Une lampe, le soir

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Résumé

Le livre introduit directement le lecteur à Thede Emerson, le père de la famille qui se trouve au centre du roman. Celui-ci se rend au village et aperçoit l’employé des postes, un Canuck, Hormidas Doucette. Thede déteste les Canucks et entreprend alors de dire à voix haute dans la rue tout le mal qu’il pense d’eux, ainsi que des autres étrangers, tels que les Slaves et les Scandinaves, qu’il désigne tous par des surnoms péjoratifs. Après quoi, il se rend dans le café où sont réunis les hommes du village. Ceux-ci lui demandent s’il est vrai qu’il prévoit le mariage de sa fille Jean pour l’automne. Thede confirme l’information, et annonce que tous sont conviés et qu’il prépare une grande fête à cette occasion.

 

Ses compagnons l’interrogent sur le fait que sa fille épouse un Français, Frank Gervais, ce qui les étonne puisqu’ils connaissent sa haine des étrangers. Thede justifie sa décision en expliquant que les étrangers, contrairement aux Américains, sont riches et que Gervais aura les moyens d’entretenir sa fille. Néanmoins, les hommes soupçonnent que ce mariage cache autre chose, une raison honteuse et secrète pour laquelle Thede tient à voir sa fille mariée et partie loin de la maison. On comprendra plus tard qu’elle pourrait avoir eu une relation incestueuse avec son frère Howard. Thede contredit cette supposition en affirmant que la raison principale pour laquelle il a accepté ce mariage est qu’il ne veut plus avoir à subvenir lui-même aux besoins de sa fille, et qu’il souhaite se débarrasser d’elle le plus tôt possible. Un de ses compagnons lui fait remarquer qu’il ramasse la monnaie de sa pièce pour s’être si mal comporté pendant tant d’années : sa fille va désormais épouser un homme de l’origine qu’il déteste le plus. Thede met fin à la discussion en réitérant son invitation générale pour le mariage.

On lui demande alors ce qui va advenir de son fils, après le départ de sa fille. Thede explique que Howard travaille comme ouvrier à la construction de routes cet été. Le jeune homme est passionné de construction et souhaiterait s’inscrire au collège l’année suivante afin d’étudier pour devenir bâtisseur de ponts, mais Thede affirme qu’il le lui a refusé. Il ne veut pas avoir à payer un ouvrier pour remplacer la main-d’œuvre que représente son fils si celui-ci quitte la maison. Les hommes lui font remarquer qu’il a largement les moyens de payer les frais d’inscription et d’entretien de son fils au collège, et qu’il est injuste de sa part de ne pas lui donner le droit d’étudier. Thede continue de prétendre qu’il a besoin de son aide sur son domaine. Les hommes lui expliquent que d’autres fils sont partis au collège et ont donné de bons résultat, et que c’est une bonne chose que les enfants étudient. Mais Thede demeure inflexible sur la question.

Il est ensuite question d’un commérage : un homme nommé Jake Thaxter a été vu espionnant la maison d’Oscar Smith. On apprend que ce dernier a vécu six mois dans la maison de Thaxter, séduisant sa femme et chassant l’époux de son lit en pleine nuit pour prendre sa place en le reléguant sur un canapé. Au bout de six mois, Thaxter l’a mis à la porte. Smith a alors loué une maison dans laquelle la femme de Thaxter, Edna, est allée s’installer. Thaxter voudrait faire un procès à Smith et divorcer, mais il sait que Smith ne possède rien et que par conséquent il ne toucherait aucun dédommagement s’il lui intentait un procès. Il espionne celui-ci afin de guetter des signes de richesse.

 

Thede est mal à l’aise à l’écoute de cette histoire, car sa propre femme, Rosa, de vingt ans sa cadette, a elle aussi une aventure avec un certain Leland Stokes, ce que personne n’ignore dans le village. De fait, il est probable que les hommes aient choisi ce sujet de conversation précisément pour embarrasser Thede. On lui demande alors son avis sur ce que devrait faire Thaxter. Thede dit qu’à sa place, il prendrait une autre femme, et peut-être tuerait la première. Les hommes poussent alors la provocation jusqu’à évoquer nommément Leland Stokes, et rappeler que la liaison entre lui et Rosa dure depuis une vingtaine d’années. Thede le sait et a toujours fermé les yeux sur cette histoire. On évoque alors un autre commérage, celui d’un homme décédé dans la maison duquel on a découvert trois épouses. Les hommes rappellent que ce genre d’affaires d’infidélité ou de polygamie est très courant dans la région. Un homme proteste, et il lui est alors rappelé que lui-même entretient une liaison avec sa servante sous le toit conjugal.

Suivent une description de différentes familles ayant vécu dans la région et le récit de leur disparition. Ce troisième chapitre est en quelque sorte une histoire du village Clearwater, qui a été fondé cent cinquante ans plus tôt.

