Une lampe, le soir

par

L’indignité morale

a-      Le racisme comme manifestation de l’indignité morale.

Dans « Une lampe, le soir », l’indignité morale des personnages est omniprésente. Elle marque chacun de leurs faits et gestes, projetant sur l’œuvre son ombre pesante. Le racisme est l’une des manifestations de cette bassesse morale et trouve en Thede, son digne représentant. En effet, outre son avarice pathologique, le vieil homme est animé d’un racisme qui le rend peu fréquentable. Voici comment Caldwell présente ce racisme : « Thede hait tous ces étrangers installés dans le Maine. Les Canadiens il les appelle des Carnucks, les Scandinaves sont des Têtes carrées et les Slaves des Hunkies. » Inutile d’espérer d’un tel individu une quelconque ouverture d’esprit. D’ailleurs, il s’oppose à l’union de sa fille et de Franck sous le prétexte que le jeune est un Carnuck. C’est donc un euphémisme que de dire que nous avons affaire ici à un personnage proprement irritant.

b-     L’inceste comme manifestation de l’indignité morale.

Le racisme, n’est pas, et bien loin de là, la seule manifestation de l’indignité humaine dans l’œuvre. L’inceste en est une autre, toute aussi éclatante. Acte par définition contre nature, il est évoqué plus d’une fois, notamment pour qualifier l’attirance que les enfants de Thede éprouvent l’un pour l’autre. Loin d’être un acte revêtu de secret, il est même évoqué par la mère des enfants qui tient là un moyen de faire pression sur ses rejetons, notamment en menaçant de révéler leur relation à Franck le jeune fiancé de Jean. Au delà de l’acte lui-même, l’indignité des personnages apparaît toute entière dans la façon dont il est traitée dans le roman: « D’ailleurs, dit-elle, Howard n’est-il pas toujours fourré dans la chambre de Jean ? ». Le propos peut paraître parfaitement anodin et c’est sous ce caractère anodin que se cache toute l’ampleur de...

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Dissertation à propos de Une lampe, le soir