui divise sa valeur par deux. Devant l’échec de ses démarches, la mère change de stratégie et tente de convaincre sa fille de reprendre contact avec M. Jo pour lui soutirer d’autres objets de valeur.

Pendant ce temps, Joseph découvre la débauche en ville alors que Suzanne subit l’influence de Carmen qui l’encourage à utiliser son pouvoir de séduction pour trouver un mari riche et se libérer du pouvoir de sa mère. Ce discours pousse Suzanne à s’aventurer dans le quartier des riches Européens mais elle prend très vite conscience de son ridicule et de sa situation humiliante. À la sortie d’un cinéma où elle s’était réfugiée, elle croise son frère encadré de deux prostituées et découvre en elle un sentiment de haine dirigé contre lui.

Épuisée par plusieurs échecs, la mère s’apprête à vendre le diamant pour la moitié de sa valeur mais attend désespérément le retour de Joseph qui a rencontré une femme et disparu de la maison. De son côté, Suzanne se découvre une passion pour le cinéma, espace de magie et de liberté qui ravive ses envies d’émancipation.

Introduite par Carmen à un certain Barner, riche client de passage, Suzanne présente ce nouveau prétendant à sa mère. L’homme offre trente mille francs pour épouser Suzanne mais la mère finit par rejeter sa proposition. C’est à ce moment-là que resurgit M. Jo, toujours aussi faux et manipulateur, qui va jusqu’à déclarer de nouveau son amour à Suzanne qui repousse encore une fois ses avances.

Anticipant la vente maintenant imminente du diamant, la mère se rapproche des banques pour étudier le remboursement de ses dettes et la possibilité de nouveaux crédits, mais se rendant très vite compte que sa situation financière n’en sortira guère améliorée, elle finit par sombrer de nouveau dans la consommation de calmants.

À son retour, Joseph encourage sa mère et sa sœur à revenir à la plaine. Devant le nouvel air indifférent et détaché de son frère, Suzanne se révolte contre l’autorité de sa mère mais la petite famille finit par se résoudre au retour. La mère évoque de nouveaux projets qui tournent autour d’une hypothèque sur une partie de la concession, mais elle replonge dans le désespoir et le défaitisme quand Joseph lui avoue que le diamant n’a pas été vendu et qu’il a simplement été restitué par l’acheteur potentiel. À leur retour au bungalow, une nouvelle période noire s’ouvre pour la famille ; la mère négocie avec le « caporal », un vieux Malais qui l’avait aidée lors de ses projets de barrages, et abandonne sa plantation de bananiers. Joseph rêve de ses retrouvailles avec son amoureuse alors que Suzanne passe son temps à dormir. Au bout du désespoir, la mère adresse une dernière lettre au cadastre et projette de vendre le phonographe. Joseph conclut la vente avec le père Bart et donne l’argent à sa mère mais celle-ci s’enferme dans ses pleurs et un nouvel état de démence.

Plus tard, Joseph raconte à sa sœur l’histoire de sa rencontre avec Lina, qui était en couple quand il l’a séduite, avant de passer huit jours avec elle en ville et de tenter, en vain, de lui vendre le diamant. Se rappelant les sacrifices de sa mère et admettant qu’elle n’a plus d’avenir dans la plaine, Joseph prépare son départ imminent. L’acceptation de ce départ commence à faire son chemin dans l’esprit de la mère qui en vient même à imaginer sa propre mort comme la seule issue possible désormais, avant de rebondir de nouveau avec le projet de vendre le diamant au père Bart, après le départ de Joseph.

Après un mois d’attente et après avoir confié à sa sœur la lettre de leur mère adressée aux agents du cadastre et dans laquelle elle finit par les menacer de façon directe, Joseph part avec Lina et déclenche une nouvelle crise de folie de sa mère. Suzanne, qui considère désormais que son frère a changé au point de devenir un étranger, passe son temps à attendre près du pont les voitures des chasseurs, en espérant que l’une d’elles s’arrête et en continuant à observer la longue chute de sa mère qui ne quitte plus son lit, dépressive, toujours obsédée par la vente du diamant.

Trois semaines après le départ de Joseph, un certain Jean Agosti, fils d’un contrebandier de pernod, invite Suzanne à visiter sa plantation d’ananas. La mère propose à Agosti d’acheter le diamant avec le projet de rendre visite à son fils qui vient juste de lui envoyer de ses nouvelles. Au cours de la visite de la plantation, Suzanne perd sa virginité avec Agosti mais refuse de l’épouser car elle veut quitter la région. Le récit se referme sur la mort de la mère et le retour de Joseph et de sa maîtresse pour l’enterrer. Suzanne choisit de partir avec eux loin de la concession.

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