 

Le chapitre quatre s’ouvre sur une scène entre Jean et sa mère Rosa. Jean a demandé depuis longtemps à sa mère de lui acheter une nouvelle robe. Rosa a promis de le faire, sans pour autant s’exécuter. Jean lui rappelle sa promesse et sa mère lui répond avec méchanceté. Celle-ci estime que la robe n’est pas nécessaire puisque sa fille va épouser Gervais : elle n’a qu’à attendre d’être mariée pour demander une robe à son mari. Rosa s’avère donc être aussi avare que Thede. Elle est également aussi raciste, puisqu’elle se met à railler sa fille avec beaucoup de mépris car son futur mari parle français. Jean lui rappelle que les membres de sa famille à elle, les Frost, sont des voleurs, ce que Rosa nie. Néanmoins, elle accepte finalement de prendre les mesures de sa fille pour commander la robe. Lorsque Jean lui montre dans un catalogue la robe qu’elle a choisie, Rosa lui dit qu’elle ne pourra pas avoir celle-ci, car elle la rendrait trop jolie et que Rosa ne veut pas que son amant Leland Stokes trouve sa fille trop à son goût. Jean est désespérée quand sa mère lui annonce son intention de lui acheter une autre robe, beaucoup moins seyante. La fille dit à sa mère que même son frère, auquel elle a montré la robe dans le catalogue, lui a dit qu’elle lui irait bien. Sa mère l’accuse alors d’entretenir des relations coupables avec son frère. Jean lui rappelle ses propres relations avec Stokes. Apprenant que tout le village est au courant, Rosa affirme avoir le droit de faire ce qui lui plaît. Jean lui rappelle qu’elle est mariée. Rosa explique alors qu’elle n’attend que la mort du vieillard pour partager son argent avec son amant. Jean constate alors combien sa famille est malsaine.

Jean demande ensuite à Rosa ce que va devenir Howard après son départ. Rosa lui répond que le jeune homme restera à la ferme. Jean s’inquiète et Rosa dit qu’il peut très bien partir s’il le souhaite car au fond, prendre un employé serait presque plus rentable. Jean s’inquiète du manque total d’émotion maternelle de sa mère. Celle-ci lui répond qu’elle deviendra comme elle dans quelques années. Jean cherche encore un peu à défendre son frère, et Rosa lui demande alors franchement s’ils ont des relations sexuelles ensemble ; Jean est choquée et ne répond pas à la question.

 

Dans le chapitre cinq, Howard frappe à la porte de la chambre de sa sœur après le dîner familial dont il a été absent. Jean lui demande de se confier à elle. Howard explique qu’il est résolu à convaincre son père de le laisser entreprendre les études qu’il désire. Il est également désespéré à l’idée que Jean se marie et lui soit enlevée. Rosa entre alors dans la chambre et les accuse à nouveau d’entretenir une relation coupable. Ils le nient tous les deux. Rosa frappe son fils, et menace sa fille pour le cas où celle-ci tenterait de s’approcher de Stokes.

 

Dans le chapitre six, Gervais vient chercher Jean en voiture pour l’emmener à un bal. Il craint que Thede ne lui retire son accord pour le mariage au dernier moment. Jean le rassure et lui rappelle que si tel était le cas, ils pourraient toujours s’enfuir ensemble. Elle lui explique que c’est précisément parce que ses parents sont racistes qu’elle va l’épouser, afin de ne pas leur ressembler. Gervais lui dit qu’elle n’a plus longtemps à supporter sa mère ni son père car ils se marieront à l’automne, d’une façon ou d’une autre. De retour à la ferme, ils voient Howard assis sur le seuil qui semble tourmenté et ils bavardent ensemble un moment. Jean partage son inquiétude concernant son frère avec son fiancé, mais aucun d’eux ne trouve de solution. Jean rentre dans la maison tandis que Rosa insulte Gervais par la fenêtre.

 

Le chapitre sept se passe au chantier où travaille Howard. Celui-ci parle avec un autre terrassier, Lin Childs. Lin demande à Howard son avis sur la vague de mariages mixtes dans la région. Howard répond qu’il n’aime pas l’idée que sa sœur se marie avec qui que ce soit. Lin lui propose de lui arranger un rendez-vous avec une jeune Scandinave et devant son refus, évoque à son tour l’hypothèse selon laquelle les relations de Howard avec sa sœur seraient malsaines. Howard quitte le chantier peu après.

Rentré à la maison, il va trouver sa sœur dans sa chambre. Il lui apporte le paquet de sa robe qui est arrivée par la poste. Jean est folle de joie et peut à peine croire que sa mère ait effectivement tenu sa promesse cette fois. Mais en l’enfilant, elle découvre que la robe n’est pas à sa taille mais à celle de Rosa : celle-ci voulait la même robe que sa fille et l’a donc commandée pour elle.

 

Dans le chapitre huit, nous sommes en septembre et Howard vient de toucher sa paie. C’est aujourd’hui qu’il va demander pour la dernière fois à son père de lui accorder le prêt nécessaire à son départ au collège. Sa sœur prépare ses affaires de mariage. Howard demande à son père de lui prêter la somme d’argent qu’il lui faut. Thede répond que c’est à son fils de lui donner sa paie pour rembourser ce que son entretien lui a coûté durant toutes ces années. Howard lui rétorque qu’il a travaillé ces années gratuitement pour lui et qu’il est temps maintenant qu’il lui donne ce qu’il lui doit. Thede refuse catégoriquement.

Howard insiste en rappelant à son père qu’il est riche et que cet argent lui est nécessaire, puisque les cours doivent commencer la semaine suivante. Jean intervient et son père la bat. Rosa approuve puis Thede insulte sa fille. Il renvoie ses enfants dans leurs chambres. Le lendemain, Jean, très déprimée, sort de la maison pour aller se promener. Elle réfléchit, se rend compte qu’elle ne peut plus être d’aucune aide à son frère contre leurs parents. Se marier avec Frank, qu’elle aime, est la seule bonne option à sa portée.

 

Dans le chapitre douze, Rosa, portant la robe commandée, maquillée d’une façon risible, attend Stokes dans les bois. Celui-ci est en retard comme d’habitude. Clairement, il est beaucoup moins épris qu’elle. Lorsqu’il arrive finalement, il rechigne à l’embrasser. La présence de Rosa semble le dégoûter et il hésite un moment à la tuer. Elle ne se rend compte de rien et lui dévoile qu’elle compte partager avec lui l’argent qu’elle recevra à la mort de son mari. Stokes semble indifférent à cette perspective. On finit par comprendre qu’il ne fréquente Rosa que dans l’espoir qu’elle lui livre un jour sa fille Jean, qu’il dit vouloir épouser. Rosa finit par le lui promettre une fois de plus afin d’arriver à ses fins avec lui.

 

Le chapitre treize se passe dans la boutique de Robinson où les hommes du village guettent l’arrivée de Thede. On lui demande s’il confirme l’invitation lancée plus tôt pour le mariage de sa fille. Thede confirme et annonce aussi que son fils restera à la ferme. Les hommes s’étonnent une nouvelle fois de ce que Thede ne laisse pas son fils s’inscrire au collège. Les hommes lui disent qu’il a tort d’agir ainsi. Thede dit ensuite qu’il pense que Rosa ne tardera pas à le quitter. Les hommes lui conseillent de divorcer mais il répond que Rosa n’accepterait pas, car elle compte sur son héritage.

Les hommes prédisent la mort de leur région, mais Thede affirme que son fils fera vivre sa ferme. Ben Robinson le contredit et lui rappelle que son fils veut construire des ponts depuis toujours et qu’en dépit de la pression paternelle il est peu probable qu’il accepte de faire autre chose. Il lui dit également que sa femme le quittera sans doute dans moins d’un an, et se mariera dès qu’il sera mort. Thede réfléchit à ce que lui a dit Ben. Il se rend compte que ses enfants et sa femme le haïssent mais que ce n’est que justice et qu’il n’y a rien qu’il puisse faire à présent pour changer ça. Il comprend qu’il aurait mieux fait de donner à son fils l’argent que celui-ci lui demandait mais qu’il est trop tard.

 

Le chapitre quinze raconte le mariage de Jean ; il comprend une longue description de la façon dont la maison a été décorée pour l’occasion et une énumération des moyens mis en œuvre pour la fête. Jean, dans sa chambre, regarde sa robe de mariée. Elle ne cesse de s’inquiéter pour son frère qui va devoir rester seul à la maison avec ses parents après son départ, mais elle pense qu’il n’y a rien qu’elle puisse faire pour remédier à cela.

 

Le chapitre seize décrit la fin de la fête du mariage. D’humeur sombre, Howard parle avec un invité, et lui dit qu’il espère que la tradition du coucher des mariés sera évitée. L’invité lui dit qu’au contraire, ce rituel a été organisé comme toujours. Plus tard dans la nuit, Howard vient frapper à la porte des nouveaux mariés. Jean lui explique qu’il ne peut pas entrer maintenant.

 

Le chapitre dix-neuf prend place en hiver dans la ferme où ne vivent plus que Thede, Rosa et Howard. Thede voudrait que celui-ci se marie à son tour, de préférence avec une étrangère. Howard est déprimé. Un matin, il prend le fusil de chasse pour aller tuer une marmotte. Son père lui demande de se dépêcher car il veut qu’il trie des fruits dans la cave au plus vite. Rentré dans la cuisine, Thede discute avec Rosa. Mais Howard tarde à revenir. Lorsqu’il va finalement le chercher, il le trouve mort : le jeune homme s’est suicidé. Thede tire une deuxième balle dans son fils en vérifiant le fusil. Il rentre ensuite annoncer la nouvelle à Rosa, qui la reçoit avec son insensibilité habituelle.

 

Le chapitre vingt, le dernier, nous montre Thede seul dans sa maison. Sa fille mariée, son fils suicidé, Rosa l’a quitté pour aller vivre au village, peut-être avec Stokes. Il est seul et reclus dans la maison qu’il avait fait construire si fièrement dans sa jeunesse. Il se rappelle des paroles de Ben Robinson qui se sont effectivement révélées prophétiques. Il comprend ses torts, et allume sa lampe tous les soirs afin de montrer que cette maison est encore habitée.

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